ITW Frédéric Fauthoux : « Je ne voyais pas comment on pouvait perdre »

La joie de Frédéric Fauthoux
Frédéric, imaginiez-vous gagner l’EuroCup en débarquant à Bourg-en-Bresse en 2022 ?
(il hésite) Oui. Comme tout le monde, on rêvait de gagner quelque chose. On jouait quatre compétitions chaque saison donc l’objectif a toujours été de gagner quelque chose. L’EuroCup était donc une cible. Je savais que c’était difficile, mais on y a cru.
Comme vous le disiez lundi, cela concrétise le boulot de plein de gens à travers les années…
On savait effectivement que gagner représentait un peu que l’équipe de cette saison. Même s’il faut rendre à César ce qui appartient à César : le staff a fait un travail énorme, comme tous les joueurs. Ce sont eux qui ont été sur le terrain, le mérite leur en revient. Le club travaille depuis des années pour cela, avec Julien Desbottes et Frédéric Sarre. C’est la récompense de tous, et de tous ceux qui sont venus avant. Quand on arrive à être champion d’Europe, il faut se souvenir d’Amédée-Mercier : j’y ai joué avec Pau-Orthez, on devait passer la serpillère avant de jouer, car il y avait beaucoup de poussière. On avait tout pour y arriver, il fallait conclure le travail. Je suis très heureux pour le club et la ville qui travaillent dessus depuis des années.
« Du cœur, de la fierté, du talent, du travail »
Ce trophée est-il au-dessus de vos deux titres de champion de France remportés en tant que coach associé à l’ASVEL ?
Sincèrement, non. Pas personnellement. Je suis quelqu’un qui travaille collectivement à chaque fois : chacun à son rôle dans le staff et j’aime le partager. A l’AVEL, c’était quelque chose mais on était toujours favoris. Là, on était de gros outsiders mais on est allé le chercher avec du cœur, de la fierté, du talent et du travail. C’était le supplément d’âme qui faisait que…
Comment sentiez-vous l’équipe depuis le Match 1 ?
Sincèrement, et je ne veux pas faire le malin, je les sentais super bien, je les sentais capables de gagner cette série. Je me doutais qu’il fallait qu’on gagne les deux premiers. Même si on met en perspective plusieurs scénarios pour mettre les joueurs à l’aise, je sentais qu’il fallait gagner les matchs 1 et 2. Après le match fait à Besiktas, je ne voyais pas comment on pouvait perdre ce soir. Cela a donné deux très bons matchs de basket, le Besiktas nous a donné du fil à retordre. Je sentais les mecs hyper concernés, ils n’ont jamais été très hauts après la victoire contre Besiktas et quand on s’est entraîné, ils n’ont pas calculé, ils ont appliqué les consignes. Je ne nous voyais pas perdre ce soir.
« J’étais convaincu à 100% qu’Adam allait marquer »
La dernière possession était-elle spécifiquement pour Adam ?
Oui. Je ne sais pas pourquoi mais quand je lui donne ce dernier ballon, j’étais convaincu à 100% qu’il allait marquer. Je trouve qu’il est habité par autre chose que son talent depuis un certain moment. C’était peut-être un peu de chance, mais je l’ai bien senti.
Vous laissez Besiktas à 60 et 71 points. Cette finale s’est gagnée en défense…
Oui, on a fait un sacré boulot mais je n’ai jamais dit qu’il fallait les laisser à moins de 70 points pour gagner. On avait des match-up hyper intéressantes pour les contrer, et on ne s’en est pas privé. Je trouve surtout que notre équipe est hyper costaud mentalement cette année. La peur des matchs couperets ? On l’a bien senti sur le Match 1 contre Ankara (71-99). Mais ce qui est génial avec cette équipe-là, c’est qu’on ne s’est jamais effondré. On a pris ça comme une leçon pour progresser. Ces joueurs avaient quelque chose d’insouciants, et cette insouciance nous a servis pour avancer.
Propos recueillis à Bourg-en-Bresse,



























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