ITW Élise Prodhomme après le bronze à l’Euro U18 : « Ramener trois médailles en trois compétitions, bien sûr qu’on en est fiers »

La communion autour d’Élise Prodhomme après la petite finale remportée contre l’Espagne
Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuitComme l’été dernier, son équipe détient pour l’instant le meilleur résultat d’une équipe de France masculine cet été. Avec cette médaille de bronze obtenue contre vents et marées à l’Euro U18, la coach Élise Prodhomme remplit un peu plus son palmarès international. Celle-ci vient s’ajouter à l’argent obtenu sur un coup du sort déjà avec les U18 masculins l’été dernier, mais surtout à l’or glané en 2023 avec les U20 féminines.
Et celle-ci a une saveur particulière au vu du contexte : plusieurs gros noms absents (Cameron Houindo, Matthys Mahop, Swann Penda, Sacha Defoundoux, les 2009), les difficultés rencontrées dans le jeu en poules et en huitièmes, un buzzer-beater encaissé en demi-finale, mais une petite finale remportée le lendemain contre l’Espagne…
Tout juste rentrée d’une campagne éprouvante de plus d’un mois avec les jeunes de la génération 2008, la future coach de la JA Vichy, première coach féminine d’une équipe de France masculine, nous a accordé une interview pour revenir sur cette expérience, et se projeter sur la suite.
Élise, comment allez-vous ? Comment s’est passé le retour en France et quel sentiment prédominait dans l’équipe ?
Ça va bien. Le retour était marqué par la fatigue pour tout le monde, car c’était une campagne vraiment intense, avec de nombreux voyages et changements de lieux. On est restés longtemps en Italie pour le tournoi à Agropoli, le stage à Vérone, puis pour le championnat à Trento. Mais le bilan est positif : même si on veut toujours plus, on est l’une des trois équipes qui rentrent avec une médaille. On est fiers de la ramener à la France.
Après le coup de sifflet final du match pour la médaille de bronze, on vous a vu relâcher la pression, échanger des grands sourires avec le groupe. Il y avait une vraie joie à ce moment-là, d’être allés chercher cette médaille ?
Oui. Notre staff et notre équipe ont su se remobiliser après la défaite au buzzer contre l’Italie, qui a été un traumatisme, notamment pour moi, Hugo [Yimga-Moukouri], Yaël [Masdieu-Reyneart] et le staff qui était là l’année dernière. Tout le groupe a travaillé pour rebondir après la défaite contre l’Italie. On s’est demandé si on voulait finir en pleurant, ou sur le podium. Même si ce n’était pas l’objectif ultime qu’on s’était fixé à la base, rentrer avec une médaille était un des objectifs.

Le fait d’affronter l’Espagne sur cette petite finale, est-ce qu’il y avait une envie de revanche par rapport à l’année dernière, ou même une motivation liée à la rivalité historique ?
Oui il y a la rivalité historique et le scénario de l’année dernière, même si chaque été est différent. Les France-Espagne sont toujours particuliers. Surtout, on avait une envie de revanche par rapport au match amical perdu de 20 points à Agropoli. On s’était dit qu’on n’avait pas fait ce qu’il fallait sur ce match-là. Si l’équipe en face est plus forte, on leur dira bravo, mais faisons ce qu’il faut cette fois. Ça ne s’arrêtait pas juste à la qualification à la Coupe du monde, on voulait plus.
Sur l’ensemble de la compétition, il y a une saveur particulière de ramener une médaille ? Vous avez surmonté beaucoup de choses : les absents, les difficultés en poule et en huitièmes, le quart de finale où vous déjouez les pronostics contre l’Allemagne, et ce fameux buzzer-beater contre l’Italie…
Toutes les campagnes sont différentes. On était avec une génération 2008 championne d’Europe U16, mais au bout du compte, il n’en restait que cinq représentants. Et surtout, les 3/4 des autres joueurs n’avaient pas d’expérience internationale. En U18, ça compte. Sur la préparation et les matchs de poule, il a fallu pour certains se rendre compte de ce qu’était un championnat d’Europe, et réussir à mettre les bons ingrédients au bon moment : la discipline, l’intensité, faire les choses les uns pour les autres.
