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« Relève toi bonobo » : Loic Akono quitte le terrain après une injure raciste à Charleville-Mézières

Alors qu'il était au sol après un duel, Loic Akono s'est fait traiter de "bonobo" par un spectateur de l'Arena de Charleville-Mézières. Une injure raciste qui a poussé le meneur messin à quitter le parquet en plein match. "Je n'arrive pas à me rendre compte que je me suis fait insulter de singe, cela me fait mal au plus profond de moi-même", nous a-t-il dit dans la soirée.
Crédit photo : Let's Go Metz / Matthieu Henkinet

Ancien joueur professionnel à la tête d’une carrière très respectable (vainqueur de la Coupe de France 2005 et double champion de France Pro B), futur barbier, Loic Akono (35 ans) est descendu en Nationale 2, à Metz, en 2021, pour un dernier challenge, avec l’ambition de faire durer le plaisir le plus longtemps possible. Mais le plaisir, ce n’est pas exactement cela… Ce dimanche, le Nordiste a malheureusement vécu une douloureuse première sous le maillot des Canonniers : celle d’être la victime d’une injure raciste.

Lors d’un déplacement à Charleville-Mézières comptant pour la 15e journée de NM2, l’ancien meneur de Nanterre est rentré directement aux vestiaires à 1 minute et 20 secondes de la fin du troisième quart-temps, très en colère. Quelques instants plus tôt, alors qu’il se trouvait à terre suite à un contact avec un adversaire, un spectateur de l’Arena lui aurait lancé : « Relève toi bonobo ! » Une scène visible à partir de 1h47 sur la vidéo ci-dessous.

« J’ai couru pour essayer de récupérer un ballon qui traînait », nous a ensuite raconté le Messin dans la soirée. « Un joueur de Charleville (Alexis Auburtin) a plongé avant moi, m’a mis un petit tacle et je suis retombé sur lui, sur sa tête. Ça a été un petit choc, je me suis un peu fait mal à la cuisse. J’étais au sol, mon coéquipier Kevin Kaly court pour me relever, me tend la main et d’un coup tourne la tête : « Wow attends, ils ont dit quoi là ? » Et il me répète ce qu’il a été dit : « Relève toi bonobo ». Au même moment, l’arbitre arrive sur l’action, m’indique qu’il a entendu mais me dit de garder mon calme, que le jeu va reprendre. Moi, je ne pouvais pas laisser le jeu reprendre. J’avais envie de parler avec ces gens-là, de leur adresser un petit mot. Donc je vais vers eux en leur disant : « Moi je suis un bonobo ? Moi je suis un bonobo ? » À ce moment-là, l’arbitre me dit qu’il ne faut pas parler avec les gens du public, que ça va se retourner contre moi, que je vais me prendre une faute technique. À partir de là, c’est allé très vite. Mon coach m’a sorti. En une fraction de seconde, j’ai réalisé qu’on m’avait insulté de bonobo et que c’est comme si l’on m’avait coupé la langue derrière, en me disant que je n’avais rien le droit de dire, de faire et que je devais encaisser pour continuer à jouer tranquillement. J’ai donc pris la décision de quitter le terrain et je suis resté sur cette position-là. J’avais envie de marquer les esprits, marquer le coup. »

« Je n’arrive pas à me rendre compte que je me suis fait insulter de singe,
cela me fait mal au plus profond de moi-même »

Dans la foulée, le match s’est pourtant terminé comme si de rien n’était et Metz l’a emporté sur le fil (75-74). Alors que la rencontre n’était pas encore terminée, Loic Akono s’est filmé dans les vestiaires pour raconter ce qu’il avait subi dans des storys Instagram, ostensiblement ému, et en a fait de même sur Twitter, pour un message déjà vu plus de 300 000 fois. Contacté par L’Ardennais, le président carolomacérien Luc Torres affirme « condamner fermement ces propos, s’ils sont avérés, car ils n’ont rien à faire dans une salle de basket, ni où que ce soit ».

« Après un peu de recul, je pense clairement que la situation aurait pu être maîtrisée différemment par les arbitres », poursuit Loic Akono. « Ils auraient dû arrêter le jeu. Cela n’a pas été fait. Derrière, le match a continué normalement et la personne n’a pas été exclue de la salle. Pourtant, mon capitaine Kevin Kaly a dit aux arbitres que ce n’était pas normal que cet individu reste en tribunes mais rien n’a été fait. Ce soir, je suis encore dégoûté. En fait, je n’arrive pas à me rendre compte que je me suis fait insulter de singe et cela me fait mal au plus profond de moi-même. Sur le terrain, j’avais des larmes de nerfs. C’est dur. Je n’arrive pas à trouver les mots. J’essaye de réfléchir, d’y penser, de me demander pourquoi ça m’arrive à moi mais je n’y arrive pas. Franchement, c’est très dur. Ce sont des mots très difficiles, il va me falloir un peu de temps pour m’en remettre. Je ne sais pas comment expliquer mon ressenti mais pour utiliser des mots simples, cela fait mal, très très mal. C’est dommage qu’il y ait encore ce type d’attitude en 2023… »

Loic Akono rencontrera ses dirigeants lundi afin de décider des suites à mener.

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