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Finale d’ELITE 2 : la force collective de l’Élan béarnais face au talent et à la solidité de Poitiers

ELITE 2 - Ce vendredi 12 mai, la finale des playoffs d'accession à la Betclic Élite commence. L'Elan béarnais Pau-Lacq-Orthez y affrontera Poitiers dans une finale qui s'annonce intense et passionnante.
Finale d’ELITE 2 : la force collective de l’Élan béarnais face au talent et à la solidité de Poitiers

Imanol Prot et Bastien Pinault : duel de shooteurs dans ces finales de playoffs d’accession entre Poitiers et l’Elan béarnais

Crédit photo : Poitiers Basket 86 / Charly GERMANAUD
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Par Hugo Loustalot,

Ce vendredi 12 mai, l’Élan béarnais Pau-Lacq-Orthez reçoit le Poitiers Basket 86 pour le match aller de la finale des playoffs d’accession à la Betclic ELITE. Avant cette rencontre, on fait un point sur les forces en présence avec en toile de fond une question : qui montera avec le champion de deuxième division, Roanne, en Betclic ELITE ?

Qui accompagnera Roanne en Betclic ELITE?

Descendu en 2023 en deuxième division, Pau, dont l’objectif annoncé depuis le début de la saison est la montée, affronte Poitiers, qui est aussi en ELITE 2 depuis 2023, mais qui y est arrivé en étant promu. Si, en début de saison, le club béarnais faisait partie des grands favoris pour la montée grâce à son budget prévisionnel de 5 753 000 € (1er) et sa masse salariale de 1 378 000 € (3e), cela n’était pas le cas du club poitevin qui disposait d’un budget de 3 275 000 € (11e) pour une masse salariale de 892 000 € (10e). Les Palois font office de favoris, ils ont terminé deuxième de la saison régulière et pourront compter sur l’avantage du terrain, sachant que leur dernière défaite à domicile remonte au 16 janvier 2026 contre Roanne. Mais en face,  Poitiers impressionne des deux côtés du terrain, arrive sans pression après une saison déjà réussie et dispose de nombreux atouts pour faire tomber Pau pour la première fois des playoffs.

La force collective offensive béarnaise face à l’intensité défensive poitevine

L’Elan béarnais dispose d’une très bonne régularité offensive. Sur la saison régulière, son offensive rating (nombre de points marqués pour 100 possessions) est le deuxième meilleur de la saison avec 113.7 unités. Dans l’équipe coachée par Mickaël Hay, le danger offensif peut venir de partout. De nombreux joueurs sont capables de prendre feu en attaque, qu’ils soient titulaires ou qu’ils sortent du banc. Sans avoir un gros scoreur qui se dégage du lot, l’Elan béarnais a plusieurs joueurs qui peuvent prendre leurs responsabilités et sortir l’équipe de phases compliquées, à l’image du combo-guard Fabio Milanese (10.2 pts de moyenne sur la saison régulière) lors des demi-finales. Cela se traduit directement dans les chiffres puisque 7 joueurs de l’équipe ont tourné cette saison entre 9.1 et 12.2 pts par match. Bastien Pinault, le meilleur marqueur de l’effectif, a en effet une moyenne de points marqués de “seulement” 12.2 unités. Le tireur d’élite a inscrit en moyenne 41.8% de ses tirs à trois points tentés sur 6.1 tentatives par rencontre. Il contribue à faire de Pau la troisième équipe la plus performante de loin (35.0%) et la quatrième à l’eFG% (54.5%) qui représente le pourcentage de réussite ajustée au tir en accordant plus d’importance au tir à trois points. 

Statistiques de Fabio Milanese sur BeBasket

Cette efficacité offensive s’appuie sur un jeu collectif de qualité comme le montre son taux de paniers assistés dans le jeu de 68.2% sur la saison (4e) et son pourcentage de possessions comportant une passe décisive (28.2%, 2e). Menés par le meilleur passeur de la saison et finaliste pour le titre de MVP Thomas Cornely (9.6 pts et 7.4 PD), l’Elan Béarnais a montré qu’il arrivait à faire preuve d’alternance dans le jeu pour trouver des solutions offensives. Ainsi, la défense poitevine aura fort à faire pour mettre à mal l’attaque béarnaise, mais elle a des atouts à faire valoir.

