Héléna Delaruelle, entre Nationale 1 et « Hot Date » : la double vie d’une basketteuse pro

Héléna Delaruelle sous les couleurs de Trith en NF1
Basketteuse professionnelle évoluant en Nationale 1 à Trith Saint-Léger, Helena Delaruelle (1,69 m, 25 ans) ne se limite pas au parquet. Artisane de la montée de Chartres en La Boulangère Wonderligue en 2024, l’arrière s’est aussi fait un nom sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme Helena Yannis, où elle anime « Hot Date », une émission inspirée du concept britannique d’Amelia Dimoldenberg. Pour BeBasket, elle revient sur ce parcours hybride, entre compétition et créativité.
Une compétitrice née, tombée amoureuse du basket
Quand elle se présente, le ton est donné : « Je m’appelle Helena Delaruelle, je suis basketteuse pro, et j’ai une émission qui s’appelle Hot Date où j’invite des artistes, et peu de gens le savent mais j’ai un diplôme en tant qu’ingénieure en aérospatial. »
Avant le haut niveau, il y a l’esprit de compétition familial. « De base, je suis une fanatique de sports. Je suis hyperactive donc j’ai fait plein de sports : du tennis, du skate… Mon frère faisait du basket, il gagnait tout le temps. Dans ma famille on est très compétiteurs, je voulais le battre, donc j’ai commencé à en faire, et je suis tombée amoureuse du sport. »
Le choix définitif intervient au pôle : « J’avais le choix entre la voile et le basket, j’ai choisi le basket car c’est ce qui me faisait le plus sortir de ma zone de confort. »
De Chartres à Trith : une leader en quête de montée

En 2024, la meneuse vit l’un des grands moments de sa carrière avec la montée de Chartres en La Boulangère Wonderligue. Un souvenir qui reste au sommet : « La montée avec Chartres (en 2024). J’ai énormément participé à la dernière victoire. La sensation que t’as, c’est incroyable. »
Descendue à Rouen en NF1 dans la foulée, elle a notamment remporté le Trophée Coupe de France à Bercy avant de s’engager à Trith Saint-Léger, autre pensionnaire de Nationale 1. L’objectif est clair : la montée en LF2. « Ça se passe super bien, on joue la montée en LF2, on est premières. J’ai un rôle majeur, dans l’énergie, dans la création et le leadership. »
Elle insiste aussi sur l’environnement : « J’adore Trith, les gens sont gentils. On a de vrais supporters, de bons bénévoles. On est un groupe soudé, je ne pouvais pas rêver mieux pour cette saison. »
Passée par le banc en première division avec Lattes-Montpellier (club où elle a effectué ses années en centre de formation) aux côtés de Romane Bernies pour ne citer qu’elle, la jeune Francilienne a également croisé la route de la superstar WNBA Angel Reese en Caroline-du-Nord. Partie aux États-Unis pour poursuivre ses études supérieures dans un pays où son grand frère s’était déjà installé, elle a en effet joué un moment en NCAA, chez les Coastal Carolina Chanticleers notamment.
L’équipe de France et l’Euro U20, un rêve accompli
Avec les Bleuettes, elle dispute l’EuroChallengers U20, en 2021, après le COVID-19. « Super contente, pour tout le monde c’est un rêve quand tu es jeune. En plus j’avais bien performé, j’étais avec ma meilleure amie. Tout était aligné pour que je passe un bon moment. »
Elle souligne aussi l’apport du staff : « Jérôme Fournier, le sélectionneur m’a apporté beaucoup de choses. »

« Hot Date » : sortir du cadre du basket
En parallèle du terrain, Héléna Delaruelle développe « Hot Date », un concept d’interviews avec des artistes. L’idée lui vient en observant le format londonien d’Amelia Dimoldenberg. « J’ai vu une Londonienne qui faisait ce concept, je me suis dit : pourquoi je ne le ferais pas aussi ? J’ai fait ça sans savoir où ça allait me mener. »
Habituée à être devant la caméra via IcanPlay, une page qui met en avant le basket féminin comptant plus de 80 000 abonnés sur Instagram, elle assume son envie de décloisonner : « J’aime sortir de mon confort, et je voulais sortir du cadre du basket, découvrir d’autres gens, d’autres mondes. »
Cette double activité a des avantages : « Oui parce que notre salaire est moindre, tu peux gagner de l’argent avec des pubs, des partenariats. Même les grandes joueuses comme Paige Bueckers, Caitlin Clark le disent. »
Mais aussi son lot de préjugés : « Des gens pensent que je suis moins concentrée sur le basket avec ce que je fais sur les réseaux. Pourtant je vais plus à la salle et je m’entraîne plus que d’autres. »
Elle conclut lucidement : « Les gens ont beaucoup d’a priori avec mon image sur les réseaux, mais c’est différent, je ne suis pas du tout comme ça. Ça te donne une étiquette, les gens ne savent pas différencier la réalité et les réseaux. »
Des Philippines à ses Hot Date de rêve
Au fil de ses voyages, un pays l’a particulièrement marquée quand il s’agit de la balle orange : « Les Philippines. Ils sont fanatiques du basket, j’avais rarement vu ça. Des maillots partout dans la rue, les jeunes jouent tout le temps. »
Et si elle devait réaliser un « Hot Date » 100 % basket ? Deux noms ressortent : Joakim Noah et Nadir Hifi. « Noah pour son vécu (…) Il est passè par la NBA, il a connu la hate sur les réseaux sociaux. Il serait grave à l’aise. Nadir Hifi parce que je pense que les gens ne le connaissent pas assez. »
Entre ambition sportive et créativité médiatique, Héléna Delaruelle incarne une nouvelle génération de joueuses, capables d’exister sur plusieurs terrains à la fois.




















Commentaires