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ITW Jacques Monclar : « Aller en demi-finales me paraît être l’objectif premier des Bleus »

ITW Jacques Monclar : « Aller en demi-finales me paraît être l’objectif premier des Bleus »
Crédit photo : Guillaume Poumarede
Équipe de France - Consultant pour beIN sports, qui diffuse les matches de l'équipe de France à la Coupe du monde, Jacques Monclar s'exprime sur les chances des Bleus sur cette édition 2023.

Consultant pour beIN Sports, qui diffuse l’intégralité de la préparation de l’équipe de France pour la Coupe du monde ainsi que la compétition en Indonésie, aux Philippines et au Japon, Jacques Monclar suit les Bleus sur ce mois d’août et de septembre. Personnage phare du basketball français, l’ancien joueur et entraîneur nous livre son avis sur la sélection tricolore et sur ce qui nous attend de cette édition 2023.

Jacques, avant le tournoi de préparation d’Orléans (interview réalisée lundi, avant la rencontre face au Venezuela), qu’as-tu pensé de ce que tu as vu de l’équipe de France à Pau et Montpellier, contre la Tunisie et le Monténégro ?

D’abord je les ai trouvé contents d’être là, avec le sourire, eux comme le staff. Le fait que Vincent (Collet) ait donné une liste de 12 a clarifié les choses, cela permet de fixer les rôles plus vite. Contre la Tunisie, ça ressemblait à un galop d’essai. Il y a eu de la réussite, des passes et l’exécution de l’équipe. Ils les ont empêché de jouer. Après contre le Monténégro, cela a été intéressant. On a vu des choses positives. Peut-être pas tout le temps mais défensivement Rudy c’est vraiment un plus terrible. Il a eu aussi des choses en attaque pour lui, avec ce move plein de finesse et même le panier en tête de raquette qui a fait un peu de bruit. Je trouve que Elie (Okobo) est plus mâture. Ce sont des points positifs. Et puis le petit Sylvain (Francisco) c’est frais. Mous Fall a l’air bien physiquement et quand il est bien physiquement il représente une doublette avec Rudy qui pèse quand même. Guerschon (Yabusele) a eu sa saison qui s’est finie comme elle s’est finie. Mais on voit que c’est un joueur de haut-niveau quand même. J’ai envie de mettre Evan (Fournier) dedans. Parce que quand tu récupères un (Nicolas) Batum, un (Nando) De Colo et un Evan qui se libère comme il sait faire, c’est rigolo. Je trouve ça bien, la concentration défensive est bonne. C’est vraiment intéressant. La polyvalence de Nico est toujours appréciable, Nando au poste 1 on verra, envoyer en sacrifice défensif sur le meneur des (Terry) Tarpey, des (Yakuba) Ouattara, c’est intéressant. Avec Vincent, ils cultivent la défense.

« Ça ressemble vraiment à une bonne équipe »

Les Bleus ont un cinq majeur bien installé, c’est celui qui était en place lors des Jeux olympiques de 2021, et des rotations qui s’installent. Quelles sont pour toi les caractéristiques de ce groupe.

Je pense que ce sera la défense. Ce sera la force de notre secteur intérieur qui permet de déjà, en défendant bien, de donner des points de relance. Des joueurs talentueux, feu follet, scoreurs comme Evan, Elie, Sylvain et Nando aussi peuvent s’éclater. Il y a un cinq installé comme tu l’as dit. Derrière quand tu regardes les rotations il y a une vraie dominante défensive dans la qualité des mecs. Il n’y a guère qu’Elie qui soit marqué talentueux d’attaque. Mous Fall dans son registre est aussi un scoreur. Mais en sortie de banc, tu as vraiment une marque défensive importante, sur les Ouattara, les Tarpey, même Lessort. Si Mathias n’est pas là, ça change un peu parce qu’il est une particularité. Par son explosivité, par son scoring près du cercle, pas sa dissuasion physique. Le remplacer comment, par qui ? Il y a Yoan Makoundou qui est arrivé (voir ici). Pourquoi pas Vincent (Poirier) qui est habitué à jouer entre les postes 5 et 4. Il est habitué à jouer peu au Real et a être performant. Tu me diras Yoan cette année il a été habitué à pas jouer. C’est encore autre chose. J’aime bien l’articulation de l’équipe, le retour des joueurs mâtures comme Nico et Nando a fait du bien aussi. Il faut maintenir tout ça, progresser, jouer, gagner, perdre mais ça ressemble vraiment à une bonne équipe.

