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ITW Patrick Beverley : « Pourquoi Boulazac ? C’est un défi. Et j’adore les défis. »

Betclic ÉLITE - Pendant le Media Day LNB, la nouvelle attraction du championnat Patrick Beverley a accordé une interview à BeBasket, pour parler de son choix de rejoindre Boulazac, de son installation en France, de la manière dont il s'est assagi sur le terrain, et de ses objectifs avec sa nouvelle équipe.
ITW Patrick Beverley : « Pourquoi Boulazac ? C’est un défi. Et j’adore les défis. »

Patrick Beverley ce vendredi 18 septembre

Crédit photo : Florentin Bruère
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C’est dans le sous-sol du Court Central de Roland-Garros que les joueurs les plus médiatiques du championnat français version 2026/27 étaient convoqués pour le traditionnel Media Day de LNB. Alors forcément, Patrick Beverley (1,85 m, 38 ans), nouveau joueur de Boulazac, était de la partie.

En fin de journée, après avoir passé de longues heures à faire des photos et vidéos pour la ligue, à répondre aux différentes sollicitations, le vétérans aux 12 années NBA est venu s’asseoir une dizaine de minutes pour une interview à BeBasket. Après avoir troqué son maillot floqué « Périgord » pour une doudoune, prêt à rentrer chez lui après une longue journée dont il a l’habitude, l’Américain a pris le temps de répondre à nos questions, avec un calme olympien et beaucoup de respect pour tout le monde qui l’entourait.

Pat Beverley pendant cette interview (photo : Florentin Bruère)

Pat, comment se passent vos premiers jours en France ?

En ce moment, c’est beaucoup d’entraînements. Le camp d’entraînement est toujours difficile, donc apprendre les nouveaux systèmes, découvrir mes coéquipiers, mes entraîneurs… Mais aussi m’installer, déballer mes affaires, des choses normales. C’est ce qui occupe mes journées. Ces 9-10 derniers jours ont été occupés, mais les choses commencent à se calmer un peu.

Avez-vous déjà visité la France auparavant, ou est-ce votre première fois ?

Non, j’ai l’habitude de visiter Paris et Monaco chaque été, donc je connais bien Paris et le sud de France.

À 38 ans, est-ce que le choix du pays est important quand on vient s’installer pour le basket ? La qualité de vie de la France vous a attiré ?

Oui clairement, à 100%. J’aime vivre une vie simple. J’aime aller au travail, jouer au basket, mais quand je rentre, j’aime me détendre dans le calme et la tranquillité. Et je pense avoir choisi le bon endroit pour ça. Je suis né à Chicago, j’ai vécu à Los Angeles, à Houston, donc je suis habitué aux grandes villes. Mais ici à Boulazac c’est une vie simple que j’apprécie.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Meneur
Taille: 185 cm
Âge: 38 ans (12/07/1988)

Nationalités:

logo usa.jpg
Stats 2025-2026 / Esake
PTS
10,2
#65
REB
5,4
#26
PD
5,4
#5

Vous avez eu une première carrière en Europe avant de rejoindre la NBA. Vous connaissez donc le basket européen, et le fait de vivre à l’étranger. Est-ce que cela a rendu cette signature plus confortable pour vous ? 

Oui, j’ai toujours été un grand fan du basket européen. C’est là-bas que j’ai commencé à jouer professionnellement, donc je rendrai toujours hommage à cela. J’ai joué partout, j’ai eu la chance de jouer en Ukraine, en Russie, en Grèce, puis de rejouer en Grèce après la NBA. Et maintenant je suis en France. Je suis un voyageur du monde. J’ai eu une sacrée carrière jusqu’à présent et je veux juste continuer sur cette lancée.

Et vous gardiez le contact avec le basket européen quand vous étiez en NBA, en continuant à regarder ?

Non, c’était plutôt difficile de suivre. C’était difficile, mais je savais à peu près qui gagnait l’EuroLeague. Et évidemment j’ai des amis comme Miloš Teodosić, et d’autres anciens gars de NBA avec qui j’essayais de garder le contact.

Vous aviez probablement d’autres offres, peut-être d’équipes jouant une Coupe d’Europe. Donc : pourquoi Boulazac ?

C’est un défi, et j’adore vraiment ça. À mon âge, la seule chose qui me fait sortir du lit, c’est un défi. J’ai vécu tellement de basket, j’ai joué contre les meilleurs, j’ai joué dans toutes les ligues : EuroCup, EuroChallenge, EuroLeague, playoffs NBA, play-ins… J’ai joué à absolument tous les niveaux de basket. Ce qui me fait encore me lever le matin, c’est d’avoir un défi. Et le défi ici est d’emmener cette équipe — un petit club — jusqu’en playoffs. C’est ma motivation en ce moment.

Mais vous réalisez que cette signature a surpris beaucoup de monde ? C’est déconcertant de voir gros nom comme vous avec un maillot de Boulazac…

Oui, bien sûr. C’est sympa, j’apprécie cela. Je serais peut-être capable de laisser mon empreinte dans une bonne organisation, une bonne franchise, j’en suis enthousiaste.

Que savez-vous du championnat français au niveau du basket ?

Ça s’améliore, ça s’améliore. Le basket en France en général s’améliore, dans tout le pays. On le voit avec le basket féminin récemment, et on va le voir lors de ces prochains Jeux Olympiques. Selon moi, la France est, en dehors des États-Unis, l’une des meilleures équipes au monde. Ça en dit long sur le basket français et son développement. Normalement, c’est plutôt l’Espagne, la Serbie… Mais maintenant, il faut parler de la France, c’est obligatoire.

