« Soit on se concentre sur le basket, soit je dois partir » : le pacte qui a sauvé la saison de l’AS Monaco

Leur saison était en danger, les Monégasques ont fait un pacte : le basket, uniquement
En conférence de presse, la phrase lâchée par Vassilis Spanoulis a fait l’effet d’une bombe. « Après le mois terrible qu’on a vécu, j’ai dit à mes joueurs : soit on se concentre sur le basket, soit je dois partir. » Une menace de démission ? « Non, je serai le dernier à quitter le navire », précise-t-il. Mais un ultimatum, tout du moins.
Retournons au 6 février 2026. L’AS Monaco vient de s’incliner à Munich (82-91), subissant une cinquième défaite consécutive en EuroLeague, et la tension est à son paroxysme en Principauté. À l’exception de deux joueurs, l’ensemble de l’effectif, excédé par les retards de salaire, veut faire grève lors du déplacement à Chalon. Leur saison est donc en danger extrême, suspendue à un fil. Pourtant, un peu plus de deux semaines plus tard, la Roca Team vient de signer un formidable 7/7 et décroché un deuxième trophée avec la Leaders Cup 2026.
Le tournant ? Très sûrement cette discussion après Munich. « Aujourd’hui, on arrive à faire abstraction du contexte », glisse Élie Okobo. « Il y a quelques semaines, je ne crois pas. Mais on a parlé entre nous. »
« On s’est dit que c’était un peu bête de perdre une saison »
Et peut-être quelques virements bancaires, aussi ? « Je ne sais plus », a répondu le MVP de la Leaders Cup, avec un sourire entendu. « C’est surtout qu’on s’est parlé après ces cinq défaites d’affilée en EuroLeague. On n’avait jamais connu ça, c’était vraiment moche. On connait tous le potentiel de cette équipe, on sait qu’on est capable de retourner en finale (de l’EuroLeague). On s’est dit que c’était un peu bête de perdre une saison, qu’il fallait vraiment se concentrer sur le basket le plus possible. »

Dans l’intimité des vestiaires de Gaston-Médecin, chacun a donc pu y déverser son mal-être, éventuellement se dire ses quatre vérités, critiquer le manager Oleksiy Yefimov (absent à l’Arena Futuroscope, pendant qu’Aleksej Fedorychev posait bras dessus bras dessous avec les joueurs sur les photos) tenu pour responsable de cette situation de quasi non-retour. Avant que Vassilis Spanoulis ne recentre la conversation sur l’essentiel : le jeu.
« On s’est mis d’accord »
« Je leur ai dit qu’il fallait revenir au basket, que c’était la seule solution. Dans l’état où l’on était, il était devenu impossible pour moi de coacher : l’esprit des joueurs n’était plus sur le jeu, ils ne prenaient plus aucun plaisir, ils n’écoutaient plus les messages que je leur faisais passer. Cela n’avait plus aucun intérêt dans ces conditions-là. »

D’où l’ultime avertissement proféré par Kill Bill… « Je ne pouvais pas continuer ainsi. Je leur ai dit qu’on devait changer notre mentalité. Avec tous ces problèmes, c’était dur d’avancer. Je voulais être juste et honnête avec mes joueurs, d’autant plus qu’ils ne méritent pas cela. Ce qui arrive n’est pas de leur faute. J’aime ces joueurs comme s’ils étaient mes enfants. Je n’aimais pas les voir dans cet état. Donc on s’est mis d’accord sur le fait qu’il allait falloir être ensemble jusqu’au bout et finir le travail du mieux que l’on pourrait »
Élie Okobo avait du réseau…
Spoiler : pour l’instant, ça marche ! « J’ai vu une vraie équipe ce week-end, avec des joueurs qui se sont sacrifiés les uns pour les autres », savoure la légende de l’Olympiakos.
Certes, la lecture de l’histoire aurait été complètement différente si le drive de Marcus Keene avait transpercé le filet lors du buzzer du quart de finale mais le visage affiché par la Roca Team ce week-end à Poitiers a été impressionnant. Cholet ? Broyé en l’espace d’un quart d’heure (53-30). Le Mans ? Étouffé dès le premier quart (30-12). « Je pense qu’on a compris que si on est sérieux d’entrée, ça va être difficile pour les équipes adverses », apprécie Okobo, un MVP qui a mimé un téléphone lors de plusieurs célébrations ce week-end, comme s’il attendait une réponse (de Yefimov ?) à ses messages. « Ah bon, j’ai fait ça moi ?! », a-t-il faussement nié. « Non, non, j’ai du réseau… »
Pour combien de temps ?
Bien sûr, la situation reste forcément fragile, éminemment dépendante des futurs virements d’Aleksej Fedorychev, président en sursis, pourtant très volubile au premier rang de l’Arena, ou de son éventuel successeur… « Pour l’instant, oui, l’état d’esprit est différent », souffle l’international français, et les mots clés de la phrase sont évidemment les deux premiers, qui symbolisent l’incertitude concernant la durée de vie de cette union sacrée. La récente nuit surréaliste de Mike James sur X, où il avait accusé Monaco de le « garder en otage » vient le prouver.
Reste que le chemin théorique est tout tracé. « On a commencé par la Supercoupe, il y a eu la Leaders Cup puis la prochaine étape sera la Coupe de France avant les playoffs des deux ligues », énumère Okobo. Soit un rêve de quintuplé après une saison à zéro trophée… pour une « Last Dance » mémorable ?

« Ce n’est un secret pour personne que l’équipe sera bien différente la saison prochaine », avoue Matthew Strazel. « Avant qu’on ne se sépare, l’objectif est de remporter le plus de trophées possibles tous ensemble. » L’année prochaine, ils seront à Dubaï, Tel-Aviv ou encore ailleurs. Mais pour l’instant, juré, ils sont uniquement concentrés sur le basket à Monaco, peu importe les problèmes qui s’accumulent autour d’eux et les turbulences qui se multiplient. Tel est le pacte de la Roca Team.
À l’Arena Futuroscope,


























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