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ITW David Cozette : « La richesse éditoriale de Skweek, cela n’a jamais été vu avant »

Voix du basket français depuis deux décennies, privé de micro entre 2020 et 2021, David Cozette est le commentateur vedette de Skweek, la plateforme OTT lancée par Fedcom Média pour diffuser l'EuroLeague, l'EuroCup et l'EuroLeague féminine. Alors que l'AS Monaco et l'ASVEL s'affrontent ce vendredi soir pour le compte de la 24e journée de l'EuroLeague, le journaliste revient sur les premiers mois de l'aventure.
ITW David Cozette : « La richesse éditoriale de Skweek, cela n’a jamais été vu avant »
Crédit photo : A.S. Monaco Basket

David, le fait d’avoir repris le micro chez Skweek vous donne-t-il l’impression d’être de retour dans la vie d’avant ?

En grande partie, oui, même si j’ai désormais un hôtel qui me prend pas mal de temps. Mais c’est sûr que c’est un plaisir fou d’avoir pu replonger là-dedans. En plus avec l’EuroLeague ! À mon sens, il n’y a pas mieux en terme d’intensité et de niveau de compétition. J’ai signé avec Skweek pour faire 80 matchs dans l’année. Ça fait un rythme assez soutenu !

Skweek, la plateforme de Fedcom diffusant l’EuroLeague, a été présentée

« L’EuroLeague, ce qu’il manque au basket français
pour passer un cap »

La vraie différence avec la vie d’avant sur Sport+, c’est que cette fois vous commentez des équipes françaises qui gagnent en Europe…

Ah oui ! C’est vraiment la grosse différence. Franchement, je n’arrête pas de me le dire à moi-même et de le répéter à l’antenne, parfois au risque d’être un peu relou. Mais il faut que l’on se rende compte ! On a vécu tellement de saisons où les clubs français gagnaient 3 ou 4 matchs dans la saison d’EuroLeague, où il y avait 15 points d’écart à la mi-temps des rencontres à l’extérieur. Des moments de souffrance, on en a eu ! L’AS Monaco devient carrément un candidat crédible au titre et je pensais que ça n’allait jamais arriver de mon vivant. Les grands clubs russes, espagnols, grecs, c’est 35 millions d’euros, et nous on plafonnait. Alors j’étais persuadé que je ne vivrais jamais ça. Et là, la situation s’est complètement retournée en l’espace de 18 mois. Déjà, le fait d’avoir vécu les playoffs l’an dernier pour Monaco Info était formidable, surtout dans cette ambiance formidable de l’Olympiakos. C’est complètement dingue qu’il y ait une chance de titre au bout si tout se goupille bien. À une autre échelle, même si c’est un peu la galère, l’ASVEL procure des émotions qu’on vivait une fois tous les trois ans à l’époque, quand Nanterre allait gagner à Barcelone ou autre. Même avec les difficultés de Villeurbanne, il y a de quoi s’enthousiasmer sur Nando (De Colo) qui fait des matchs incroyables, sur les exploits contre l’Olympiakos ou à Barcelone avec des scénarios dingues. Ce n’est que du bonheur ! J’ai toujours pensé que l’EuroLeague est ce qu’il manquait pour que le basket français passe un cap. L’équipe de France a des résultats depuis 10 ans maintenant mais il manquait des réussites sur la scène continentale. C’est là où l’on touche le public d’amateurs de sport, pas que les fans de basket. Si chaque année Monaco et l’ASVEL existent en Europe, la situation ne sera pas la même dans 5-6 ans pour le basket français.

Concernant Skweek, on a sûrement jamais vu un dispositif de retransmission aussi ambitieux en France…

Le duo David Cozette – Stephen Brun a été reformé chez Skweek (photo : Sébastien Grasset)

Oui, vraiment. J’essaye à chaque fois d’en parler, et ce n’est pas par démagogie. Ce sont des moyens de production que je n’ai jamais connu avant, même chez Canal+. Je souhaite de tout cœur que ça fonctionne et qu’il y ait le maximum de gens qui s’abonnent. Déjà parce que le montant est complètement anecdotique mais surtout, parce que maintenant, il y a des gens passionnés qui font tout pour mettre ça en valeur. Pas juste : « Oui, on va prendre les droits et vous verrez ce que vous verrez ». Or, souvent, on n’a rien vu du tout. Là, le fait d’avoir un studio sur place avec une émission de 45 minutes avant les matchs, un studio mi-temps et un débrief’ avec invité après le buzzer, ce sont des coûts monumentaux. En richesse éditoriale, cela n’a jamais été vu. C’est formidable ! Il y a un journaliste reporter d’images présent avec les équipes de Monaco et de l’ASVEL sur tous les matchs, c’est un truc dingue ! Dès qu’il y a un joueur qui signe, on a aussitôt une interview. Charlotte et Julie, nos deux intervieweuses, vont sur toutes les rencontres, même à l’étranger, pour avoir les réactions. Ça n’a jamais existé dans le monde du basket. J’espère que progressivement les amateurs de basket prendront le réflexe de se dire que ça ne coûte pas très cher, que c’est la meilleure compétition possible et que c’est bien traité. J’ai vu des scènes incroyables comme quand Nick Calathes, qui d’habitude n’en a rien à cirer de la presse, vient sur le plateau de Skweek, alors que ce n’est pas son pays, juste pour son pote Ali Traoré. C’est d’une richesse folle ! C’est pour ça que je souhaite qu’on réussisse à attirer le maximum de monde car ça vaut le coup.