Statistiques de Thomas Cornely sur BeBasket

Le defensive rating (nombre de points encaissés pour 100 possessions) de Poitiers sur la saison était déjà correct (106.9 unités, 8e). Mais sur les Playoffs, celui-ci a été le meilleur des équipes engagées (100.7) juste devant les 100.8 de… Pau. Cela témoigne de la solidité défensive poitevine qui a dû faire face à Saint-Quentin, une équipe de Betclic Elite, et à Nantes qui était reconnue pour son efficacité offensive. 

L’arme principale de la défense du PB86 est sans surprise Narcisse Ngoy. Le pivot de 2.14m a tourné sur la saison régulière à 9.9 pts, 11.8 reb, 2.6 ctr pour 20.6 d’éval. Il a terminé meilleur contreur, meilleur rebondeur, meilleur défenseur et MVP d’ELITE 2. Véritable arme de dissuasion défensive, il pourrait causer quelques problèmes à l’attaque paloise sur demi-terrain. Il contribue au fait que le PB86 est l’équipe dont les adversaires ont été les moins en réussite à deux points (47.7%) cette saison. La capacité des poitevins à contester les tirs est très bonne puisque l’eFG% de leurs adversaires est très faible (48.0%, 1er). Mais résumer l’efficacité défensive des joueurs d’Andy Thornton-Jones à Narcisse Ngoy est réducteur.

Statistiques de Narcisse Ngoy sur BeBasket

En effet, le PB86 a beaucoup de cœur et a des joueurs disposant de vraies qualités physiques leur permettant de tenir leur un-contre-un comme Marcus Gomis et Aurèle Brena-Chemille. L’effectif compte aussi en ses rangs l’expérimenté ailier fort croate et élu deux fois meilleur défenseur du championnat polonais Ivan Ramljak, mais il manquera les deux premiers matchs de la finale à cause d’une lésion au mollet droit. Son absence est un véritable coup dur pour la formation poitevine. Mais Poitiers pourra compter sur Jordan Ratton et son impressionnant volume de jeu pour pallier à cette absence. Si, défensivement, les Poitevins peuvent être très performants, ils peuvent aussi l’être de l’autre côté du terrain.

Statistiques de Marcus Hammond sur BeBasket

L’imprévisible attaque de Poitiers au défi de la forte défense de Pau

L’offensive rating poitevin sur la saison est de 110.5 unités (7e). Cependant, l’attaque du club de la Vienne a été plus laborieuse en playoffs (103.4 d’offensive rating). Cela a pu coûter cher à plusieurs reprises aux Poitevins, mais, un peu comme à l’image de Pau, ils arrivent souvent à se sortir des situations difficiles grâce au talent de certains joueurs de caractère qui peuvent prendre le jeu à leur compte.

Le PB86 peut s’appuyer sur une base arrière explosive et talentueuse composée par Marcus Gomis (13.8 pts de moyenne en playoffs) et Aurèle Brena-Chemille (13.2 pts). Marcus Hammond, le meilleur scoreur de l’équipe sur la saison du haut de ses 15.4 pts par match, représente aussi une véritable menace offensive. Dans un autre registre, avec beaucoup moins le ballon entre les mains, Imanol Prot, l’enfant de Poitiers, peut sanctionner de loin les défenses adverses. Or, si les Poitevins veulent s’imposer contre Pau, ils devront être meilleurs en attaque qu’ils ne l’ont été lors des playoffs, car le dauphin de Roanne peut aussi mettre en grande difficulté les attaques de ses adversaires.

Statistiques de Aurèle Brena-Chemille sur BeBasket

Le club des Pyrénées-Atlantiques est en effet capable de faire preuve d’une grande efficacité défensive. En saison régulière, le defensive rating de l’Elan béarnais était de 104.7 (4e) et ce dernier s’est encore amélioré lors des playoffs (100.8), même s’il faut noter que Pau a affronté des attaques plus faibles que Poitiers.

