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Soir d’éternité à Ékinox : la JL Bourg remporte l’EuroCup au buzzer !

Grâce à un dernier panier d'Adam Mokoka à 1,1 seconde du buzzer (73-71), la JL Bourg a remporté l'EuroCup en sweepant le Besiktas Istanbul en finale (2-0). Une soirée de légende pour un club qui n'avait encore jamais remporté le moindre trophée majeur dans son histoire, et qui démarre donc par un titre européen.
Soir d’éternité à Ékinox : la JL Bourg remporte l’EuroCup au buzzer !

Une photo pour la légende

Crédit photo : Cécile Thomas
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Il y a des choses que l’on ne pensait pas écrire un jour, et cette phrase en fait pleinement partie : la JL Bourg est championne d’Europe. Alors certes, il ne s’agit « que » de l’EuroCup, et plus personne n’est d’accord pour certifier s’il s’agit toujours de la deuxième compétition continentale ou non, mais il y a quand même de quoi se pincer…

Parce que l’on parle d’un club qui n’avait jamais rien gagné jusque-là, si ce n’est le championnat de Pro B à deux reprises, et qui ouvre son palmarès d’un coup d’éclat. Parce que l’on parle d’une ville de 40 000 habitants, que l’Europe du basket sait désormais placer sur une carte, contrairement à la majorité des Français. Parce que l’on parle d’un club qui se faisait corriger par… Hyères-Toulon (42-83) en Pro B il y a quasiment dix ans jour pour jour, le 26 avril 2016. Pas exactement le standard d’un futur champion d’Europe.

« Parfois, c’est pour l’histoire ;
là, c’était pour l’éternité » 

Parvenus à des sacres européens sur une courbe météorique, l’AS Monaco et le Paris Basketball ont prouvé qu’il était possible d’atteindre l’absolu de façon éclair. Mais la JL Bourg y est arrivée autrement. Sa quête est celle de la patience, l’aboutissement d’une longue structuration, où les bureaux ont souvent été plus performants que le sportif, le grand bonheur après tant de déceptions, à cogner à la porte du grand monde.

Pour cela, il faudra citer beaucoup de personnages, de Frédéric Sarre à Julien Desbottes, en passant par les frères Tissot, Fabrice Serrano, Pierre Murtin, Savo Vucevic, François Lamy, Frédéric Fauthoux et tant d’autres. Il y en eut beaucoup, et on aura peur d’en oublier, comme Fabrice Serrano, ancien meneur qui a contribué à hisser le club de la NM1 vers la Pro A dans les années 90, reconverti préparateur physique, qui eut besoin de s’isoler après la cérémonie, en larmes assis dos au podium.

Fauthoux – Desbottes, duo gagnant (photo : Cécile Thomas)

« C’est éternel ce soir. Éternel », répète le président Desbottes. « Parfois, c’est pour l’histoire. Là, c’était pour l’éternité. Les émotions, c’est surtout les souvenirs des gens auxquels on pense, comme Pierre Murtin, tous ceux qui ont œuvré à un moment ou à un autre pour qu’on en arrive là. » 

Une guerre de tranchées

Pour en arriver là, il aura également fallu mater le favori incontesté de la compétition, le Besiktas Istanbul (73-71, score final), qui a fait passer un grand frisson dans Ékinox au début du troisième quart-temps (42-48, 22e minute) quand Ante Zizic s’est amusé face à tous les intérieurs de la JL en délicatesse avec leurs fautes (4 pour Agee, 3 pour Kokila, 3 pour Mitchell, 2 pour Lindo).

Mais cette équipe-là avait quelque chose de plus que les autres. « Le cœur, la fierté, le supplément d’âme », énumérait Frédéric Fauthoux. Assez pour éteindre la tempête, et pour en lancer une autre. Cela eut l’air d’une guerre de tranchées, avec deux équipes incapables de marquer de loin (6/22 pour la JL à 3-points, 6/25 pour le Besiktas), comme du basket des années 90, lorsque la JL Bourg jouait ses matchs dans son Hangar d’Amédée-Mercier. « On y passait la serpillère tellement il y avait de poussière », s’est souvenu Freddy Fauthoux, pas habitué à de telles conditions lorsqu’il venait avec le grand Pau-Orthez à l’époque.

La liesse au buzzer (photo : Cécile Thomas)

Cette fois, la serpillère aurait également été utile pour éponger les litres de sueur déversés par les dix joueurs entrés en jeu, d’un Kevin Kokila à l’impact phénoménal (27 d’évaluation), sans jamais prendre une quatrième faute qui aurait été si coûteuse en deuxième mi-temps, à Adam Mokoka, superbe MVP, qui s’est magnifiquement vengé d’avoir été snobé des deux meilleurs cinq de la compétition.

Et Mokoka déborda Brown… 

Et quand il a fallu appeler le dernier système, après que Jonah Mathews (pourtant représenté en poseur de briques par les jeunes ultras de la JL Bourg) ait climatisé Ékinox le temps d’un tir égalisateur à 15,5 secondes du buzzer final, l’évidence frappa Frédéric Fauthoux. « Ce dernier ballon que je lui donne, je ne sais pas pourquoi, mais j’étais convaincu à 100% qu’il allait marquer. Il est habité par autre chose que son talent en ce moment. » 

Et Adam Mokoka a bel et bien marqué. Une pénétration rageuse, où il a débordé Anthony Brown, avant de transpercer le filet d’un lay-up tombé sur le fond de l’arceau puis le devant du cercle. À 1,1 seconde du buzzer final. Pour faire basculer Ékinox dans l’irrationnel. Parce que la JL Bourg est championne d’Europe. Parce que la JL Bourg a désormais gagné le droit sportif d’évoluer en EuroLeague. Et que ça aussi, c’est particulièrement bizarre à écrire.

 

À Bourg-en-Bresse,

Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

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