Les prises de parole de Victor Wembanyama peuvent-elles peser dans la course au trophée de MVP NBA ?

En plus du terrain, Victor Wembanyama occupe l’espace médiatique dans sa campagne pour le titre de MVP NBA.
C’est un printemps où la concurrence ne cesse de faire rage en tout point en NBA ! Alors que les San Antonio Spurs occupent une éclatante deuxième place de la Conférence Ouest derrière l’Oklahoma City Thunder de Shai Gilgeous-Alexander, la question n’est plus de savoir si Victor Wembanyama sera un jour MVP, mais s’il est déjà dans la course au même titre que SGA ou encore Nikola Jokic, qui l’a dominé samedi dans un duel épique.
Dans sa 3e saison, l’international français a bousculé la hiérarchie au sein de la Ligue sportivement, mais aussi dans la communication. Le trophée de MVP (Most Valuable Player) est dans son viseur, et Victor Wembanyama tient à le faire savoir. Ses prises de parole frontales peuvent-elles faire la différence dans l’esprit des journalistes votants, et dans l’esprit de ses compairs ?
La parole après les actes
Pour qu’une campagne de lobbying fonctionne, il faut que le dossier sportif soit inattaquable. Et celui de « Wemby » semble de cette veine. Avec des moyennes affolantes de 24,8 points à 50,7% de réussite aux tirs (dont 35,0% à 3-points, sur 5,5 tentatives par match), 11,5 rebonds, 3,1 passes décisives (pour 2,4 balles perdues) et 3,1 contres en 29 minutes par rencontre (sur 63 matchs disputés), le Français est la figure de proue des Spurs, passés des tréfonds du classement au statut de candidats au titre.
Fort de cette domination, Wembanyama a récemment pris le micro de ESPN pour mettre les points sur les « i ». Conscients que la bataille l’oppose à des cadors historiques et des habitués de la course comme Shai Gilgeous-Alexander ou Luka Doncic, le Français a posé ses conditions. « Je pense qu’il y a débat. Et il devrait y en avoir un, même si je pense que je devrais mener la course. Mon objectif est de m’assurer qu’à la fin de la saison, il n’y ait plus de débat. »
Lorsqu’il lui a été demandé de donner trois arguments en faveur de son cas, le nouvel actionnaire de Nanterre 92 a également tenu à rappeler une évidence souvent oubliée par les votants trop obnubilés par l’attaque : « La défense représente 50 % du jeu. » Une saillie verbale qui met en valeur un secteur où sa suprématie est indéniable ; mais surtout qui lui permet de proposer un narratif – presque aussi important que les chiffres.
L’héritage de Joel Embiid
Cette sortie médiatique n’est pas le fruit du hasard. Elle rappelle la méthode employée par Joel Embiid (2,13 m, 32 ans) en 2023. Le pivot des Sixers avait ouvertement critiqué le système de vote, et mis en avant ses propres accomplissements, pour briser le règne hégémonique de Nikola Jokic.
Frustré de finir deuxième derrière Nikola Jokić la saison précédente, Embiid avait multiplié les interviews en fin d’exercice. Il avait notamment déclaré : « Si je ne le gagne pas cette année, je ne sais pas ce que je dois faire de plus », avant de remettre subtilement en cause l’impact défensif du Serbe. Si la méthode avait fait grincer des dents, elle avait fonctionné : les votants avaient fini par couronner l’international étasunien.
Wembanyama, bien plus policé et humble mais tout aussi déterminé, utilise la même arme. En affirmant vouloir qu’il n’y ait « plus de débat à la fin de la saison », il place les journalistes devant leurs responsabilités. S’ils ne votent pas pour lui, ils devront justifier pourquoi son impact défensif effrayant, consacré par un 3e trophée de défenseur du mois, pèse moins qu’une ligne de stats offensive.
Des concurrents sur la réserve
L’offensive du Français ne laisse personne indifférent. Si Draymond Green a publiquement salué cette audace — estimant que si un joueur ne fait pas sa propre promotion, les votants « oublient » de regarder les matchs — les concurrents directs restent sur la réserve. Interrogé sur les sorties de Wembanyama, Luka Doncic, dont la candidature a été mis en branle par une blessure jeudi 2 avril, a préféré botter en touche. « Je n’ai jamais fait ça [faire campagne, ndlr.]. Je ne suis pas celui qui vote. J’essaie juste de bien jouer et de gagner. C’est tout. »
Même son de cloche chez Shai Gilgeous-Alexander, leader au scoring, leader au classement avec OKC et favori à sa propre succession au trophée de MVP. Comme Doncic, le Canadien refuse de s’engager dans une « guerre des mots » et laisse ses « performances parler ». Un contraste qui peut autant jouer en faveur du Français qu’en sa défaveur : il devient le centre de la conversation, impose le sujet, et définit des critères (inclure la défense).
Late in the season, the MVP conversation has started to really heat up with coaches and players making cases for their favorite candidates.@BannedMacMahon asked Shai Gilgeous-Alexander if he wanted to make his case for the award.
“Nah, I’m good. I let my game do the talking.” pic.twitter.com/gkRQ1MbSWH
— Michael Martin (@MichaelOnSports) March 31, 2026
Un « climat de débat » finalement défavorable à Wembanyama ?
Mais alors, la méthode est-elle, comme pour Embiid, suivie d’effets ? Comme chaque année, ESPN a dévoilé un ultime sondage pour lequel le média américain a sollicité 100 journalistes. L’article suggère que, si les déclarations de Wembanyama participent à créer un « climat de débat », elles se heurtent néanmoins à la solidité et à la régularité du taiseux Gilgeous-Alexander.
Dans l’esprit de ce panel, interrogé avant Denver – San Antonio samedi, qui n’est pas le même que celui du vote final, Wembanyama se hisse à la deuxième place avec 644 points, dépassant les monstres Nikola Jokic et Luka Doncic. Cette poussée est portée par la forme incroyable des Spurs, qui ont remporté 27 de leurs 30 derniers matches depuis le 1er février. Mais malgré ses prises de position et ses statistiques « astronomiques », le Français accuse encore un retard de 300 points sur SGA.
The final NBA MVP straw poll is here 👀
Full results from @TimBontemps and more than 100 NBA media members ⬇️https://t.co/gHipGT4hle pic.twitter.com/ddOor8baSf
— ESPN (@espn) April 3, 2026
Le Canadien a obtenu 88 des 100 votes de première place, restant « confortablement en tête » grâce à la régularité du Thunder, actuellement meilleur bilan de la NBA. Le réveil des Spurs apparaît comme « tardif » aux yeux des votants, là où OKC est resté constant.
En résumé, les prises de parole de Victor Wembanyama semble avoir réussi ce qui semblait impensable. Non pas renverser la hiérarchie, mais imposer un duel final avec Shai Gilgeous-Alexander, qui semblait s’échapper seul en tête. Si elles renforcent son image de futur dominateur de la ligue, le bilan collectif, la constance et la « patience » du MVP en titre, MVP des Finales en titres, et champion en titre, gardent pour le moment la faveur des Américains. Cette même tendance sera-t-elle observée auprès d’un panel mondial ? Réponse dans quelques semaines !
































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