Le HTV attire des investisseurs américains, « pendant que le local regarde ailleurs »

« C’est très paradoxal » : Mathieu Perrymond pointe le manque de soutien local
En pleine saison historique, le HTV Basket avance sur deux fronts. Sportivement, le club varois est 10e d’ELITE 2 avec un bilan positif de 13 victoires pour 11 défaites et disputera le 4 mars 2026 une demi-finale de Coupe de France inédite dans son histoire récente. Économiquement, son président Mathieu Perrymond alerte sur un paradoxe : un projet qui séduit à l’international … mais peine encore à mobiliser localement.
Le Hyères-Toulon Var Basket est en train de changer de dimension. Sur le plateau d’INFO83, Mathieu Perrymond a livré un discours sans détour sur l’attractivité du club, son modèle économique et les ambitions qui accompagnent ce parcours sportif remarquable.
Une demi-finale qui marque un tournant
Après avoir éliminé Dijon puis Châlons-sur-Saône, le HTV s’apprête à défier Le Mans pour une place en finale. Un exploit pour une formation d’ELITE 2, qui confirme la montée en puissance d’un collectif soudé autour de sa superstar John Roberson (1,80 m, 37 ans) et d’un environnement retrouvé.
Pour le président sudiste, cette dynamique ne doit rien au hasard. Il insiste sur l’impact du public dans les moments décisifs : « Le public nous a aidés à arracher la victoire en prolongations alors que nous étions 3 000 au dernier match ». Un chiffre révélateur du regain d’enthousiasme autour du Palais des Sports.
L’objectif est désormais clair : franchir un nouveau cap en attirant 4 500 spectateurs et transformer la salle en véritable forteresse lors des grandes échéances.

Un modèle qui séduit à 10 000 kilomètres
Mais le message fort de l’interview concerne surtout l’économie du sport. Le président du HTV a confirmé l’intérêt d’investisseurs situés à près de 10 000 kilomètres.
Le constat est assumé : « C’est très paradoxal. Des investisseurs étrangers nous sollicitent car ils ont benchmarké le sport français ». Le projet hyérois, sa structuration et sa vision stratégique attirent donc des regards internationaux.
Qui sont ces investisseurs intéressés par le HTV ?
» Des Américains (un avocat et un investisseur, notamment) reconnus dans leur domaine assure Mathieu Perrymond dans Nice Matin. Ils sont issus du milieu financier, orienté vers le sport, l’entertainment, la communication et le gaming. Ils connaissent le sport de haut niveau et sont capables de donner une résonance nationale, voire internationale au club. Ce n’est pas un fonds d’investissement classique. »
Dans le même temps, Mathieu Perrymond regrette un manque d’élan du tissu économique local. Son titre résume la situation : « On attire à l’étranger pendant que le local regarde ailleurs ». Une phrase qui sonne comme un appel à la mobilisation du territoire.
Construire une “grande marque” sportive et objectif Betclic ELITE
Au-delà du court terme, le dirigeant défend une vision globale du club. Inspiré par les modèles américains, il souhaite relier sport, économie et éducation dans une même dynamique.
» Il va y avoir une augmentation lissée sur les trois ans. Elle sera de l’ordre, déjà, de 15 à 20 % la première année, avec un projet de développement des partenariats. Aujourd’hui, on a l’un des plus petits budgets d’Élite 2 (2,8 millions d’euros), car, comme on est encore en association, il inclut toutes les sections de jeunes. L’idée, c’est que la SAS, qui ne va gérer que l’équipe pro, démarre avec 2,4 millions d’euros. On inscrit le HTV dans un projet de croissance, avec l’objectif de retrouver la Betclic Élite dans les trois ans et de s’y réinstaller durablement. «
Le HTV affiche aujourd’hui un équilibre financier stable, avec une part de budget privé supérieure aux subventions publiques. Un signal fort pour un club d’ELITE 2, qui cherche à s’émanciper d’une dépendance excessive aux financements institutionnels.
L’ambition est double : réussir sportivement et structurer durablement. La demi-finale du 4 mars sera un moment clé, mais elle s’inscrit dans un projet plus large. Pour Mathieu Perrymond, le HTV ne veut plus simplement exister. Il veut compter.






















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