« La Betclic ÉLITE est le chaînon manquant pour Skweek »

Cette qualité de traitement est aussi sûrement la seule possibilité de convaincre les fans de payer un abonnement supplémentaire, alors que le paysage télévisuel du sport est déjà complètement fragmenté… Ou alors il faut que Skweek devienne la plateforme de tous les baskets, comme le président Oleg Petrov le répète.

Bien sûr ! On peut protester contre le fait que tout soit morcelé mais on ne va pas changer le monde. Ce n’est pas propre au basket. Maintenant, si on veut un produit en particulier, il faut payer. Le montant est très faible : en gros, pour le prix d’un paquet de cigarettes, on va avoir des matchs d’EuroLeague pendant un mois. Comme les gens aiment bien avoir l’ensemble de ce qui les passionne, on a déjà rajouté l’EuroLeague féminine. Mais oui, j’espère de tout cœur qu’ils pourront récupérer le championnat de France, pour lequel c’est un peu compliqué depuis quelques temps. La Betclic ÉLITE est le chaînon manquant.

Les premiers retours sont-ils positifs ?

Oui, on peut dire que c’est un succès d’estime, déjà ! Quand on voit nos potes du milieu, les retours sont bons. Par exemple, on fait nos matchs à l’étranger depuis les locaux de L’Équipe et les journalistes nous disent qu’ils n’avaient encore jamais vu ça. Les gens dans les salles aussi. Les premiers retours sont plutôt encourageants.

Vous avez retrouvé Stephen Brun au micro, dont vous aviez été l’un des premiers à saisir le potentiel médiatique lorsqu’il était encore joueur il y a 10 ans. À raison puisqu’il fait maintenant partie des consultants de référence en France, tous sports confondus…

Bien sûr ! Je savais qu’il avait la personnalité pour, le potentiel pour, et en plus, c’était sa volonté. Alors c’était une évidence ! Quand il est arrivé à RMC, je savais très bien qu’ils allaient tous l’adopter au bout de six mois chez Moscato. C’est exactement ce qui s’est passé, j’aurais pu l’écrire à l’avance. Stephen est un peu le Jacques Monclar 2.0. Ils ont ce côté culture multi-sports, le sens de la formule, l’humour et la capacité de travail, que n’ont pas forcément tous les consultants. Sa progression a été supersonique. Maintenant, entre nous et la radio qui lui donne une exposition plus universelle, il fait clairement partie des consultants les plus influents du sport français.

« Sur La Chaîne L’Équipe, on touche rapidement
plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs »

Si Laurent Legname avait déjà été très bien en début de saison, il y a une autre « révélation » depuis son départ : Alain Digbeu, qui est très intéressant…

Les connivences des consultants de Skweek, comme ici Ali Traoré avec Tibor Pleiss, sont des atouts pour la plateforme (photo : Sébastien Grasset)

Ça me fait plaisir de l’entendre car c’est assez récent ! Je l’avais essayé sur la fin de sa carrière avec Canal+ et il n’était pas bon du tout (il rit). Il le sait car on en a reparlé, ça le faisait marrer. Mais sur chaque Final Four où l’on allait, on le voyait tenir ce rôle-là. Il était en plateau pour la télé turque. Alain, il présente bien, il a du charisme. Il faut que le fond soit aussi à la hauteur de ce qu’il dégage mais je suis ravi qu’il prenne la mesure du costume. On sentait qu’il était très tendu le premier soir mais il a vite pris de l’aisance. Je suis super content que ça marche. Dans son discours, on sent qu’il a été joueur mais il y a ses relations aussi. Quand le Barça débarque à l’Astroballe, il est tombé dans les bras de Sarunas Jasikevicius parce qu’ils ont joué ensemble. C’est quelque chose de super important, ça donne de la crédibilité à la plateforme. Un autre exemple : récemment, contre Milan, Ali (Traoré) a passé un quart d’heure à discuter avec Gigi Datome avec qui il a joué à Rome, avec Kyle Hines et avec DeShaun Thomas, son ancien coéquipier à Nanterre. Ça donne une richesse folle ! C’est pareil avec Alain mais si lui, c’est plus avec les coachs car il n’est pas de la même génération. En terme de consultants, on ne peut pas faire mieux. C’est une vraie fierté d’avoir choisi les bons hommes.

Maintenant, il ne manque plus que commenter une équipe française au Final Four alors…

Voilà, exactement ! J’espère que ça arrivera cette année. Je ne vais pas dire que ce serait un aboutissement mais ce serait magnifique. Après, tout dépend de l’exposition. C’est pour ça que je trouve ça vraiment sympa d’avoir cet accord avec La Chaîne L’Équipe. Je trouve ça malin, gagnant-gagnant. Quand on est sur L’Équipe, on touche rapidement plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs, ce qui est extrêmement rare pour le basket français. On en revient au fait d’avoir des clubs français performants en Coupe d’Europe pour passer un cap. Quand j’entends des gens qui me disent qu’ils m’ont vu sur L’Équipe, alors qu’ils ne m’avaient jamais rien dit avant, et que le match était fou, c’est là qu’on touche du doigt ce qui peut nous permettre enfin de progresser. Les rencontres sont incroyables, spectaculaires, il y a des ambiances folles. Quelqu’un qui aime le sport et qui tombe sur un quatrième quart-temps serré alors qu’il est en train de zapper, il est obligé de rester jusqu’à la fin du match…

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