Dans ce secteur du jeu, l’intérieur mobile, très actif et combatif Joshua Mballa est très précieux. Le spécialiste défensif Seydou Ndiaye (6.2 pts, 3.2 reb et 0.7 int en saison régulière), grâce à ses qualités athlétiques et son physique longiligne, peut défendre sur plusieurs postes et vite se projeter sur du jeu rapide. Il sera un élément important des palois pour contrer les assauts des arrières poitevins. Il a montré qu’il pouvait être très intéressant en première ligne d’une presse tout-terrain qui a mis en difficulté plusieurs fois les adversaires des vert et blanc. Par ailleurs, le tacticien palois Mickaël Hay est très pointilleux sur les détails et cela se retranscrit dans la faculté de ses joueurs à être présents pour contester les tirs adverses. L’Elan béarnais, cette saison, était en effet la troisième équipe dont la réussite au tir tenté dans le jeu par ses adversaires était la plus faible (44.1%). En revanche, s’il y a bien un secteur où le PB86 pourrait causer des problèmes à la défense de l’EBPLO, c’est bien au rebond offensif.

Statistiques de Joshua Mballa sur BeBasket

La bataille du rebond : un enjeu majeur de la série

Les deux finalistes font partie des équipes les plus efficaces de la saison au rebond. Poitiers a pris 52.2% de ses rebonds jouables (4e) et Pau fait juste un peu mieux avec 52.6% (3e).

Poitiers est une équipe qui arrive à obtenir de nombreuses secondes chances comme en atteste son pourcentage de rebonds offensifs jouables pris en saison régulière de 36.1% (4e). Narcisse Ngoy et son exceptionnelle moyenne de 4.2 rebonds offensifs par match y sont forcément pour beaucoup. Mais les Palois aussi sont efficaces dans ce secteur. Leur pourcentage de rebonds offensifs disponibles captés était de 36.8% (3e). L’intérieur mobile Bryce Nze (11.2 pts, 7.3 reb, dont 2.5 offensifs) et son coéquipier dans la raquette Joshua Mballa (7.3 pts et 5.3 reb, dont 2.4 offensifs) ont été très performants à ce jeu-là cette saison.

Statistiques de Bryce Nze sur BeBasket

En revanche, de l’autre côté du terrain, en Playoffs, les Palois ont sous performé dans la sécurisation de leur rebond défensif. Ils n’ont réussi à sécuriser que 58.5% de leurs rebonds défensifs disponibles  (contre 68.1% en saison régulière), soit de loin la plus mauvaise performance des playoffs. Ainsi, face au Poitiers de Narcisse Ngoy, ils devront retrouver leur niveau au rebond défensif s’ils veulent éviter de subir les secondes chances poitevines.

Les clés de la finale

  • Pour éviter de se retrouver à attaquer sur demi-terrain face à Narcisse Ngoy, Pau devra beaucoup courir et chercher à obtenir des points sur jeu rapide, ce qui a souvent fait sa force. Mais pour cela il faudra réussir à sécuriser le rebond défensif et récupérer des ballons. Et, sur demi-terrain, l’intérieur palois Bryce Nze devra utiliser sa capacité de passe et sa mobilité pour faire sortir Narcisse Ngoy hors de la raquette.
  • Si les Poitevins paraissent plus forts physiquement pour défendre les un-contre-un, ils devront être très appliqués dans les rotations défensives pour court-circuiter le collectif béarnais.
  • En attaque, le PB86 devrait chercher Narcisse Ngoy qui sera difficilement arrêtable dans la raquette. Il sera donc intéressant de voir comment la défense paloise va s’y adapter. Va-t-elle venir trapper sur lui en prenant le risque de laisser des joueurs ouverts ou préférera-t-elle laisser son défenseur gérer tout seul au risque d’encaisser de nombreux points ?
  • Le rôle de l’avantage du terrain n’est pas négligeable pour Pau. En revanche, le choix de Poitiers de jouer à l’Arena Futuroscope pourrait représenter une fausse bonne idée tant il était compliqué d’aller jouer à Saint-Eloi et tant l’équipe y a ses marques.
  • Enfin, la dernière clé de la série pourrait être l’état de fraîcheur des joueurs de Poitiers car ces derniers ont joué deux prolongations en demi-finale et ont dû disputer des belles au premier et au second tour des playoffs, soit un total de six rencontres, alors que l’Elan béarnais n’en a disputé que quatre puisqu’il a remporté tous ses matchs.

