Le Black Mamba : comment la peur des serpents de Michael Jordan a donné naissance à l’alter ego de Kobe Bryant

Ironie de l’histoire, selon plusieurs sources proches, Kobe Bryant n’a jamais su que le concept Black Mamba avait initialement été conçu pour son idole.
Une campagne née d’un matériau révolutionnaire
Fin 2002, dans les bureaux de Nike en Oregon, les dirigeants examinent un matériau futuriste appelé Tech Flex. Cette technologie noire et tubulaire, utilisée dans l’automobile et l’aéronautique, devait révolutionner la Air Jordan 19 en créant la première chaussure de basket sans lacets de l’histoire.
Gentry Humphrey, cadre chez Nike, observe ce matériau tressé et pense immédiatement : « Cela ressemble à un serpent. » Cette nuit-là, il effectue une recherche internet sur « le serpent noir le plus dangereux » et découvre le black mamba. Rapide, agile, redouté – exactement comme Michael Jordan sur un parquet.
L’équipe marketing de Nike et l’agence Wieden+Kennedy développent alors une campagne complète autour de ce concept. Des visuels sont créés avec un vrai serpent noir (impossible d’importer un véritable black mamba aux États-Unis), et tout semble parfait pour accompagner le lancement de la Jordan 19 au printemps 2004.
DID YOU KNOW: Michael Jordan was originally supposed to be the "Black Mamba", but he backed out the campaign because he was afraid of snakes. 🐍⚫️
Instead, Nike presented the idea to Kobe Bryant who they signed that same summer & the rest is history. pic.twitter.com/hk9RBRMf8W
— JustFreshKicks (@JustFreshKicks) February 25, 2026
La phobie secrète qui change tout
Mais lors de la présentation à Michael Jordan au printemps 2003, Gentry Humphrey remarque immédiatement un problème : « On pouvait voir dès le début qu’il n’était pas à l’aise. » Jackie Thomas, directrice marketing de Jordan Brand, présente ensuite la campagne complète à MJ, pensant avoir réussi à le convaincre.
Le lendemain, Larry Miller, président de Jordan Brand, lui révèle la vérité : « MJ n’aime pas les serpents. » Cette phobie était l’un des secrets les mieux gardés de Jordan, qui changeait même de chaîne télé quand un serpent apparaissait à l’écran.
Après négociation, Jordan accepte un compromis : une seule publicité paraîtra dans ESPN The Magazine en mars 2004, avec le slogan « Only Greatness Equals Greatness », puis la campagne sera abandonnée. La suite de la promotion des Jordan 19 mettra en scène Carmelo Anthony, Gary Payton et Jason Kidd, sans aucune référence au serpent.
La renaissance avec Kobe Bryant
L’histoire prend une tournure extraordinaire en 2004. Exactement un an après le dernier match de Jordan, sort « Kill Bill Vol. 2 » de Quentin Tarantino. Kobe Bryant, alors en pleine tourmente judiciaire suite à l’affaire du Colorado, regarde le film une nuit d’insomnie. La scène où le personnage d’Elle Driver présente un black mamba le fascine.
« J’ai regardé ça – ouais, c’est moi. C’est moi ! », déclare Bryant dans une interview de 2018. Il crée alors son alter ego Black Mamba pour survivre à cette période difficile : « J’ai dû me séparer de moi-même, parce que traverser cette période, c’était comme si tant de choses arrivaient en même temps. »
La première apparition publique de Bryant avec un serpent a lieu en 2006 sur la couverture de SLAM Magazine. Puis Nike développe progressivement la campagne : la Zoom Kobe III en 2007, l’édition « Venom » en 2008, et la Zoom Kobe VI avec texture peau de serpent en 2010.
Symbolizing Kobe's legendary career and the day dedicated to his impact on the game.
The @nikebasketball Lakers Edition Jersey ' Black Mamba'
Available at 10am ET 🇺🇸
Shop: https://t.co/hFPY8BnSbf pic.twitter.com/eci3wrdPTA
— Nike.com (@nikestore) August 24, 2020
Ironie de l’histoire, selon plusieurs sources proches, Kobe Bryant n’a jamais su que le concept Black Mamba avait initialement été conçu pour son idole Michael Jordan. La séparation stricte entre Jordan Brand et Nike explique cette méconnaissance. Aujourd’hui, Nike continue d’honorer l’héritage de Bryant en déclarant 2025 « Year of the Mamba », avec une nouvelle collection complète.






















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