Bodian Massa, l’international imprévu
L’équipe de France, « une légère bouffée d’air frais » pour Bodian Massa, en difficulté avec l’ASVEL ?

Bodian Massa peut-il se relancer lors de la double confrontation contre la Hongrie ?
« Peut-être que je suis effectivement en train de vivre un bas actuellement », admettait Bodian Massa jeudi dernier à l’aube de la Leaders Cup. « Mais si ça se trouve, dans trois jours, on ne dira plus que c’est le cas ! » Malheureusement, son vœu ne s’est pas réalisé, avec une élimination précoce contre Cholet Basket le lendemain (82-93) et une contre-performance individuelle (0 point à 0/1, 2 rebonds et 2 balles perdues pour -1 d’évaluation en 11 minutes).
Toutefois, le basket est un tel recommencement permanent que le pivot de l’ASVEL détient désormais peut-être une nouvelle occasion d’affirmer que son creux sera peut-être terminé dans trois jours. Le Marseillais fait partie des joueurs étiquetés EuroLeague présents pour les deux matchs contre la Hongrie avec l’équipe de France en cette fin de semaine.
« C’est toujours une fierté pour moi de rejoindre les Bleus », clame le Villeurbannais, qui sera donc absent des rangs rhodaniens ce jeudi soir à Dubaï. « Je vais leur envoyer toute ma force à distance », promet-il. Une rotation en moins pour l’ASVEL, certes, mais l’équipe de Pierric Poupet n’a plus vraiment d’objectifs européens et a consenti à servir la cause nationale, au même titre que Paris pour Amath M’Baye.
Massa chez les Bleus,
« une vitrine » pour l’ASVEL
« On le laisse partir en équipe de France avec plaisir », affirme le technicien originaire de Normandie. « Qu’il soit beaucoup utilisé ou non, on est très heureux d’avoir un joueur de l’ASVEL. Il peut être une vitrine de notre club. »
Une vraie preuve de confiance, pour Bodian Massa, de la part de son ex-entraîneur burgien (en 2023/24), Frédéric Fauthoux, alors qu’il ne vit pas réellement le moment le plus réjouissant de sa carrière, jusque-là marquée par une progression exponentielle, de la Pro B jusqu’à l’EuroLeague (4,2 points à 50% et 4 rebonds de moyenne).
« Ce n’est pas plus difficile que ce que j’avais imaginé », évacue-t-il. « J’avais conscience que ce serait un peu plus difficile collectivement et individuellement. Je savais que je ne partais pas forcément avec énormément d’avantage pour jouer en EuroLeague, que l’adaptation allait se faire petit à petit. C’est sûr que c’est un peu compliqué en EuroLeague, contre des joueurs très dominants. Mais pour moi, c’est censé être une progression par rapport à où j’étais les années précédentes. Or, une progression n’est jamais linéaire : on passe toujours par des hauts et des bas. »

D’où le fait qu’il s’agisse certainement actuellement d’un bas. Ses minutes sont là pour le prouver : assez oubliable, son quart de finale de Leaders Cup contre Cholet représente pourtant son plus gros temps de jeu du mois écoulé (10 minutes et 42 secondes). Lors des huit derniers matchs de l’ASVEL, le finaliste de l’EuroCup 2024 tourne ainsi à seulement 7 minutes de moyenne.
« Ce serait mentir de dire que je vis bien la situation »
Un phénomène qui dure depuis le début de l’année 2026. Jamais descendu en-deçà des 10 minutes en 2025, Bodian Massa a été limité à 22 secondes de jeu dès le 9 janvier à Vitoria et peine depuis à regagner des responsabilités auprès de Pierric Poupet.

« Quand il joue, il sait pourquoi il joue et quand il ne joue pas, il sait pourquoi il ne joue pas », dit le coach villeurbannais, qui a ensuite justifié la nécessité. d’une rotation resserrée. « On est à une période de la saison où il faut tâcher de mettre une hiérarchie, surtout essayer de mettre ceux qui sont le plus en forme à l’instant T sur le terrain pour tenter de gagner des matchs. C’est l’histoire des dernières semaines et c’est effectivement un peu plus dur pour lui. Il garde notre confiance : même dans les moments plus difficiles, le staff restera avec tous les joueurs. Charge à lui de relever le défi. Il y a un peu plus de concurrence, normalement ça doit une émulation positive, une volonté de travailler encore plus pour faire sa place au sein de cet effectif. »
Une période forcément frustrante pour l’ancien footballeur du SO Septèmes, qui, de surcroît, fonctionne beaucoup à l’aspect mental, pas habitué à vivre cela lors de sa carrière, même s’il n’a pas forcément goûté son rôle réduit à de la pose d’écran la saison dernière en Espagne. « Ce serait mentir de dire que je vis très bien la situation », admet-il. « En tant que compétiteur, on a toujours envie de jouer. Maintenant, j’ai conscience qu’il faut que je change ma manière de jouer, de moins me prendre la tête sur le terrain, de jouer plus libéré. On est dans une équipe où il y a 14 joueurs, ça fait de la concurrence. On arrive à un moment de la saison où il faut gagner des matchs. Le coach doit faire des choix, je comprends tout à fait ce qu’il fait. L’important, c’est de ne pas s’attarder sur ce qui se passe. Même si je ne joue pas beaucoup, il y a beaucoup de matchs dans la saison. C’est important de continuer à travailler en équipe pour retrouver une bonne dynamique et aider le groupe. Je sais que l’équipe a besoin de moi, que j’ai la confiance totale du coach et des coéquipiers. »
Une fenêtre bénéfique ?
Dans cette optique, la parenthèse bleue actuelle pourrait lui faire le plus grand bien en lui permettant de s’oxygéner l’esprit par rapport à un contexte rhodanien qui ne lui réussit guère en ce moment. Appelé à avoir des responsabilités dans la raquette de l’équipe de France, l’ex-Monsieur 100% aux shoots chez les Bleus (11/12 aux tirs en carrière internationale, depuis un échec contre la Finlande) tentera de profiter de cette fenêtre pour repartir de l’avant.

« Cette légère coupure avec l’ASVEL peut m’être bénéfique », dit-il, avant de tempérer. « Aujourd’hui, je ne peux pas me plaindre des conditions qui sont mises en place dans mon club. Ce n’est pas comme si tout était noir à l’ASVEL et qu’il fallait que je vois autre chose. Mais c’est sûr que ça va faire une légère bouffée d’air frais. » Pour vraiment dire dans trois jours qu’il n’est plus dans un bas ?
À l’Arena Futuroscope,



























Commentaires