Poitiers — matchs

Les résultats et résumé des deux confrontations

Match aller (J11) : victoire à l’extérieur de Poitiers 79 à 80

Poitiers était bien mieux rentré dans son match que Pau. Le PB86 prit de nombreux rebonds offensifs (6 sur le premier quart-temps) et profita des errances défensives paloises pour prendre une bonne avance (18 à 30 à la fin du premier quart-temps). Mais l’Elan béarnais éleva son niveau défensif, parvint à sécuriser son rebond défensif et obtint des points sur jeu rapide. Il revint au score et passa même devant (46 à 40 à la pause) des Poitevins qui n’arrivaient plus à mettre leur jeu offensif en place (10 pts marqués sur le deuxième quart-temps). Ces mêmes poitevins comptèrent même 8 points de retard à la 33e minute. Mais ils réalisèrent une excellente série en infligeant un 2-16 aux locaux pour s’offrir une fin de match serrée. Enfin, alors que le score était de 79 à 80 en faveur du club de la Vienne, l’intérieur béarnais Bryce Nze eut l’opportunité de marquer le dunk de la victoire sur la dernière possession, mais la dissuasion de Narcisse Ngoy l’en empêcha.

Sitraka Raharimanantoanina vs Samuel Idowu — comparaison

Match retour (J36) : victoire à l’extérieur de Pau 90 à 97

Sur les dix premières minutes, le PB86 domina (encore) les Palois. Le scénario ressemblait beaucoup à celui du match aller. A la fin du premier quart-temps, les Poitevins menaient 32 à 15, notamment grâce à leur impressionnante performance au rebond (11 à 1) et leur réussite à trois points (6 sur 9). Le grand écart dans le jeu proposé se résumait dans l’évaluation des deux équipes (40 à 6). Puis, alors qu’il était en grande difficulté, l’Elan béarnais augmenta drastiquement son intensité défensive et marqua de nombreux points sur jeu rapide. La tendance du match s’inversa complètement, les Poitevins subirent les assauts béarnais et virent ces derniers revenir à égalité (46 partout à la pause). Avec une évaluation de 45 pour Pau, contre 6 pour les locaux, sur ce deuxième quart-temps, la première mi-temps connut deux parties aux physionomies inverses. En revanche, au retour des vestiaires, la rencontre s’équilibra pendant de nombreuses minutes. Les deux équipes faisaient jeu égal. Mais en fin de rencontre, le capitaine palois Bastien Pinault prit les choses en main et permit à son équipe de faire un premier écart au score au cœur du dernier quart-temps pour finalement s’imposer.

Narcisse Ngoy vs Bryce Nze — comparaison

Retour sur les demi-finales des deux protagonistes

Deux victoires paloises contre Orléans 

Pau s’est défait d’Orléans en deux manches (90-72 à l’aller et 85-90 au retour). La profondeur de son banc et l’homogénéité de son effectif lui ont permis de s’imposer. Fabio Milanese a été très précieux dans les fins de match, alors que son équipe était menée au score. En effet, les Palois ont montré une véritable force de caractère pour inverser la tendance. C’est en élevant le curseur en défense et en obtenant du jeu rapide qu’ils ont réussi à faire la différence. Cependant, ils ont eu du mal à contenir le pivot Nathan Kuta dans la raquette.

Pau-Lacq-Orthez — matchs

Poitiers qualifié contre Nantes après une série très serrée

Poitiers a dû batailler pour obtenir son ticket en finale. A l’aller, le PB86 s’est incliné à domicile après prolongation (80-83). Puis, lors du match retour, d’un tir miraculeux d’Imanol Prot, ils ont réussi à décrocher une nouvelle prolongation qu’ils ont dominée pour s’imposer 79 à 88. Enfin, lors de la belle, dans un Saint-Eloi en ébullition, ils ont haussé le ton dans le troisième quart-temps pour finalement l’emporter grâce à un excellent Aurèle Brena-Chemille en fin de match (85-75). Pour les Poitevins, ce sont leur supplément d’âme, leur domination au rebond et la faible adresse nantaise à trois points qui leur permirent de se qualifier en finale.

Poitiers — matchs

Les duels à suivre

  • Le duel entre les deux jeunes postes 2-1 français dynamiteurs offensifs que sont Fabio Milanese (Pau) et Aurèle Brena-Chemille (Poitiers).
  • La mobilité et la qualité de passe de l’intérieur Bryce Nze (Pau) pour contourner la dissuasion défensive de Narcisse Ngoy (Poitiers) et, de l’autre côté du terrain, les adaptations défensives collectives béarnaises pour limiter son impact offensif.
  • L’efficacité offensive au scoring du meneur Marcus Hammond (Poitiers) contre les qualités de gestionnaire de Thomas Cornely (Pau)

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