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Noël avant l’heure en 2021 pour Michel Veyronnet : sa nouvelle vie imprévue à l’ASVEL

Comme quoi, même à l’approche d’une retraite bien méritée, un café peut tout changer. Le matin de la finale de Jeep ÉLITE entre l’ASVEL et Dijon au Kindarena, Tony Parker propose à Michel Veyronnet (64 ans) de se rencontrer. Pour discuter du bon vieux temps pensa-t-il certainement, loin d’imaginer qu’il allait se voir offrir le poste de directeur sportif du plus grand club français. « Puis, lors de la conversation, Tony m’informe qu’il y a l’opportunité de prendre la place de François Lamy qui avait décidé de partir », nous raconte le natif de Deville-lès-Rouen. « Il me dit de réfléchir mais que si ça m’intéresse, l’ASVEL est prête à m’accueillir. »

Nous sommes alors le 26 juin et le successeur de l’actuel GM adjoint du Zalgiris Kaunas est censé prendre son poste au 1er août. Mais heureusement, dans ce genre de cas, l’hésitation ne s’éternise pas… « Bien évidemment, quand on a une proposition pareille venant d’un club aussi prestigieux et d’un président aussi charismatique, on réfléchit mais pas trop longtemps », sourit-il. « Quinze jours après, j’avais pris ma décision. C’est quand même une très belle opportunité. »

« Une forme de reconnaissance de toute ma carrière »

Soit un immense chambardement en vue du 1er août, date de sa prise de poste à Lyon-Villeurbanne, pour celui qui n’avait connu que la Normandie jusque-là : d’abord avec les féminines du SPO Rouen, puis un crochet de deux ans par l’ALM Évreux (1993/95) histoire d’envoyer le club eurois en Pro A, avant de retourner au SPOR et d’y vivre sa grande aventure professionnelle (1996/2012), de la Nationale 3 à la Pro A, empilant les titres de champion de France (de NM3 en 1998, de NM2 en 2000 et de NM1 en 2003). « Ah, c’est sûr que c’était complètement imprévu », admet le meilleur coach 2007/08 de Pro B. « Je pensais vraiment finir ma carrière à Rouen, là où j’avais presque fait tout mon parcours de joueur et de dirigeant », lui qui était GM du RMB depuis cinq ans.

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Michel Veyronnet sur le banc rouennais en octobre 2011
(photo : Vincent Janiaud, pour qui nous avons une pensée, cinq ans après sa disparition)

Personne n’aura manqué de relever que l’arrivée de Michel Veyronnet à l’Astroballe constitue un membre de plus au sein de la diaspora normande de l’ASVEL (les Parker, Gaëtan Muller, Nicolas Batum, Pierric Poupet, Joseph Gomis…). Le Seinomarin, ex-professeur d’EPS et cadre à la DRJSCS (direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale), est ainsi un ami de la famille Parker, proche de Tony depuis son plus jeune âge. Tout au long de la carrière du meilleur joueur français de l’histoire, les deux hommes sont restés en contact, TP invitant par exemple son aîné à venir assister à son deuxième sacre NBA en 2005 contre les Detroit Pistons. « J’ai la chance et l’honneur de connaitre Tony depuis quelques temps », acquiesce le directeur sportif villeurbannais. « Mais vous savez, Tony est un homme d’affaire avisé. Même quand il connait les gens, il ne leur propose pas de venir travailler pour eux. C’est pour moi une forme de reconnaissance de toute la carrière que j’ai pu avoir en tant qu’entraîneur et dirigeant. » Manière de préciser que les compétences ont évidemment prévalues sur le relationnel…

Bouleversement personnel et professionnel

Après cinq mois d’activité à l’ASVEL, difficile d’établir un premier bilan de l’action de Michel Veyronnet. Le Rouennais n’a notamment pas participé au recrutement, déjà bouclé de son arrivée, mais a pleinement plongé dans sa nouvelle vie. Où le plus grand changement est d’abord humain. « Je suis parti tout seul à Lyon », avoue-t-il, tel un bachelier quittant sa famille pour partir faire ses études ailleurs. « J’ai laissé femme, enfants et petits-enfants à Rouen. Je n’avais pas quitté mon épouse depuis 44 ans ! Mais d’un côté, il y a une telle charge de travail que ce n’est pas plus mal. » Le volet professionnel, justement… En tant que nouveau manager, quel est le rôle concret de Veyronnet, sorte de lien entre le domaine sportif et administratif à Lyon-Villeurbanne ? « C’est de mettre de l’huile dans les rouages », nous répond-il. « J’essaye de coordonner le travail de tout le monde, d’une équipe de joueurs très importante avec 15 professionnels et d’un staff très conséquent avec quatre entraîneurs, deux coachs individuels, deux préparateurs phsiques, trois kinés, deux intendants et une assistante administrative. » En somme, un rôle similaire à celui qu’il occupait au RMB, mais en version XXL. Les joutes de la Pro B ont ainsi laissé place aux sommets européens, presque inédit pour un homme qui n’avait connu que l’EuroBasket 2009 comme comparaison adéquate, en plus de trois saisons en Pro A, pour un seul maintien (en 2009 justement). Le dernier aspect de sa nouvelle vie… « C’est le plus haut niveau du basket français et européen. Le calendrier est démentiel avec deux compétitions imbriquées, la Betclic ÉLITE et l’EuroLeague. Physiquement et psychologiquement, ça peut être difficile à gérer. »

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Michel Veyronnet lors du match à Fos-sur-Mer le 4 décembre
(photo : Sébastien Grasset)

Si l’on ne peut préjuger de son action à Villeurbanne, peut-être que l’un des meilleurs moyens de se rendre compte de l’influence de Michel Veyronnet est malheureusement de regarder du côté de Rouen. Encore inexistant contre Saint-Vallier jeudi à domicile (69-92), le RMB est lanterne rouge de Pro B, avec deux petits succès au compteur. Un déchirement pour son ancien bâtisseur. « On est toujours malheureux quand on a œuvré pendant plus de 20 ans pour qu’un club se situe de manière honorable dans les championnats de Pro A et Pro B de voir que ça ne tourne pas dans le bon sens cette année. Je souhaite sincèrement qu’ils arrivent à trouver la solution pour arriver à se maintenir en Pro B. Une mauvaise saison, ça peut arriver et cela ne resterait alors qu’une péripétie et ils pourraient ensuite repartir du bon pied. Mais il faut faire attention, descendre de Pro B en NM1, ça peut vite devenir très difficile ensuite. » Loin des yeux, près du cœur, toujours, pour Michel Veyronnet, mais il a désormais d’autres objectifs. Pendant que son club de (presque) toujours jouera sa survie en LNB, lui visera le trophée de champion de France et, idéalement, les playoffs de l’EuroLeague.

 

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