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ITW Yannis Morin, l’aventure nippone : « Le basket japonais a pris le bateau, et ça va exploser »

Dans sa deuxième saison au sein de la B.League, le championnat japonais, Yannis Morin nous raconte son aventure nippone. Une expérience riche, après ses années en LNB et ses piges réussies en Liga Endesa.
ITW Yannis Morin, l’aventure nippone : « Le basket japonais a pris le bateau, et ça va exploser »

Yannis Morin joue depuis deux saisons au Japon

Crédit photo : B League

Après plusieurs saisons solides en France suivies d’un passage remarqué en Espagne, l’intérieur français Yannis Morin (2,08 m, 32 ans), à l’image de Damien Inglis ou Sékou Doumbouya, a choisi l’exil nippon pour donner une nouvelle dimension à sa carrière. Entre la découverte d’un basket physique et une adaptation culturelle réussie aux côtés de sa compagne, il se confie sur cette nouvelle étape de sa carrière chez les Toyama Grouses, après une première saison à Akita.

Tout s’est accéléré lors de son passage à Murcie. Alors que Roanne venait de descendre en Elite 2 (Pro B), Yannis saisit l’opportunité de disputer les playoffs en Liga Endesa. Une décision charnière, grâce au réseau de son agent de l’époque, Louis Trohel.

« Cette collaboration m’a permis de disputer les playoffs en ACB avec Murcie. Personnellement, je l’ai vu comme une très grande chance dans ma carrière pour montrer le meilleur de moi-même, avec à la clé une finale face au Real Madrid », confie Yannis Morin.

Yannis Morin s'éclate dans le championnat japonais
Yannis Morin s’éclate dans le championnat japonais (photo : B.League)

Le déclic : de l’Espagne au “Soleil Levant”

Si le club d’Akita (B.League) le suivait déjà, c’est cette campagne espagnole qui a fait exploser sa cote. Malgré des offres en BCL (Ligue des Champions), c’est l’approche humaine du coach japonais Kenzo Maeda qui fait pencher la balance.

« J’ai reçu la demande la plus humaine venant d’un coach de ma carrière. Après une période compliquée à Roanne, entendre toute cette confiance placée en moi, alors qu’il n’avait vu que des vidéos de mes performances, a vraiment été l’élément déclencheur. »

Si le Martiniquais relativise l’éloignement avec ses proches — lui qui est parti très tôt de chez lui pour rejoindre le célèbre centre de formation du Cholet Basket — ce saut vers l’inconnu, il ne se voyait pas le faire seul. Pourtant new-yorkaise de cœur et peu attirée par le Japon au départ, son épouse finit par être conquise, devenant, à en écouter l’intérieur tricolore, le pilier de sa réussite.

« Elle fait beaucoup de sacrifices pour me suivre. Je m’efforce d’être toujours au sommet de mes capacités pour qu’elle soit fière de moi », dit-il avec émotion.

L’immersion dans la B.League : un championnat ultra-compétitif et ambitieux

Ne vous y trompez pas, on ne vient pas au Japon pour une pré-retraite. Avec 66 matchs par saison et un rythme effréné de back-to-back (matchs samedi et dimanche), auxquels s’ajoute souvent une rencontre le mercredi, l’exigence est totale. « C’est le niveau le plus physique auquel j’ai joué de ma carrière. »

80 à 90 % des intérieurs qu’il affronte sont issus de la NBA ou de l’EuroLeague. Dans cette ligue fermée, sans limite financière, Yannis Morin se retrouve face à des gabarits hors normes et des noms bien connus, comme Jahlil Okafor (2,08 m, 30 ans). En plus de l’intensité physique, la pression est constante : avec seulement deux étrangers autorisés simultanément sur le terrain, l’erreur n’est pas permise. Le retour sur investissement est attendu immédiatement. Pourtant, le poste 5/4 ne s’en plaint pas, bien au contraire : il s’en délecte, affichant un visage revanchard et appréciant la rudesse des contacts que les arbitres laissent jouer.

Yannis Morin en coast to coast
Yannis Morin en coast to coast (photo : B.League)

Des infrastructures dignes de la NBA

Ce qui a également frappé l’ancien joueur de la Chorale de Roanne, c’est le saut qualitatif monumental des structures d’accueil. On est loin des standards européens classiques : ici, tout est pensé pour la performance de haut niveau.

« Concernant les infrastructures, cela se rapproche énormément de ce que j’ai pu voir lors de mes passages en Summer League NBA », note Yannis.

Le staff médical est ultra-complet, permettant de tenir le choc d’une saison à 66 matchs. Le Japon a clairement « pris le bateau » de la modernité et ne compte pas s’arrêter là. Dès la saison prochaine, la ligue imposera des critères drastiques pour accroître sa visibilité : des salles de 6 000 places minimum, des centres d’entraînement dernier cri et une affluence garantie. L’objectif est affiché sans complexe : se rapprocher du niveau de l’EuroLeague. Pour y parvenir, les clubs n’hésitent plus à sortir le carnet de chèques afin d’attirer des CV prestigieux comme celui de Jahlil Okafor, preuve que, financièrement, les limites ont disparu.

Yannis Morin a quitté la Liga Endesa pour la B.League en 2024
Yannis Morin a quitté la Liga Endesa pour la B.League en 2024 (photo : B.League)

Une culture de respect et de bienveillance

Au Japon, le basket est avant tout un spectacle où la discipline règne. Pas de chants de supporters debout, mais une ferveur immense, exprimée à travers le merchandising et le respect strict des règles.

« C’est très mal vu de s’emporter contre un arbitre. Les fans sont très bienveillants, même dans la défaite. Ils achètent tous les goodies pour nous soutenir ou pour les offrir à nos femmes. »

Au quotidien, la barrière de la langue reste un défi : « Notre application ici, c’est Google Traduction, on ne va pas se mentir ! Mais on prend des cours pour se débrouiller. »

L’avenir : Toyama… et les Bleus

Désormais représenté par l’agent américain Charles Misuraca (Slash Sports), qui possède le plus gros réseau au Japon, Yannis Morin se projette sur le long terme. Malgré une fin d’aventure avec Akita en 2025 — « C’est le club qui a décidé de ne pas poursuivre avec moi » — il a rapidement rebondi chez les Toyama Grouses, après un nouveau détour par l’Espagne au printemps dernier.

Et l’équipe de France dans tout ça ? La porte n’est absolument pas fermée. Par le passé, Edwin Jackson était revenu de Chine pour disputer des matches de fenêtre internationale. Lui qui a déjà côtoyé le groupe France dans le même cas de figure reste éligible.

« Je ne dirai jamais non à l’équipe de France. Si mes performances au Japon me permettent d’accéder à l’équipe nationale, ce sera avec grand plaisir. Ce serait une réelle reconnaissance pour le niveau du basket ici. »

Alors que de nombreux joueurs s’intéressent à cette « nouvelle » destination qu’est le Japon, Yannis Morin prévient :

« Il faut être prêt mentalement, car physiquement c’est très fort. Mais le basket japonais a pris le bateau, et ça va exploser. »

À la croisée des cultures et des ambitions, Yannis Morin incarne parfaitement cette nouvelle vague de joueurs pour qui le Japon n’est plus une alternative exotique, mais une véritable terre d’exigence et d’opportunités.

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