De son -10 d’évaluation à ses gros tirs en Turquie, Assemian Moularé raconte sa demi-finale d’EuroCup : « C’est à l’image de ma vie »

Assemian Moularé et la JL Bourg sont à une victoire d’une nouvelle finale d’EuroCup
Assemian, avez-vous le sentiment d’être à la veille du match le plus important de votre vie jusqu’ici ? (entretien réalisé mardi après-midi, ndlr)
Plus j’avance dans ma carrière, plus j’ai l’impression que les matchs deviennent importants. Donc oui, ce sera l’un des matchs les plus importants de ma carrière jusque-là. Mais je ne change rien à ma routine. Je me vide l’esprit mais je reste également concentré sur la rencontre.
Revenons sur la semaine dernière : vous avez subi une correction mardi lors du Match 1 à Ékinox (71-99) avant de superbement réagir vendredi à Ankara lors du Match 2 (73-76). Que s’est-il passé lors de ces 72 heures ?
On a fait un non-match à Ékinox. On n’était pas prêts à jouer une rencontre de haut niveau comme ça. Je pense que pas grand monde n’a dormi lors de la nuit qui a suivi (il rigole). Mais on est vite passé à autre chose. On savait que la série se gagne sur deux victoires, peu importe l’écart de la manche aller. -1 ou -30, c’était une défaite quoiqu’il arrive, il fallait juste tourner la page. C’est ce qu’on a fait.
On est arrivé à Ankara avec un autre état d’esprit. On était plus prêts. On a eu pas mal de vidéo et on a pu faire nos réglages. On a suivi les consignes du coach, on a été concentrés tout au long de la soirée. Ce n’était pas facile, avec une ambiance de fou. Mais on a réussi à gagner.

Quels ont été les leviers activés par le staff ? Le fait de dédramatiser l’écart, comme vous l’avez dit, ou aller piquer votre fierté ?
On est une équipe qui marche à l’ego. Une telle défaite nous avait fait un peu mal. Et on ne voulait pas finir la saison d’EuroCup comme ça. On se devait de mieux faire. Et heureusement qu’on s’est rattrapé car on n’avait pas le choix de toute façon (il rigole).
« On est une équipe qui marche à l’ego ! »
Sur ce Match 2, vous signez une très belle entame avant de prendre l’eau, comme lors de l’aller, avec un 4-24 subi en première mi-temps. Vous vous retrouvez même à -9 en début de deuxième mi-temps. Que se passe-t-il à ce moment-là pour renverser le match et la série ?
En fait, on savait que si on restait au contact à peu près tout le match, on avait de grandes chances de l’emporter. Donc même à -9, on n’a pas paniqué. On a suivi le plan de jeu du coach. En plus de ça, on est resté en équipe. Malgré les fans, le contexte du match, on est resté soudés, concentrés.
Sur une vidéo publiée par la JL Bourg, on vous voit dire : « Ils croyaient que… mais non ! » Aviez-vous le sentiment qu’Ankara était certain de se qualifier vendredi ?
Ah oui ! Ça se ressentait au niveau de l’ambiance, du public. Mais c’est normal, ils nous avaient mis 30 points. Ils étaient super en confiance dans leurs attitudes. Je pense qu’ils voyaient ce match comme une célébration. Ils étaient sûrs à 100% de gagner mais on a su renverser la tendance. Après, ce que j’ai dit, c’était dans l’euphorie du truc. On sait que la belle va être un tout autre match, encore plus dur que les deux précédents.
NO TIME TO CELEBRATE, KEEP FOCUS ON THE MISSION 😤#WeRedy | @EuroCup | #RoadToGreatness pic.twitter.com/DmqvRA3iNz
— JL Bourg Basket (@JLBourgBasket) April 4, 2026
« Je suis très dur avec moi-même ! »
Individuellement, vous incarnez un peu la dynamique de la série : un terrible -10 d’évaluation à l’aller avant d’être clutch au retour…
Oui… C’est vrai que le premier match a été un peu compliqué. Je n’étais pas dans ce que je voulais faire. Mais je voulais me rattraper au deuxième match, et ça a bien marché. J’ai été opportuniste : il y a eu des bons rebonds offensifs qui m’ont permis d’avoir des shoots assez ouverts à 3-points. C’est arrivé trois fois. Au-delà de mettre mes tirs, je pense aussi avoir ramené une belle énergie en défense. J’espère que je resterai sur ce cap-là pour la belle.
Mardi soir, Frédéric Fauthoux parlait des joueurs qui avaient « pris le mur de la demi-finale en pleine figure » ? Est-ce comme ça que vous l’avez vécu ?
On peut dire ça. Il n’y avait rien qui marchait pour moi mardi dernier (3 points à 1/8, 0/2 aux lancers-francs et 5 balles perdues en 21 minutes, ndlr). Il y a des soirs comme ça… Je ne voulais pas que ça tombe sur ce match-là mais malheureusement, ça a été le cas. C’est le basket, c’est comme ça. J’ai déjà joué des matchs de playoffs dans ma vie, des demi-finales, mais c’est vrai que cette rencontre était vraiment particulière pour moi.
-10 d’évaluation, était-ce le plus mauvais match de votre carrière ?
Ah, je pense que oui ! L’un des pires en tout cas, si ce n’est le pire. Mais je n’ai pas dramatisé, je sais que ça peut arriver à tout le monde. Et avoir su rebondir sur le deuxième match est le plus important pour moi.

Quel goût cela avait-il de répondre de cette façon au retour alors ? Qu’est-ce que cela dit de vos qualités mentales ?
C’est un peu le résumé de ma vie : on ne m’a jamais rien donné, j’ai parfois douté mais je n’ai jamais rien lâché. Je suis quelqu’un de très hargneux, qui sait ce qu’il veut, déterminé. J’ai su rebondir (15 points à 5/11, 4 rebonds et 2 passes décisives en 21 minutes, ndlr), à l’image de ma vie et de ma carrière.
Vous étiez en Pro B la saison dernière, vous voici à une marche d’une finale de Coupe d’Europe. Qu’est-ce que cela symbolise pour vous ?
De l’abnégation, de la constance dans le travail, surtout de la confiance en soi.
Comment jugez-vous votre évolution cette saison ?
Ça va être biaisé car je suis très dur avec moi-même. Je sais que je suis capable de faire beaucoup mieux que ce que je produis pour l’instant mais pour une première saison avec deux matchs par semaine, je trouve que ce que je réalise est pas mal. Mais j’espère que ce n’est que le début.
« Ça va être le feu ! »
Depuis que vous avez arraché la belle vendredi soir, quel a été le message martelé par le coach ces derniers jours ?
Je nous ai trouvé très calmes après le match. Il n’y avait pas trop d’euphorie dans les vestiaires. On a eu la chance de relancer la série mais on est resté concentré dessus. Il y a de l’excitation : tout le monde veut gagner, c’est normal. Mais il n’y a pas eu de message particulier : on sait tous ce qu’on a à faire.

Sur quoi va se jouer ce Match 3 ?
Sur les petits détails, comme souvent dans ces cas-là. Sur l’envie, le mental, tout ce qui fait les ingrédients d’un match de très haut niveau. On va tout faire pour l’emporter et essayer de montrer un autre visage que le premier match.
Dans un Ékinox comme vous ne l’avez encore jamais vu ?
Ah, je l’espère ! Mais je pense que ça va être le feu.

























Commentaires