EuroLeague – NBA Europe : ultimatum, contre-offensive et organisation des clubs, le grand flou de janvier

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À l’heure où la NBA revient officiellement sur le Vieux Continent avec des rencontres organisées à Berlin ce jeudi 15 janvier 2026 puis à Londres le dimanche 18 janvier, l’EuroLeague vit l’une des périodes les plus sensibles de son histoire récente. Entre un ultimatum adressé à plusieurs clubs actionnaires, une pression juridique assumée face à la NBA Europe et l’émergence d’initiatives portées par des clubs non détenteurs de licence A, la compétition européenne vacille… et tente de reprendre la main.
Ultimatum de l’EuroLeague et pression juridique sur la NBA
Face à l’accélération du projet NBA Europe, l’EuroLeague a choisi une stratégie offensive. Une mise en demeure a été envoyée à quatre clubs actionnaires – le Real Madrid, le FC Barcelone, Fenerbahçe et l’ASVEL – leur demandant de se positionner rapidement sur le renouvellement de leur licence long-terme, avec une deadline fixée au 15 janvier 2026.
Dans le même temps, l’EuroLeague a officiellement informé la NBA qu’une action en justice pourrait être engagée si des discussions avaient lieu avec des clubs déjà engagés contractuellement sur dix ans, annonce EuroHoops. Une démarche qui confirme un rapport de force désormais assumé entre les deux entités.
Cependant, selon l’analyse de l’avocat français spécialisé en droit du sport Simon Renault, cette deadline serait juridiquement fragile. Le règlement de l’EuroLeague ne prévoit aucune date butoir au 15 janvier pour le renouvellement des licences, celles-ci expirant légalement au 30 juin. Une situation qui affaiblit la portée de l’ultimatum et illustre la position défensive de la ligue.
Les clubs sans licence A s’organisent en parallèle
Pendant que l’EuroLeague tente de verrouiller ses actionnaires historiques, les clubs non détenteurs d’une licence A s’organisent. Selon BasketNews et Mozzart Sport, huit clubs ont déposé une demande pour obtenir un contrat garantissant une présence de dix ans en EuroLeague :
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Étoile Rouge de Belgrade
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Partizan Belgrade
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Virtus Bologne
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Valence
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Monaco
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Dubai
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Hapoel Tel Aviv
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Hapoel Jérusalem
Ces clubs, qui ne bénéficient pas aujourd’hui du même poids décisionnel ni de la même répartition financière que les 13 membres historiques, travailleraient à la création d’une association interne. Objectif : peser collectivement dans les décisions stratégiques et renégocier leur place dans l’écosystème EuroLeague, voire racheter des parts aux actionnaires actuels.
Dubai moteur du projet, Monaco en embuscade
Très critiqué depuis l’annonce de son entrée dans l’EuroLeague, Dubai serait à l’origine de cette initiative collective. En s’inscrivant dans une logique de gouvernance partagée, le club émirati chercherait à légitimer sa place au plus haut niveau européen.
L’AS Monaco, dernier finaliste de l’EuroLeague, figure également parmi les clubs les plus concernés. Bloqué jusqu’ici par la capacité insuffisante de la salle Gaston-Médecin pour obtenir une licence A, le club de la Principauté verrait dans cette association une alternative crédible pour sécuriser son avenir continental.
Le cas français : ASVEL, Paris et l’ombre de la NBA Europe
Côté français, la situation est particulièrement sensible. L’ASVEL fait partie des clubs sommés de se positionner rapidement, et ses jours en EuroLeague semblent comptés. Un départ vers la BCL, perçue comme une passerelle vers la future NBA Europe, est de plus en plus évoqué.
De son côté, le Paris Basketball cherche à devenir actionnaire de l’EuroLeague, un statut qui l’éloignerait du projet NBA Europe. Si cette option échoue, le club parisien pourrait lui aussi rejoindre l’association des clubs sans licence A, illustrant l’instabilité actuelle du paysage européen.
Vers une EuroLeague élargie et un modèle repensé
Enfin, la présence de l’Hapoel Jérusalem parmi les candidats, alors qu’il évolue cette saison en EuroCup, alimente l’idée d’un passage à 24 équipes. D’autres clubs comme le Besiktas, le PAOK Thessalonique ou Naples sont également cités comme pistes d’expansion.
Entre l’offensive juridique de l’EuroLeague, l’organisation collective des clubs et la pression croissante de la NBA Europe, le mois de janvier pourrait bien marquer un tournant historique pour le basket européen. Rien n’est encore acté, mais le bras de fer est désormais total.





















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