« De la Nationale 4 à la Coupe d’Europe, vous imaginez l’évolution ?! » : reportage dans les rues de Bourg-en-Bresse, une ville en fête

Ékinox, réception VIP, boîte de nuit puis hôtel de ville : le trophée de l’EuroCup s’est déjà bien baladé dans Bourg
Il y a des soirs où une ville est suspendue à un simple résultat sportif. Mardi, pendant que la JL Bourg arrachait son premier titre européen au bout du suspense (73-71), la ville de Bourg-en-Bresse s’est transformée en une immense salle de basket. Quatre fan zones, 3 500 supporters dans Ékinox, et des centaines d’autres dispersés dans les rues et les bars de la ville : personne n’avait envie de rater ce rendez-vous avec l’histoire. Et pour cause, remporter l’EuroCup était devenu un rêve pour les supporters bressans depuis l’épopée de 2024, stoppée en finale contre Paris.
Sous la pluie, ils ont quand même chanté
L’esplanade de la Comédie était peut-être la plus belle image de la soirée. « On ne pouvait pas rater ça », a-t-on entendu en débarquant sur le parvis. Organisée par la Ville de Bourg-en-Bresse, la fan zone a réuni près de 500 personnes devant un écran géant, malgré une météo très capricieuse. Un chiffre qui aurait évidemment été beaucoup plus haut avec du soleil : la semaine dernière, ils étaient un petit millier sous le soleil devant le match aller. Mais rien n’a entamé l’ardeur des supporters, avec des parapluies, k-ways, maillots blancs utilisés en guise de capuche. Entre les chants de « défense » et les cris de joie, le temps ne les a pas empêchés de faire la fête et de supporter leur équipes, même loin de la salle.

Chasse à la télé au Beau-Marché
Pour les plus téméraires, il fallait anticiper. Le Beau-Marché, le food-court tendance de la ville, était déjà plein à 18h, toutes les tables réservées, les places devant les télés prises d’assaut. Écharpes, t-shirts, les couleurs de la Jeu recouvraient la salle jusqu’aux serveurs. Le ton était donné.
« J’arrête le match du PSG, je regarderai après », lâchait un jeune encore dubitatif quant à l’équipe à supporter, symbole d’une soirée basket qui avait clairement pris le dessus sur le reste. Ici aussi, tous vibraient au rythme des actions, cris, applaudissements, suspense, stress… Et puis est arrivé le quatrième quart-temps, haletant, où tout le monde retint son souffle. Après la frayeur du tir clutch de Jonah Mathews (71-71), le temps-mort sembla une éternité alors qu’avec le décalage, certains avaient déjà vu le score final…
🗣️ "De la Nationale 4 à la Coupe d'Europe, vous imaginez l'évolution ?"
🎇 Fan zone sous la pluie, bars bondés, soirée VIP, réception à l'hôtel de ville…
🏆 Reportage dans les rues de Bourg-en-Bresse, une ville en fête après le sacre en #EuroCup
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— BeBasket (@Be_BasketFr) April 29, 2026
Puis la délivrance offerte par un Adam Mokoka héroïque : la salle a basculé dans l’euphorie, chants, explosions et sauts de joie, accolades, ont rythmé ces dernières minutes de folie avec tout un tas d’adjectifs pour décrire l’accomplissement : « Historique », « Incroyable », « Magique », « Légendaire », « Champion d’Europe », « On l’a fait ». Avant de finir en musique avec Queen évidemment et la Marseillaise.
« Vous imaginez l’évolution ? »
« C’est le plus beau trophée qu’on pouvait avoir. La coupe d’Europe, je trouve que c’est encore différent », nous raconte Clément, supporter de longue date. Car effectivement, le premier trophée majeur du club est celui qui ouvre les portes de l’EuroLeague. « C’est tellement mérité, le travail paye », continue Clément. « Vous imaginez l’évolution : on passe de la Nationale 4 à Amédée-Mercier à être champion d’Europe à Ékinox. C’est incroyable. » Une trajectoire qui résume à elle seule ce que représente ce titre pour un club et une ville qui ont gravi les échelons un à un.
Après le coup de sifflet final, l’explosion de joie s’est propagée bien au-delà des fan zones. Petits et grands sautant dans les bras les uns des autres, t-shirts qui tournent au-dessus des têtes, klaxons qui retentissent et feux d’artifice qui illuminent le ciel bressan : la fierté d’une ville entière s’est exprimée sans retenue.

Mais la soirée n’était pas terminée à Ékinox. Une salle annexe avait été exceptionnellement aménagée en immense salle des fêtes pour que les supporters puissent prolonger la célébration avec leurs joueurs. Après la réception VIP, les rideaux se lèvent, pour ne faire qu’une grande salle et accueillir les joueurs et staff sous une haie d’honneur. Tajuan Agee déambulait avec le trophée, offrant de beaux souvenirs à ceux qui ont pu le toucher. Kevin Kokila, Adam Mokoka et le reste du groupe célébraient avec les supporters, comme si le titre appartenait à tout le monde.
Le trophée à l’hôtel de ville
Discours des partenaires, prises de parole des joueurs : la fête s’est poursuivie jusqu’au bout de la nuit. « C’est juste énorme, et surtout de le partager avec tout le monde, et les supporters bien sûr, qui nous suivent toute l’année », confiait Frédéric Fauthoux, micro tendu, visiblement ému de pouvoir célébrer ça à domicile.
Passons sur la courte nuit, ensuite prolongée dans les différents clubs de la ville, avec le trophée en guest star. Une petite sieste matinale pour certains, et rendez-vous au balcon de l’hôtel de ville à 12h30 pour présenter le trophée.
Les champions d’Europe reçus à la mairie de Bourg-en-Bresse et célébrés après une très courte nuit… pic.twitter.com/AqXlNtRjKI
— Alexandre Lacoste (@Alex__Lacoste) April 29, 2026
Quelques klaxons et des fumigènes pour continuer à célébrer ça, plusieurs centaines de supporters réunis sur la place de la mairie et chauffés par un Frédéric Fauthoux qui pourrait prétendre subtiliser à Arafat Gorrab son rôle d’animateur de salle. « Freddy, tu nous as appris à gagner mais nous, on t’a appris à gagner une Coupe d’Europe », s’est d’ailleurs amusé le speaker.

Après avoir fendu la foule pour recevoir une haie d’honneur, chaque joueur a pu présenter le trophée, où la catastrophe a d’ailleurs été évitée de justesse quand Khadim Kane a manqué de trébucher sur la marche. À l’applaudimètre, trois hommes ont gagné : le MVP Adam Mokoka, le coach Frédéric Fauthoux et le capitaine Kevin Kokila. Qui promenait ensuite son large sourire lors de la réception organisée par la mairie : « J’ai eu peur en me réveillant ce matin que ce ne soit qu’un rêve et qu’on ait match ce soir. » Mais oui, c’était un rêve. Sauf que celui-là était bien réel.
Par Simon Badet, avec Alexandre Lacoste dans les rues de Bourg-en-Bresse
























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