Le SLUC Nancy de retour en Coupe d’Europe, dix ans après ? « Nous allons tout faire pour y participer »

Le SLUC Nancy d’Aurélien Fortier, ici à droite, veut faire revenir le SLUC Nancy sur le devant de la scène, comme à l’époque de John Linehan, ici à gauche
Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuitTrente ans après sa première participation à une Coupe d’Europe et dix ans après sa dernière (en EuroCup), le SLUC Nancy se retrouve à nouveau face à l’Europe. Mais cette invitation pour disputer la FIBA Europe Cup 2026-2027, obtenue au même titre que l’Élan Chalon, ressemble autant à une récompense qu’à un piège financier. Le président Aurélien Fortier, interrogé par L’Est Républicain, ne cache pas la complexité de l’arbitrage à venir.
350 000 euros : le prix d’un retour sur la scène européenne
La participation à la FIBA Europe Cup représenterait plus de 350 000 euros de charges supplémentaires pour un club dont le budget total est estimé autour de 5,6 millions d’euros. Ce chiffre prend une résonance particulière quand on sait que le SLUC a mis six ans à reconstituer un capital social de 270 000 euros. En clair, une saison européenne mal calibrée pourrait effacer l’intégralité de ce travail de recapitalisation.
Les leviers existent — billetterie, abonnements, partenariats privés — mais le contexte économique complique l’équation. Depuis 2019, le club a pourtant réalisé un effort remarquable : les partenariats privés sont passés de 800 000 euros à 2,8 millions d’euros, tandis que la part des subventions publiques est tombée de 50% à 25% du budget. Une trajectoire saine, mais fragile, que Nancy ne peut pas se permettre de compromettre.
Le club doit également absorber une hausse de sa masse salariale de 5%, soit environ 50 000 euros nets supplémentaires. Dans ce contexte, chaque euro compte, et la marge d’erreur est quasi inexistante.
Un engagement moral face à une réalité économique brutale
La décision n’est pas seulement comptable. Le SLUC avait pris un engagement public : rejouer une Coupe d’Europe. Après la relégation en Pro B en 2017 et le retour en Betclic Élite en 2022, deux participations consécutives au play-in ont confirmé la montée en puissance du club. L’invitation européenne est le fruit direct de cette progression.
Mais Aurélien Fortier est lucide sur les limites de la compétition proposée. La FIBA Europe Cup n’est pas la BCL ni l’EuroCup — des formats jugés plus viables économiquement. Elle convient sportivement au niveau actuel du SLUC, mais ne génère pas les mêmes retombées financières. « Nous mesurons les risques et nous arbitrerons », a déclaré le président, résumant en une phrase toute la tension de ce dossier. Toutefois, il semble pencher pour une décision favorable. « Nous allons tout faire pour réunir les conditions pour pouvoir y participer. »
Les exemples de Saint-Quentin et du Portel, deux clubs ayant renoncé ou abandonné leur aventure européenne avant de connaître la relégation, planent en arrière-plan. La Coupe d’Europe peut construire un club comme elle peut l’abîmer.
La réponse est attendue pour le 22 juin. D’ici là, Nancy doit déterminer si les conditions sont réunies pour transformer cette invitation en opportunité réelle, sans sacrifier l’essentiel : la stabilité en Betclic Élite et la crédibilité d’un projet bâti sur la durée.
























Commentaires