On a vraiment arraché la victoire contre la Grèce, à l’inverse d’Israël, et on a failli tomber contre la Slovaquie, mais au final on passe. Le match contre l’Allemagne est un match incroyable de toute l’équipe, où on a montré notre vraie valeur. On les a laissés à 60 points alors qu’ils sont à 93 de moyenne. Et après c’était une demi-finale… et voilà [rire].
Derniers résultats
| Date | Match |
|---|---|
| 25/07/2026 | Autriche U18 50 - 76 France U18 |
| 26/07/2026 | France U18 77 - 91 Israël U18 |
| 27/07/2026 | France U18 66 - 65 Grèce U18 |
| 29/07/2026 | France U18 72 - 60 Slovaquie U18 |
| 30/07/2026 | France U18 76 - 61 Allemagne U18 |
| 01/08/2026 | France U18 77 - 80 Italie U18 |
| 02/08/2026 | Espagne U18 69 - 74 France U18 |
Pourriez-vous parler de ce buzzer beater ? Le traumatisme de l’année dernière est revenu ?
Je n’ai pas revu la séquence, parce qu’on devait passer à autre chose, se concentrer sur la médaille de bronze derrière. Mais pour moi ce match se perd avant. On aurait pu perdre à 0,8 seconde de la fin, si Louka [Letailleur] ne mettait pas un tir incroyable. Et on n’aurait pas parlé de ce buzzer-beater. Mais on perd contre le pays-hôte à domicile, qui est très bien coaché par Marco Sodini qui a une expérience incroyable. On a manqué un peu d’expérience.
EDOARDO DI MEO FOR THE WIN 🚨🤯@Italbasket GO TO THE #U18EUROBASKET FINAL! pic.twitter.com/5IKknD6Luy
— FIBA EuroBasket (@EuroBasket) August 1, 2026
Comment peut-on expliquer que l’équipe ait montré 2 visages différents, entre les quatre premiers matchs et les trois derniers ?
Deux équipes différentes, oui et non, on se cherchait encore. Beaucoup de stress, beaucoup d’inconnues, d’inexpérience sur les matchs-couperets. C’était un manque d’expérience global. On a eu la chance de rejouer quasiment toutes les équipes jouées en préparation. Sur le quart de finale, l’Allemagne était peut-être l’équipe qui nous correspondait le mieux en termes de jeu.
Afény Cognet a totalement stoppé le meneur adverse, Luca Rapini a sorti un gros match alors que je ne l’utilisais plus. Les joueurs de rôle ont répondu présent. On a eu une vraie belle équipe de France, avec de l’abnégation, à la hauteur de tout le travail donné pendant la préparation. Et après ça a suivi.
📂
↳ Nice ways to open the game: #U18EuroBasket x @ffbasketball pic.twitter.com/ozXZSpipdn— FIBA EuroBasket (@EuroBasket) July 30, 2026
Dans tout ce collectif, deux joueurs se sont distingués. Notamment Hugo Yimga-Moukouri, qui a été élu dans le 5 majeur avec 17 points de moyenne. Était-ce voulu de lui donner autant de responsabilité dans le scoring ?
Vous savez que je n’aime pas parler des joueurs individuellement [rires]… Hugo, on ne se rend pas compte de son âge : il vient juste d’avoir 18 ans. C’est un jeune garçon très intelligent, qui donnera toujours tout pour les autres. À aucun moment il ne voulait avoir les ballons. C’est par la confiance des autres qu’il a pris ce rôle. On l’a ménagé au début de la préparation, pour qu’il puisse se régénérer après sa grosse saison avec Nanterre.