Quel est le statut de l’équipe de France avant d’aborder la Coupe du Monde ?

On va être factuel, c’est une équipe qui sur les trois dernières compétitions fait trois podiums : à la Coupe du monde, aux Jeux olympiques et à l’Euro. Eh bien aller en demi-finales me paraît être l’objectif premier. Tu vas en demi-finales, t’as fait la météo, le minimum, ce que tu devais faire. Ça veut dire sortir des deux premiers tours et aller en demi-finales pour faire le max de matches puis jouer le podium et même le titre jusqu’au bout quoi. Après, il y a d’autres équipes. Il y aura des flops, des bonnes surprises. Quand on voit l’année dernière à quoi ça tient d’aller en finale, après les huitièmes contre la Turquie et les quarts contre l’Italie… Quand on voit les cheminements de compétition parfois très bizarres. En sachant qu’on a une première phase quand même très compliquée. Aller en quarts serait le strict minimum et être dans les quatre (finaux) c’est l’objectif, gagner c’est l’objectif. Tu sais très bien que plus tu enchaînes les présences sur le podium, il y a bien un jour où tu ne le feras pas.

Cette compétition a un double objectif, celui d’aller loin et de faire un bon résultat mais aussi le fait de préparer les Jeux olympiques de Paris, à 10 mois de l’évènement. J’imagine que comme tout le monde tu dois être déçu que Victor Wembanyama ne soit pas présent à Jakarta et Manille.

Pas vraiment. Oui j’aurais préféré (qu’il soit là). Mais bon, ça faisait beaucoup pour Victor : la prépa’ avec tes potes, les matches de préparation, tout le monde te rentre dedans… Il n’aurait pas pu enchaîner sans avoir un travail spécifique pour préparer ce qui l’attend de l’autre côté (de l’Atlantique), qui ne va pas être cadeau. Alors bien sûr que dans le sens large il faudrait l’avoir, qu’il s’intègre… Mais ça c’est un monde idéal. Mais après il aura plus de difficultés en NBA. Elle est structurée sa décision, il faut la respecter. Après ce n’est pas comme si on était une équipe qui manquait d’aller en finale ou choper des médailles. Je ne veux pas dire que le groupe est repu, mais le groupe a été nourri à l’ambition, il n’a pas de victoire mais il a trois podiums. Il y a une vraie équipe. Il faut respecter les mecs qui sont là depuis quelque temps et qui font le taff. Victor, je crois que c’est une bonne décision pour lui. Ça ne nous arrange pas, ça marque le grand public qui pense parfois que c’est une histoire d’argent. Non, ce qui l’attend ça se prépare parce que ça être chaud quand même. Il aurait été une cible de plus pour l’équipe de France. Je crois que son choix est raisonnable. Après oui, j’espère qu’il sera à Paris. On a vu qu’il aimait ça lors des fenêtres, San Antonio est assez compréhensif sur le dossier. Être n°1 de la Draft, il y a une attente, c’est spécial. Il faut se préparer spécifiquement à ça. Je n’ai pas été trop surpris (de son choix) dès que je l’ai entendu annoncer qu’il allait faire un match ou deux à la Summer League.

« L’équipe de France vit autour d’une manière »

On a des cadres très installés mais notre cinq majeur prend de l’âge. Surtout, il y a peu de renouvèlement encore parmi eux. Est-ce que cela t’inquiète ?

