ITW Stéphane Gombauld, ambitieux pour son retour au SLUC Nancy : « Tout est possible ici, j’y crois à fond »

Stéphane Gombauld est revenu à Nancy l’été dernier, et s’est engagé dans la durée
Revenir là où l’on a déjà tout connu n’est jamais un geste anodin. Encore moins lorsque les souvenirs sont aussi puissants que ceux laissés par Stéphane Gombauld (2,05 m, 28 ans) au SLUC Nancy. Champion d’ELITE 2, acteur majeur d’une période marquante du club, l’intérieur de 28 ans a pourtant choisi, à l’été 2025, de retrouver la Lorraine après deux saisons formatrices en Italie.
Dans une Betclic ELITE toujours plus dense, avec un effectif profondément remanié et une dynamique encore irrégulière, Gombauld est désormais attendu comme un pilier. Dans cet entretien, il ne parle pas seulement de basket, mais de responsabilités, de transmission et de ce que signifie le fait de “revenir”.
Revenir à Nancy : un choix affectif, mais surtout stratégique
Le retour de Stéphane Gombauld au SLUC aurait pu être perçu comme un pari sentimental. Lui le présente avant tout comme une décision rationnelle, fondée sur la connaissance du contexte et la clarté du projet.
« Je connais très bien l’organisation du club, le coach, le président, le GM, donc ça m’a rassuré. » Dans un championnat où l’instabilité est devenue la norme, cette continuité a pesé lourd. Mais le projet sportif a fini de le convaincre.
« Le projet que le coach (Sylvain Lautié) avait pour moi, pour la saison, ça m’a aussi motivé. » Revenir signifiait aussi assumer l’héritage des saisons passées, et notamment celle du titre en Pro B. « J’ai vécu des moments très intenses ici. On a été champions. Je suis revenu pour vivre, pourquoi pas, des moments exceptionnels comme ceux-là. »
Loin de chercher à effacer le passé, Gombauld s’en nourrit. « Tout est possible. J’y crois à fond. »
La pression du “déjà-vu”, assumée sans détour
Revenir dans un club où l’on a déjà brillé implique une comparaison permanente. Un poids que certains fuient, mais que Gombauld accepte pleinement. « Il y a quand même une petite pression, mais c’est une bonne pression. » Une pression qu’il juge nécessaire pour avancer avec cette équipe. « Ça ne me dérange pas. Je suis prêt à relever le défi. »
Dans un SLUC en reconstruction, cette posture est essentielle. Elle donne le ton à un jeune groupe, encore en quête de repères.
All-Star Game : une parenthèse, pas une finalité
Sélectionné pour le All-Star Game LNB malgré sa blessure en début de saison, Stéphane Gombauld a été mis en lumière individuellement dans une première partie de saison contrastée collectivement (6 victoires et 9 défaites à l’issue de la phase aller). Une reconnaissance qu’il relativise immédiatement. « C’est une récompense pour une bonne première partie de saison. » Mais pas question de s’y attarder. « On y va, on joue, on s’amuse, mais il faut vite switcher. »
Car le contexte du SLUC impose d’autres priorités. « Après le All-Star Game, je me suis vite reconcentré sur le club. On a des objectifs importants. » Car Nancy ne veut pas décrocher de la course pour le play-in, après avoir sécurisé le maintien bien entendu.

L’axe Goudou-Sinha – Gombauld, colonne vertébrale du projet
Le retour d’Enzo Goudou-Sinha a immédiatement redonné des repères au jeu nancéien. Pour Gombauld, cette connexion est à la fois technique et humaine. « On se parle beaucoup, parce qu’on veut savoir comment jouer ensemble de la meilleure des manières. »
Leur relation s’exprime surtout dans le jeu à deux, devenu central dans l’attaque du SLUC. « Enzo est un très bon passeur, très dangereux à 3-points. On aime se trouver sur des situations de pick and roll, de short roll, de long roll. »
Déjà partenaires en équipe de France jeune (génération 97-98, les deux hommes construisent aujourd’hui une nouvelle version de leur duo. « On essaie de trouver les bons automatismes, de comprendre ce que l’autre aime faire. » Un travail de fond, indispensable à la progression collective.
Sylvain Lautié : continuité humaine, adaptation sportive
Les retrouvailles avec Sylvain Lautié étaient attendues. Elles se sont faites naturellement, dans une relation déjà éprouvée. « On a vécu des choses incroyables ensemble. »
Mais si le lien reste intact, le contexte, lui, a changé. « Le niveau du championnat augmente, l’équipe n’est plus la même. Il y a huit nouveaux joueurs. »
Le coach doit composer, ajuster, reconstruire avec un groupe composé de jeunes joueurs, comme l’autre All-Star du groupe, Landers Nolley II. « On essaie de s’adapter à cette nouvelle équipe, de comprendre les forces et les faiblesses de chacun. »
La clé, selon Gombauld, reste la communication. « On se dit les choses. Il y a une vraie transparence entre nous. »

Un rôle de cadre qui dépasse le terrain
Avec son vécu, Stéphane Gombauld n’est plus seulement un intérieur performant. Il est devenu un repère. Un rôle qu’il partage notamment avec le capitaine, Enzo Goudou-Sinha. « J’essaie d’être plus vocal, d’avoir beaucoup de communication (…) Avec Enzo, on aime beaucoup motiver l’équipe. »
Cette responsabilité, il la vit comme une étape personnelle. « C’est un rôle différent que je prends à cœur. Ça me permet aussi de grandir en tant qu’homme. »
Dans un effectif jeune, sa présence, sa connaissance du championnat et surtout du contexte locale sont précieuses.
La constance, dernier palier à franchir
Si la progression du SLUC est perceptible, Gombauld identifie clairement le chantier prioritaire : la constance. « On a de très bonnes séquences et de moins bonnes. »
Le problème n’est pas le plafond du groupe, mais la régularité. Une exigence nécessaire pour franchir un cap. « Il faut réussir à avoir plus souvent de bonnes séquences durant le match (…) Avoir plus de bonnes séquences nous rendra plus confiants. On veut jouer du beau basket pour les supporters. »
Une maturité forgée à l’étranger
Son passage hors de France a profondément transformé son jeu. « Mon intelligence de jeu a beaucoup évolué. » Lecture des situations, gestion des fautes, placement : autant de détails qui font la différence. « Tous ces petits détails sont importants pour une équipe. » L’intérieur n’hésite plus à prendre des tirs extérieurs.

Et malgré le chemin parcouru, l’envie de progresser reste intacte. « Il y a toujours de la marge. Je vais continuer à travailler, à faire des sacrifices, pour devenir le meilleur joueur possible. »
Le constat est lucide et partagé. Le SLUC avance, parfois par à-coups, avec un groupe encore en construction mais des fondations identifiées. Pour Stéphane Gombauld, l’enjeu est désormais collectif : stabiliser le niveau de jeu, réduire les temps faibles et transformer le potentiel aperçu par séquences en continuité sur 40 minutes. C’est à ce prix que Nancy pourra pleinement mesurer jusqu’où cette équipe est capable d’aller.


























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