Entraîneur mythique du Partizan, passé par Limoges, Dusko Vujosevic est décédé

Dusko Vujosevic est décédé à l’âge de 67 ans
Il était tellement une légende du Partizan que son visage s’affichait depuis trois ans à proximité du parc Kalemegdan, le poumon de Belgrade et l’un des plus grands lieux culturels du pays : aux côtés de Zeljko Obradovic, l’autre entraîneur mythique du club, son sourire était représenté dans les rues de la capitale serbe, cerné de cœurs noirs et blancs, les couleurs du Partizan.
Aucun doute que cette fresque va désormais être couverte de fleurs, de bougies et de multiples hommages puisque Dusko Vujosevic s’est éteint ce mercredi à l’âge de 67 ans.
ZBOGOM DUŠKO.🕊️
Porodica Vujošević i Košarkaški klub Partizan, primili su vest da je danas, 8. aprila, preminuo legendarni Duško Vujošević! Supruga Ana i sin Luka, potvrdili su informaciju od koje su svi strahovali nakon što se neponovljivom crno-belom generalu pogoršalo… pic.twitter.com/LAw8lkneJt
— KK Partizan Mozzart Bet (@PartizanBC) April 8, 2026
Retiré des bancs depuis un passage à Cluj-Napoca en 2021, il luttait depuis des années contre de graves problèmes de santé (rein, poumon, cœur). Il avait notamment subi une transplantation rénale en 2025 à Minsk.
Le coach le plus titré de l’histoire du Partizan Belgrade
Originaire de Titograd (désormais Podgorica), arrivé à Belgrade à l’âge de cinq ans, Dusko Vujosevic s’est orienté dès le coach avant même ses 18 ans, au sein des équipes jeunes du Partizan, évidemment. Le Partizan qui restera ensuite le fil rouge de sa carrière, avec plusieurs passages (1987/89, 1990/91, 2001/10, 2012/15).
Également passé par… l’Étoile Rouge, en 1991/92, il demeure le coach le plus titré de l’histoire du Partizan Belgrade, avec 23 trophées, dont 12 titres nationaux, 5 coupes nationales, 5 Ligues adriatiques et la Coupe Korać 1989. Sans oublier l’un des plus grands accomplissements de l’histoire moderne du club : la participation au Final Four de l’EuroLeague en 2010, une compétition dont il avait été élu meilleur entraîneur en 2009.
« Plus qu’un coach »
En France, son nom reste intimement lié à la progression de plusieurs joueurs tricolores passés par le Partizan. Lors de son retour à Belgrade en 2012, il a encadré Léo Westermann, Joffrey Lauvergne et Boris Dallo, dans une période qui a fortement compté dans leur développement.
Duško Vujošević, you were not just my coach.
Outside my family, the person who influenced me the most. You shaped me, believed in me, and made me not only a better player, but a better man.
I will be forever grateful.
Rest in peace, General. I will never forget you. pic.twitter.com/KDkDUituza
— Joffrey Lauvergne (@1JOLOLO) April 8, 2026
Marqué par ses méthodes d’un autre temps, les trois anciens Partizan Kids lui ont toujours conservé une immense estime, à l’image de la visite que lui a donné Joffrey Lauvergne en janvier 2026 à Belgrade… « Tu étais plus qu’un entraîneur », a écrit l’intérieur ce mercredi. « En dehors de ma famille, Dusko est la personne qui m’a le plus influencé. Tu as cru en moi, tu m’as forgé et tu as fait de moi un meilleur joueur et un meilleur être humain. Je t’en suis reconnaissant pour toujours. Repose en paix, Général. Je ne t’oublierai jamais. »
Once Partizan, always Partizan:
Joffrey Lauvergne’s (@1JOLOLO) family paying a visit to coach Dusko Vujosevic. ⚫️⚪️ pic.twitter.com/4l9RKG6Ekz
— Basketball Sphere (@BSphere_) January 2, 2026
Un passage plus contrasté à Limoges
Quelques années après le Partizan, Dusko Vujosevic a retrouvé Léo Westermann à Limoges. Un passage beaucoup plus oubliable, démarré en janvier 2016 en remplacement de Philippe Hervé et conclu en juin 2017, sur deux campagnes sans playoffs et l’envie partagée de ne pas prolonger l’aventure.
« Avec Dusko Vujosevic, on ne comprenait pas la gestion des temps de jeu », nous avait résumé Fréjus Zerbo en 2020. « Tu pouvais jouer 3 minutes comme 30. Ses méthodes n’étaient pas adaptées à la France ; on pouvait s’entraîner de 19h à 21h, faire des échauffements d’une heure. L’utilisation des hommes était bizarre. Il était malade, il n’avait pas toute sa lucidité. Je trouve que c’est un mauvais choix des dirigeants que de l’avoir pris. Je ne peux pas remettre en cause le travail qu’il a fait avant, ni l’homme, ça a été un grand coach mais en France, il n’avait pas la maîtrise de ses capacités pour diriger un club à pression comme Limoges. »

Reste que même sans être à 100% de ses capacités, il avait réussi à impacter durablement le parcours de plusieurs de ses joueurs, comme Mathieu Wojciechowski. « Avec lui, j’ai appris la rigueur : c’est un coach d’exception », retraçait-il à notre micro en 2022. « Il y a des séances où on bossait pendant trois heures et après il nous demandait des extras en mettant 10 tirs à 3-points de suite avec des gants de chantier. C’est cette rigueur mentale… C’était quelque chose de complètement différent de ce que j’avais vécu avant. J’en garde de bons souvenirs même si sur le moment, c’était dur. »
Avec sa disparition, c’est l’un des derniers vestiges de l’école du basket yougoslave qui s’en va. Un entraîneur à l’ancienne, comme on n’en fait quasiment plus.

























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