C’est vrai que Nicolas aura 35 ans en décembre et c’est vrai que Nando aura 37 ans pour les Jeux l’année prochaine. Mais ce sont deux joueurs exceptionnels. Et puis là il y a les Jeux olympiques de Paris. Il n’y a pas qu’en basket que des joueurs font les deux petites années de plus pour avoir le plaisir de faire les JO dans leur pays. Après, concernant le renouvèlement des cadres, il y a des joueurs intermédiaires qui vont faire leur place. L’an passé, l’équipe de France fait une médaille d’argent à l’Euro, certes sur un parcours un peu fantasque, mais c’était sans eux deux. Victor (Wembanyama), Bilal (Coulibaly), les gamins qui arrivent… Il y en a des bons ! Il suffit après d’avoir une équipe. Et l’équipe qui fonctionne, c’est encore un peu celle-là. Il y a des garçons, comme Elie, qui sont en train de s’adapter à ce contexte. Il y en a qui se sont adaptés et qui en sont sortis, comme Timothé (Luwawu-Cabarrot). Elle vit cette équipe autour d’une manière. Alors cette manière est proposée par Vincent, elle est exécutée. Il faut bien reconnaître que dès que Nando et Nico sont là, la manière revient, le jeu de passe… Et puis Evan redevient le scoreur qu’il est lui. Je dirais que c’est plus lui le fil rouge de tout ça. Evan n’est pas vieux, il est de 92. Alors oui on a des gamins qui sont champions, vice-champions, qui sont draftés, qui ne jouent pas aussi, ou pas assez. Il y en a beaucoup. Des garçons comme (Juhann) Begarin et (Ismaël) Kamagaté, il faudra m’expliquer leur saison. Je pense que ce sont deux très gros potentiels. Ce qu’on leur a fait cette année (à Paris), le contexte de jeu qui était exécuté, moi ça me heurte. Autrement, c’est de l’EuroLeague top niveau, mais le manque de jeu de Yoan (Makoundou) et Matthew (Strazel)… Alors oui ils ont accès au haut-niveau, oui il doit y avoir des sessions d’entraînement extraordinaires. Mais bon…

On a un gros volume de potentiels, des résultats en équipe de France jeunes, des jeunes draftés… Quand on regarde la génération 98, qui a remporté l’Euro U16 en 2014 et U18 en 2016, ils ont 25 ans maintenant et il n’y a que Frank Ntilikina dans le groupe France, dans un rôle de rotation. On a l’impression qu’après les JO, on va passer directement de la génération 92 à celle de Victor (2004) et qu’il n’y aura pas d’intermédiaires.

C’est souvent comme ça, dans tous les sports. Il y a des générations qui n’arrivent jamais à s’installer et d’autres qui y arrivent. Après il y a toujours des épiphénomènes. Autour de Victor, les gars qui ont joué avec lui, il y a une habitude. Il y a un lien. Comme il y a eu la génération Parker, la génération Batum/Diot/Jackson/Moerman. Il y en a qui passe et d’autres qui ne passent pas. Dans les autres pays c’est pareil. Il y a des creux. Les Italiens étaient dans le sceau, ils reviennent. Les Espagnols sont toujours là avec une méthode. Israël revient en jeunes. On a l’impression aussi que certains pays s’en désintéressent parce que l’individualisation des entraînements font que des gosses de Slovénie, Pologne, Allemagne vont en NCAA donc ils sont moins accessibles. Il y a des gamins français qui sont en NBA et sont pratiquement totalement inconnus du public. La caricature de ça c’est Sidy Sissoko, qui fait (la cantera de) Baskonia, qui après va en G-League et qui se retrouve dans un effectif NBA sans – hormis en équipe de France de jeunes – avoir chez nous, sauf en tout jeunes.

Concernant la concurrence à la France, tu places qui parmi les principaux concurrents à l’équipe de France ?

