Quart de finale d’Euroleague : quelles sont les chances de Monaco face à l’Olympiakos d’après les stats avancées ?

Une vraie bataille entre Monaco et l’Olympiakos
Malgré une saison compliquée extra sportivement, Monaco est parvenu à se qualifier pour la cinquième fois de suite pour les play-offs d’EuroLeague. Fraîchement vainqueurs de la Coupe de France, les Monégasques devront affronter dans quelques heures la meilleure équipe d’Europe cette année, à savoir l’Olympiakos, qu’ils ont déjà réussi à battre à deux reprises cette saison (87-92 et 81-80).
🅶🅰🅼🅴 🅳🅰🆈
🆚 @Olympiacos_BC
📍 Peace and Friendship Stadium
🕘 20:15
🏀 @EuroLeague
⚔️ Playoffs Game 1
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Une série déséquilibrée sur le papier
Le club grec dispose d’un effectif pléthorique plus long que le monégasque, surtout si l’absence de Nikola Mirotic, au moins pour le début de la série, se confirme. Ainsi, il existe une interrogation sur la capacité qu’aura la Roca Team à enchaîner les rencontres avec un effectif plus court que son adversaire, d’autant plus que les Monégasques sont déjà bien engagés dans un marathon du fait de leur finale de Coupe de France remportée face au Mans (83-87) et de leur deux matches de play-in d’EuroLeague face au Panathinaïkos et Barcelone. L’équipe du Pirée part donc avec un avantage en termes de profondeur de banc et de fraîcheur physique. D’autant plus que, comme l’indique sa première place de la saison régulière, les Athéniens sont très compliqués à jouer.
Le collectif très bien huilé de l’Olympiakos
L’Olympiakos dispose de l’attaque la plus efficace de la compétition reine en Europe. Son offensive rating (nombre de points marqués pour 100 possessions) s’élève à 122,6 unités. La philosophie de jeu de son coach Georgios Bartzokas est basée sur le partage et la bonne circulation de balle pour obtenir un maximum de tirs ouverts. Cela se traduit directement dans les chiffres puisque c’est l’équipe qui dispose du ratio de passes décisives (nombre de passes décisives sur 100 possessions) le plus important de la compétition avec 25,2% mais juste devant… Monaco et ses 24,7%. Dans ce domaine, le meneur Thomas Walkup excelle. Quand il est sur le terrain, le ratio de passes décisives de son équipe atteint 47,5%, soit le meilleur de la ligue. Les joueurs de Monaco devront donc être très disciplinés sur les rotations défensives s’ils ne veulent pas subir les foudres du meilleur collectif offensif d’Europe.
Si collectivement l’Olympiakos impressionne, c’est aussi car il a beaucoup de talents à sa disposition pour convertir les tirs tentés en paniers marqués, à l’instar de Tyler Dorsey et de Sasha Vezenkov. Le premier est un arrière scoreur d’élite qui tourne cette saison en EuroLeague à 17 points par match à 41,9% de réussite à trois points. Le second vient de finir MVP de la saison régulière. Son bras extraordinaire, associé à son excellent jeu sans ballon et à la capacité qu’ont ses coéquipiers à bien faire bouger le ballon, lui permet d’être le meilleur marqueur d’EuroLeague avec 19,4 points inscrits par rencontre, sans pour autant monopoliser le ballon. Les deux joueurs seront bien évidemment à surveiller de très près mais, malheureusement pour les Monégasques, le danger vient de partout chez leurs adversaires.
Un joueur comme Nikola Milutinov (2,13 m, 31 ans), le meilleur rebondeur d’EuroLeague (10,6 points et 7,1 rebonds) et élu meilleur pivot de la compétition, est un point d’ancrage à l’intérieur difficilement arrêtable dos au panier. Mais il faut aussi citer l’arrière français Evan Fournier (11 points), dont la capacité à prendre feu en attaque est connue. De plus, à l’intersaison, le club grec a signé l’ex-parisien Tyson Ward (7,1 points) qui endosse le rôle de facilitateur de jeu à la perfection et qui permet à son équipe, pourtant déjà performante, de passer à un autre niveau comme en témoigne l’offensive rating de l’Olympiakos quand il est sur le terrain (127,6 points).
Monaco face à la meilleure efficacité globale d’Euroleague
L’ASM aura fort à faire pour contrer l’armada offensive athénienne, or de l’autre côté du terrain aussi, la bataille s’annonce aussi rude. En effet, l’Olympiakos n’est pas seulement qu’une excellente attaque, c’est aussi une défense très efficace. Les joueurs du coach Bartzokas se classent en troisième position au defensive rating (nombre de points encaissés pour 100 possessions) avec 114,0 points. Des joueurs comme Frank Ntilikina (1,93 m, 27 ans) et Thomas Walkup (1,93 m, 33 ans) sont des spécialistes du domaine sur les lignes arrières et représenteront un défi de taille pour Mike James (1,85 m, 35 ans) (16,6 points et 6,6 passes décisives) et Élie Okobo (1,91 m, 28 ans) (11,4 points et 4,9 passes décisives). L’équipe du Rocher devra donc batailler avec une équipe très efficace des deux côtés du terrain comme l’indique le net rating (différence entre l’offensive et le defensive rating) des Grecs qui s’élève à +8,6, soit le plus grand d’EuroLeague. A ce net rating, l’équipe de Manuchar Markoishvili est elle aussi performante. Elle est cinquième avec +4,3 (120,4 d’offensive rating (4e) et 116,1 de defensive rating (9e).