Et pour vous, jouer en G-League n’était pas une option après la NBA ? Beaucoup d’Américains y vont parce que c’est une zone de confort…

Non. Je voulais concourir au plus haut niveau. J’ai eu la chance d’aller à l’Hapoël et de gagner l’EuroCup. Donc voilà.

Il y a deux semaines vous jouiez à Bordeaux [face à Poitiers], et vous étiez très cordial et respectueux envers tout le monde. Vous étiez même le seul à serrer la main de l’entraîneur adverse, des arbitres et de tout le monde…

J’ai toujours été comme ça.

Oui, mais on vous connaît en NBA pour être une tête brûlée, plutôt dans le trash-talking (provocation verbale pour déstabiliser un adversaire)…

Non, mais ça c’est ce que vous voyez à la télévision, pas ce que je faisais au quotidien en NBA. C’est très différent. J’ai toujours serré la main de l’entraîneur adverse avant le match, depuis 15 ans.

Après le match, le jeune joueur qui était opposé à vous [Matthys Mahop] nous a confiés être surpris que vous n’ayez pas essayé de le trash-talker…

Non. Non. Je ne pense pas que vous m’ayez déjà vu faire du trash-talking à qui que ce soit pendant un match en NBA. Quand je suis sur un terrain de basket, je suis vraiment concentré. Et quand on commence à trash-talker, on perd sa concentration. J’ai toujours été ainsi. C’est juste ce que les gens voient sur Internet et retiennent.

En tout cas vous parliez quand même beaucoup avec vos coéquipiers, vous étiez très communicatif en défense et partout. C’est important pour vous d’avoir ce rôle vocal dans votre nouvelle équipe ?

Bien sûr, oui. Je pense que ma voix pèse dans cette équipe. J’essaye de leur montrer comment avoir une bonne éthique de travail, comment faire les bonnes choses sur le terrain, et ça tous les jours. C’est dur de gagner. On peut faire les choses parfaitement, mais quand même perdre. Donc j’essaye de leur montrer de bonnes habitudes, et montrer l’exemple au niveau de ma préparation physique et de mon attitude.

Pensez-vous qu’il pourra y avoir un autre “Pat Bev” en NBA ?

Bien sûr. Le basket est un cycle, il y aura d’autres joueurs de ma taille qui défendent très bien. Il y aura aussi d’autres très bons coachs, d’autres très bons shooteurs… Le basket continue de progresser.

Le fait que vous continuiez à jouer à 38 ans montre à quel point vous aimez ce sport ?

Clairement. Je pourrais faire plein d’autres choses, mais je continue à me lever et à aller à l’entraînement deux fois par jour. Je suis donc très motivé.

Vous voulez continuer à jouer pendant longtemps ?

Pendant longtemps, très longtemps.

Un joueur qui a été votre coéquipier pendant une courte période, mais surtout un adversaire pendant longtemps en NBA vient de prendre sa retraite : Russell Westbrook. Sa retraite vous a-t-elle surpris, et gardez-vous de bons souvenirs de tous vos duels en NBA ?

À cet âge, on veut finir sur une bonne note. Je sais que sa situation avec les Sacramento Kings l’année dernière, le fait qu’il n’ait pas fait de camp d’entraînement, et qu’il n’avait toujours pas de contrat à ce moment-là, c’était comme une gifle pour Westbrook. Je suis heureux pour lui. Il a eu une carrière incroyable. Selon moi, c’est l’un des trois ou quatre meilleurs meneurs de l’histoire du basket. Les choses qu’il a faites sur un terrain de basket, vous ne les reverrez probablement jamais : des matchs à 20 points, 20 passes et 20 rebonds… On ne reverra probablement plus jamais cela de la part d’un meneur.

Je suis juste heureux pour lui, il a laissé son empreinte. Il a changé le basket de nombreuses façons, en donnant l’exemple pour des meneurs grands et athlétiques en NBA. La façon dont il se donnait chaque soir, avec tellement de hargne et d’esprit de compétition, sans jamais se reposer sur une action, c’était un sacré compétiteur.

L’un des joueurs les plus coriaces que vous ayez affrontés, ou peut-être le plus coriace ?

L’un des plus coriaces, évidemment. En raison de sa taille et de sa puissance, c’est clair.

Le duel Westbrook-Beverley a animé la NBA pendant des années (photo : © Thomas B. Shea-Imagn Images)

Il y a un autre joueur né la même année que vous deux, qui est Français : Nicolas Batum. Vous avez été en contact avec lui pour venir à Boulazac, vous a-t-il conseillé ?

Je lui ai envoyé un texto avant de prendre ma décision. Il m’a dit que le championnat français progressait et restait d’un bon niveau, avec de la compétitivité. Nico est un très bon ami à moi, on se parle tout le temps.

Que peut-on vous souhaiter pour cette saison ?

Simplement d’être compétitifs. De bousculer un peu la ligue, de surprendre du monde. Jouer aussi dur que possible, et voir où les cartes tomberont à la fin de la saison.

Image Tom Compayrot
Tom Compayrot a rejoint BeBasket en novembre 2023, où il suit de près l’actualité de la NBA. Curieux et rigoureux, il s’intéresse autant aux stars qu’aux rôles clés dans l’ombre, avec l’envie de raconter ce qui fait vibrer la ligue au quotidien. Récemment, il s’est rendu aux Etats-Unis pour couvrir la Draft NBA 2025 sur place et nous faire vivre cet événement majeur de l’intérieur.

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