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Pourquoi la FFBB a organisé un tournoi déficitaire… pour viser la Coupe du monde 2031

Jean-Pierre Hunckler et la FFBB ont assumé l’organisation du tournoi de qualification à la Coupe du monde féminine à Villeurbanne, malgré un déficit annoncé. Un choix stratégique, entre relations avec la FIBA et ambition d’accueillir une Coupe du monde en France.
Pourquoi la FFBB a organisé un tournoi déficitaire… pour viser la Coupe du monde 2031

Marième Badiane et l’équipe de France ont remporté leurs cinq matches à l’Astroballe

Crédit photo : Marie Bassery
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La question peut surprendre : pourquoi organiser un tournoi de qualification à la Coupe du monde féminine avec un objectif quasiment rempli d’avance pour l’équipe de France, qui se sont retrouvés face à des adversaires de moindre standing international, comme les Philippines, la Colombie ou la Corée du Sud, tout en sachant qu’il serait déficitaire ?

Derrière cette décision, la FFBB et son président Jean-Pierre Hunckler poursuivent une logique bien plus large que le simple résultat sportif.

Un investissement pour peser auprès de la FIBA

Si le tournoi disputé à l’Astroballe de Villeurbanne devrait afficher un léger déficit sur le plan économique (on parlait d’une perte sèche de 100 000 à 200 000 euros dans les calculs en amont de l’évènement), il s’inscrit dans une stratégie d’influence auprès de la FIBA.

En organisant ce type d’événement, la Fédération française de basket (FFBB) cherche à démontrer son savoir-faire organisationnel : capacité à remplir une salle, qualité des infrastructures, logistique maîtrisée (hôtels, accueil des délégations, etc.). Autant de critères essentiels pour prétendre à l’organisation de compétitions majeures.

Dans un contexte où la France ambitionne d’accueillir la Coupe du monde masculine 2031, il s’agit clairement de “montrer patte blanche”.

Une répétition générale pour des ambitions mondiales

Jean-Pierre Hunckler ne s’en cache pas. Dans les colonnes du Progrès, le président de la FFBB confirme que la Fédération est en veille active sur les futures attributions :

« On regarde les opportunités. (…) Ce sont de grosses organisations et la FIBA souhaiterait que cela se déroule dans un seul pays. »

Avec des infrastructures comme la LDLC Arena ou l’Astroballe, la région lyonnaise pourrait d’ailleurs s’inscrire dans un éventuel dossier.

Au-delà du simple tournoi, c’est donc un test grandeur nature pour un projet bien plus ambitieux.

Un succès populaire malgré tout

Sur le plan de l’engouement, l’opération reste réussie. Plus de 22 000 billets ont été vendus sur l’ensemble du tournoi, avec une salle comble le samedi et quasiment pleine le dimanche.

« C’est le tournoi (de qualification) où il y a eu la plus grosse affluence des quatre », souligne Jean-Pierre Hunckler.

La capacité à remplir la salle, y compris sur les matchs de l’après-midi, a particulièrement été appréciée par la FIBA, un point clé dans l’évaluation des organisateurs.

Le rôle du tissu local

La localisation à Villeurbanne n’est pas anodine. La région Auvergne-Rhône-Alpes dispose d’un fort ancrage basket, notamment féminin, avec une proportion de licenciées supérieure à la moyenne nationale.

Les comités départementaux ont également contribué au succès en achetant un grand nombre de places, participant à l’ambiance et à la visibilité de l’événement.

L’objectif : reconnecter les Bleues avec leur public

Au-delà des enjeux politiques et économiques, la FFBB avait aussi une ambition plus directe : remettre l’équipe de France féminine devant son public après sa médaille d’argent olympique.

« On voulait permettre au public de revoir cette équipe vice-championne olympique sur le sol français », explique le président.

Dans un calendrier chargé et en pleine saison, ce tournoi offrait aussi l’avantage de limiter les déplacements et la fatigue pour les joueuses, tout en sécurisant la qualification. C’est mission accomplie.

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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