On ne peut pas parler de Coupe du monde de basket sans parler des États-Unis et de l’Espagne quand même. Après pour la Grèce apparemment il n’y aura pas Giannis (Antetokoumpo), les Slovènes seront là, nous on va être par là aussi. Le Canada (rires), si eux sont par là c’est qu’on y sera peut-être pas. Ils ont une équipe. L’Australie aura le mérite aussi d’être un peu chez elle. Je suis en totale incertitude de l’ambiance qu’on va trouver en Indonésie. Autant, Manille, la passion basket, je sais qu’elle sera là. Mais alors l’Indonésie, c’est mystérieux qu’on aille là-bas pour moi.

« Les Ricains ont de quoi faire »

La compétition semble très ouverte. L’Espagne doit se passer de Ricky Rubio et Lorenzo Brown. L’effectif de Team USA compte de très forts joueurs mais pas les grandes stars, la Grèce est sans Antetokounmpo…

La Serbie sans (Nikola) Jokic. Oui, oui c’est ouvert. Souviens-toi à la dernière Coupe du monde, il y a eu la surprise argentine. On a payé pour savoir. C’est ouvert. Après Team USA, quelque part ça me rappelle leur équipe de 2010. Tu feras le roster de 2010, il était pas mal quelques années après. Westbrook, Steph Curry, Kevin Love, Iguodala, Kevin Durant… Pour moi, Steve Kerr va se servir de deux choses. Déjà de l’envie de gagner avec Anthony Edwards et Jalen Brunson en leaders. Et de cette équipe là, il y en aura une bonne moitié qui va faire les jeux. Les six-sept qui vont être bons, bons, ils vont faire les Jeux sauf incident pendant la saison. C’est intéressant pour tout le monde. Ils peuvent être bons les Ricains, ils ont de quoi faire. On peut les jouer. D’autres peuvent les jouer, le Canada s’ils se mettent en place ils ne vont pas être cadeaux. Après il y a l’Espagne. Oui Lorenzo Brown il faisait des chantiers, Ricky c’est Ricky. Enfin bon, un collectif ça se dégage. C’est une épreuve longue. Il y a une première phase qui est longue mais il y a une deuxième phase où sur un match tu peux inverser complètement la donne dans un tableau qui s’ouvre si tu fais une perf’.

La compétition est longue, elle se déroule de nouveau en Asie (après le Japon en 2006 et la Chine en 2019), sur trois pays cette fois. Tu t’attends à quoi sur place ?

Déjà les Philippines, ça a une particularité : ça fait partie des pays où le basket est n°1. Ils ont une ligue à eux. Ils ont cette salle qui ne sera pas utilisée de plus de 60 000 places. Le basket est historique là-bas. Je m’attends effectivement à une forme d’happening à partir des quarts de finale. Sinon, est-ce qu’on a intérêt à avoir des compétitions longues ou plus ramassées sur un système comme l’Euro par exemple… ça se discute. Après c’est tous les quatre ans. C’est sûr que ça se diffuse quand il y a une partie de la compétition au Japon, aux Philippines et en Indonésie. C’est la formule de la FIBA. Ça fait partie d’un exotisme. Ça permet aussi au basket africain d’avoir le Soudan du Sud – le travail de Luol Deng – et le Cap-Vert – qui est le plus petit pays qui va participer à la Coupe du monde. Certains pays peuvent y participer, d’autres en sont sortis, le Sénégal est absent, la Côte d’Ivoire revient. Quand on regarde sur tous les continents il y a des mouvements. Le Venezuela en est un. Ils ont sorti l’Argentine. Le Mexique remet le nez à la fenêtre. Le Canada a un potentiel incroyable. Comme on est un sport mondial, c’est toujours intéressant. Personnellement, moi j’adore. A partir des huitièmes de finale, c’est du très haut-niveau dans l’intensité. Au-delà de la technique, la stratégie, le talent… L’intensité que mettent les équipes, c’est incroyable.

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