Les quatre facteurs les plus importants pour remporter le match
Dans son livre Basketball on Paper, l’analyste Dean Oliver a montré que les quatre facteurs clés qui permettent d’augmenter drastiquement ses chances de gagner un match sont :
- l’eFG% (pourcentage de réussite ajustée au tir dans le jeu),
- le TOV% (pourcentage de balles perdues),
- l’OREB% (pourcentage de rebonds offensifs),
- et le FT Rate (part des lancers francs tentés sur l’ensemble des tirs dans le jeu).
Ils sont classés en fonction de leur degré d’importance et doivent être lus des deux côtés du terrain.
Comme évoqué précédemment, l’Olympiakos a de très nombreux atouts offensifs à faire valoir. Cela se traduit par le fait que c’est la troisième équipe la plus forte à la réussite ajustée au tir dans le jeu (eFG%) avec 57,2%. Les Monégasques tournent eux à un eFG% de 55,4% (7e) et n’ont donc pas l’avantage dans ce domaine, notamment car Mike James (47,8% d’eFG%) a tendance à prendre des tirs primés (32,3% de réussite), plus compliqués que ceux des joueurs du Pirée qui obtiennent plus de tirs ouverts grâce à leur meilleure circulation de balle.
Dans la préservation du ballon, c’est Monaco qui performe le mieux car c’est l’équipe d’EuroLeague qui perd le moins de ballon en proportion avec seulement 12,6% de ses possessions qui se terminent par une balle perdue. Les Athéniens sont plus proches de la moyenne du championnat avec 14,5% de balles perdues (9e).
Prendre des rebonds offensifs permet d’obtenir des potentiels points sur secondes chances et dans ce domaine aussi l’Olympiakos est impressionnant. Il prend 36,5% de ses rebonds offensifs jouables (2e), en grande partie grâce à Nikola Milutinov, le meilleur rebondeur offensif de la compétition avec ses 3,1 prises en seulement 21,8 minutes par match. Monaco a plus de mal dans ce secteur car il n’en prend que 30,6% (13e).
De plus, le club de la principauté a une tendance à obtenir une proportion de lancers francs sur ses tirs tentés dans le jeu inférieure à celle du club du Pirée, bien que bonne. Le FT Rate de Monaco s’élève à 34,6% (3e) et celui de l’Olympiakos à 37,6% (1er). Cela est intéressant car une équipe qui va souvent sur la ligne des lancers francs obtient, en théorie, plus de points faciles. Cette différence est d’autant plus préjudiciable du fait que l’adresse au lancer franc des Grecs (81,3%, 3e) est supérieure à celle des Monégasques (80,6%, 5e).
Si, sur les facteurs offensifs, Monaco est au global moins performant que l’Olympiakos, c’est aussi le cas pour les facteurs défensifs
Alpha Diallo (2,01 m, 28 ans) et ses coéquipiers sont légèrement plus forts que les leaders de la saison régulière pour réduire la réussite globale au tir dans le jeu de leurs adversaires et leur forcer des balles perdues. En effet, l’eFG% des adversaires des Roca Boys est en moyenne de 55,1% (10e) contre 55,4% (13e) côté grec et 15,0% (10e) des possessions des adversaires de la Roca Team se sont terminées par une balle perdue contre 14,7% (11e) pour les adversaires de l’Olympiakos.
Les Monégasques ont également bien plus de mal que les Athéniens quand il s’agit de sécuriser leur rebond défensif car leurs adversaires prennent en moyenne 33,7% (18e) de leurs rebonds offensifs jouables, alors que l’Olympiakos ne laisse en route que 30,5% (4e) de ses rebonds défensifs à sécuriser. Ainsi, connaissant la capacité des grecs à prendre des rebonds offensifs (voir plus haut), les Monégasques devront monter leur niveau au rebond défensif s’ils ne veulent pas offrir trop de secondes chances à leur vis-à-vis.
Enfin, les deux équipes font partie de celles qui ont le moins tendance à permettre à leurs adversaires de se retrouver régulièrement sur la ligne des lancers francs. Le FT Rate des adversaires de Monaco est de 28,2% (6e) et celui de l’Olympiakos est encore meilleur car il est de 24,5% (1er).
Conclusion: les grecs, largement favoris mais …
Sur le papier, tous les indicateurs penchent clairement en faveur de l’Olympiakos Le Pirée. Plus complet, plus profond, plus efficace des deux côtés du terrain, le leader de la saison régulière d’EuroLeague aborde cette série avec le statut logique de grand favori.
Mais l’AS Monaco Basket a déjà prouvé cette saison qu’elle pouvait faire tomber cette armada grecque. Forte de sa dynamique récente et de sa capacité à élever son niveau dans les grands rendez-vous, la Roca Team possède des arguments pour bousculer la hiérarchie. À condition de livrer une série quasi parfaite, notamment dans les domaines du rebond et de la discipline défensive, Monaco peut espérer exister.
Plus qu’un simple affrontement déséquilibré, cette série pourrait bien se transformer en test de caractère pour les Monégasques. Et dans un format playoffs, où chaque match raconte une histoire différente, le favori n’est jamais totalement à l’abri.























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