C’est un leader par l’exemple, ce n’est pas quelqu’un de vocal. Mais il va toujours être à fond, dans l’intensité, parce que l’équipe de France est au-dessus de tout pour lui. On ne savait pas s’il allait venir, même s’il nous l’avait promis l’été dernier, il a dû passer son bac pendant une saison de Betclic ÉLITE… Chapeau à lui.
Vous parliez de leader vocal, Louka Letailleur était le capitaine de l’équipe. Il nous a dit ne pas avoir l’habitude de parler au sein d’une équipe, qu’il a accepté pour ajouter une nouvelle corde à son arc. Pouvez-vous nous parler de son rôle ?
Je pense qu’il est le seul à ne pas savoir qu’il était leader vocal [rires]. Dans son attitude auprès du groupe, Louka a une telle détermination et un tel sens du sacrifice, un mot qui compte beaucoup pour lui. Il est respecté de tout le monde. Il a du caractère, il est frustré quand il rate des choses, il considérait qu’il n’apportait pas assez.
Je voulais vraiment lui apporter cette légitimité en plus. Il a ça en lui, mais n’avait jamais eu l’opportunité de le faire, parce qu’il joue en Betclic à 17 ans. Hugo et Louka ne trichent jamais sur quoi que ce soit, ils sont exemplaires. C’est pour ça que ce sont des joueurs de très haut niveau à seulement 18 ans.
Votre palmarès, c’est trois médailles en trois compétitions : or (U20 F), argent (U18 H) et bronze (U18 H). Une certaine fierté par rapport à ça ?
Bien sûr. Ce palmarès est commun avec Romain [Leroy] et Alex [Dugeny], qui avaient aussi participé à la sélection féminine. Le rôle de Romain surtout est primordial. Ramener trois médailles en trois compétitions, bien sûr qu’on en est fiers. J’aurais préféré que ce soit trois titres de champion [rires], mais c’est vraiment le travail de tout un staff. Toute seule je ne peux pas faire ça.
Quand on intègre des éléments, ils amènent leur complémentarité. Le travail humain que Fabien [Frydryszak] a fait sur les campagnes U20 et U18 est incroyable, les kinés et les médecins aussi. Il y a une fierté de ramener ça pour la France. Et puis, sans la confiance de la Fédération et de mes clubs qui me laissent partir tout l’été, ça ne marche pas.
3 SUR 3 🫡
Trois EuroBasket à la tête d’une Équipe de France jeunes, trois médailles pour 𝗘́𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗣𝗿𝗼𝗱𝗵𝗼𝗺𝗺𝗲. 🇫🇷
🥇 2023 — U20F
🥈 2025 — U18M
🥉 2026 — U18MFélicitations à Élise et à l’ensemble de son staff pour cette nouvelle médaille ! 💙#EDFJeunes pic.twitter.com/bGVSQrHFVu
— Fédération Française de BasketBall (@ffbasketball) August 4, 2026
Un palmarès suffisant pour potentiellement être la candidate idéale pour la Coupe du monde U19, non ?
Je savais que ça allait arriver [rires]. Mais c’est la Fédération qui décide de tout ça. Je fais mon job, là où on me demande de le faire. Et surtout, je veux savourer ce qu’on a fait cette année. C’est la première fois que je coach une équipe pour se qualifier pour la Coupe du monde. Mon job était de se qualifier, d’aller dans le dernier carré, et on rentre en plus avec une médaille. Le reste ne m’appartient pas, on verra ce que décide la Fédération, mais je leur fais confiance.
Potentiellement ça vous intéresserait quand même ? C’est une belle expérience de jouer une Coupe du monde…
Oui, bien sûr. Quand on est coach et quand on est attaché à l’équipe de France, ce sont des choses qui nous intéressent. Maintenant, est-ce que ça me sera proposé ? Est-ce que ça sera possible avec Vichy ? Il y a plein de choses qui entrent en compte. Ce serait de toute façon une fierté d’avoir une équipe de France encore une fois. Pour l’instant, je vais surtout me reposer un peu avant de commencer Vichy, et ne pas penser déjà à l’été prochain [rires].
