Un MVP d’EuroLeague naturalisé par le Qatar en vue de la Coupe du Monde ?

Le Qatar souhaite attirer le MVP d’EuroLeague 2024-2025 dans sa sélection nationale
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À partir de 5€Essai gratuitHôte de la prochaine Coupe du Monde FIBA en 2027, le Qatar ne compte pas faire de la figuration à domicile. Pour marquer le coup et exister sportivement lors de ce tournoi qui se déroulera à Doha, la fédération qatarie a décidé de frapper fort en s’attachant les services d’un joueur XXL.
En effet, selon les informations de notre confrère grec Harris Stavrou pour Sport24, le Qatar aurait agi dans le plus grand secret pour convaincre l’une des figures de proue du basket européen actuel, Kendrick Nunn (1,95 m, 30 ans), de devenir son joueur naturalisé pour les cinq prochaines années.
Qatar found their naturalized player ahead of the 2027 Basketball World Cup.
According to SPORT24 sources, Kendrick Nunn will sign a 5-year deal to become Qatar's main guy going forward.
— Harris Stavrou (@harris_stavrou) June 9, 2026
Kendrick Nunn, l’arme fatale qatarienne ?
S’il faut encore le présenter, Kendrick Nunn (1,95 m, 30 ans) s’est imposé comme l’un des attaquants les plus redoutables du Vieux Continent depuis son arrivée au Panathinaïkos à l’automne 2023. Ancien joueur du Miami Heat et des Los Angeles Lakers en NBA, le combo-guard gaucher a réalisé une adaptation express au jeu européen.
MVP de la saison régulière d’EuroLeague en 2024-2025, devançant notamment T.J. Shorts, après une campagne des plus marquantes (21,1 points de moyenne), Nunn est resté sur des standards très élevés cette saison encore. Bien que son équipe ait échoué à atteindre le Final Four d’EuroLeague, l’Américain tournait à 18,3 points, 2,7 rebonds et 3,5 passes décisives par match, lui permettant d’intégrer le deuxième meilleur cinq de la compétition.
Une offre « à huit chiffres » impossible à refuser
Ce n’est pas la première fois qu’une nation tente d’attirer Kendrick Nunn dans ses filets. La Turquie avait en effet sérieusement envisagé de le naturaliser pour l’EuroBasket 2025, avant que le président Hidayet Türkoğlu ne choisisse finalement de maintenir sa confiance en Shane Larkin.
Cependant, l’insistance qatarie, ou plutôt sa démesure, semble avoir porté ses fruits cette fois-ci. Pour arracher son accord, le Qatar aurait mis sur la table une offre financière « à huit chiffres ». Certaines sources évoquent un contrat de cinq ans assorti d’un montant global de 10 millions d’euros. Face à une telle proposition, le natif de Chicago aurait cédé, préférant ce nouveau défi au projet turc qui lui faisait également les yeux doux. Sauf retournement de situation, Kendrick Nunn sera donc la tête d’affiche du Qatar pour le Mondial 2027.
Des enjeux de soft power évidents
Si l’obtention de l’organisation de la Coupe du monde 2027 à Doha constituait déjà une victoire de prestige pour le Qatar, la naturalisation de Kendrick Nunn fait basculer la stratégie de soft power de l’émirat dans une nouvelle dimension. Jusqu’ici, le micro-État s’était surtout illustré par un soft power « structurel » — matérialisé par la construction d’infrastructures pharaoniques et le financement de grands événements. Sa première victoire remonte à 2010, lors l’émirat avait obtenu l’organisation de la Coupe du monde de Football 2022, aux dépens des Etats-Unis (qui l’organise en 2026). Tout un symbole, alors que des états voisins existent aussi sur la scène internationale au travers de Grand Prix de Formule 1 par exemple.
Maintenant, avec Kendrick Nunn (1,95 m, 30 ans), le Qatar active désormais un soft power de performance, où la légitimité ne s’achète plus seulement en tribunes, mais se gagne directement sur le parquet. Historiquement reléguée au-delà de la 100e place mondiale au classement FIBA, la sélection qatarie fait face à un défi de taille : éviter le naufrage sportif à domicile en 2027. En s’attachant les services d’un joueur au CV NBA ronflant et dominant en EuroLeague, l’émirat cherche à s’offrir une crédibilité immédiate. Puis, habiller une star américaine aux couleurs nationales permet d’orienter le récit médiatique mondial vers l’héroïsme sportif, plutôt que vers les polémiques autour des droits humains ou de l’écologie, qui entâchent malgré tout la copie.
Face aux investissements massifs de l’Arabie saoudite ou des Émirats arabes unis dans le sport-spectacle, le Qatar veut prouver qu’il reste un carrefour du sport au Moyen-Orient, et au-delà. Pour Doha, cette Coupe du Monde ne doit pas être une simple vitrine passive, mais le théâtre d’une histoire sportive. Et pour que le spectacle soit total, le Qatar a choisi sa locomotive : Kendrick Nunn.

























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