Le débat de la rédaction · À vous de trancher
Pour vous, Élise Prodhomme doit-elle être la coach de l'équipe de France U19 l'été prochain à la Coupe du monde ?
- Oui
- Non
J’imagine que ce palmarès a joué dans l’obtention de ce premier contrat pro à Vichy. Comment s’est fait ce recrutement ?
L’équipe de France a été un point important. Il faut demander à mon président [Guillaume Sereaud], mais sans ça, je ne suis pas sûre que j’aurais eu ce poste. J’ai la chance d’avoir un président qui a regardé tous les matchs l’été dernier, encore cet été, et qui s’intéresse aux équipes de France. En plus de ce que j’ai pu faire au centre de formation de Dijon, l’équipe de France est un plus, parce qu’on gère des jeunes pros. Avant moi, Dounia Issa et Guillaume Vizade étaient en équipe de France, donc ce sont des postes qui tiennent à cœur au président.
Le fait que Vichy soit un projet qui historiquement fait jouer les jeunes, ça a joué aussi ? Vous êtes une candidate toute trouvée pour ça…
Je n’ai pas trop de doute sur ça. Je remercie le président pour sa confiance, et de croire en moi pour ce projet. On a une équipe jeune mais qui connaît déjà la Pro B, et avec des étrangers qui apportent de la plus-value dans le jeu. Tout va se construire petit à petit avec un staff qui connaît très bien le club et la division. C’est très positif.
𝐄́𝐥𝐢𝐬𝐞 𝐏𝐫𝐨𝐝𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 deviendra 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥𝐞 de la JA Vichy Basket à l’issue de la saison ⭐️
🔗 Communiqué à lire sur notre site: https://t.co/JXoXZTHg9t#JAV #ELITE2 pic.twitter.com/aKI1EdhqoW
— JA Vichy Basket (@jav_basket) March 11, 2026
Avez-vous eu votre mot à dire sur le recrutement, même si vous manquiez de temps avec cette longue aventure avec l’EDF ? Il y a notamment un jeune de Dijon qui vient avec vous [Mervyn Muamba]…
Oui, bien sûr. Tout le recrutement a été fait avec mes assistants, le président et moi. Ils m’ont facilité au maximum les choses, fait le lien avec les agents, fait le travail de scouting, parce que je n’avais pas trop de temps pendant l’équipe de France. On avait ciblé des profils, et ils ont fait un travail incroyable pour que je puisse aller à l’essentiel et valider des joueurs.
C’est la première fois que vous allez coacher des adultes. À quelle différences vous attendez-vous ?
L’expérience est différente, l’organisation et le championnat aussi. Après, cela reste du basket. Ce sont plus des adaptations au niveau du jeu, et de la création d’une équipe. On a tous un objectif commun, et il va falloir mettre des choses en place pour y parvenir. Ça change parce que je ne suis plus dans la formation en elle-même, mais je n’ai que des joueurs nés dans les années 2000, étrangers et français… Donc il y aura beaucoup de développement et de progression tout au long de la saison avec cette équipe.
Pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
C’est de faire la meilleure des saisons possibles avec Vichy, et de leur redonner tout ce qu’ils m’ont apporté grâce à ce contrat. Je veux continuer à faire avancer ce club qui progresse chaque année. Et puis avoir un public toujours aussi présent, qui soutient à fond la JAV. Enfin, faire évoluer les joueurs pour les faire avancer vers le plus haut niveau.
Sondage de la rédaction · Classement JA Vichy 2026/27
À quelle place finira la JA Vichy au classement de l'ÉLITE 2 cette saison ?
- Podium
- Playoffs (Top 6)
- Play-in (Top 10)
- Hors play-in




































Commentaires (0)