“Aujourd’hui encore, je ne connais pas la raison de ma mise à l’écart” ; absent depuis 3 mois, Tommy Ghezala (CEP Lorient) se confie sur sa situation

Tommy Ghezala est dans une impasse au CEP Lorient.
Son dernier match remonte au 20 janvier 2026, face à Fougères. Pourtant, Tommy Ghezala (1,84 m, 33 ans) l’assure, “je ne suis pas blessé, je suis même en excellente forme.” Voilà trois mois que le meneur de jeu ronge son frein. Une mise à l’écart qui coïncide au moment de la promotion de Thomas Leroux comme coach principal du CEP Lorient, après le départ de Pascal Thibault, pour faute de résultats. “On a eu un entretien (avec le coach), comme avec chacun des joueurs de l’équipe. On n’a pas parlé de basket. Il s’est mis à interpréter une chose, comme quoi je n’étais pas heureux à Lorient et que si je voulais je pouvais partir, changer de club. Ce qui est totalement aberrant. D’une part, je suis très bien au club depuis mon arrivée. Et d’autre part, j’ai une femme et un enfant en bas âge, et il n’est pas question de déménager du jour au lendemain parce qu’il fait cette interprétation.”
“Je garde le sourire tout en restant professionnel”
À la fin de l’entretien, l’entraîneur fait savoir à Tommy Ghezala, actuellement toujours meilleur passeur de l’équipe (4,5 passes décisives) et le troisième meilleur marqueur (9,1 points), le tout en 19 minutes de jeu, qu’il ne jouera plus. Même en cas de blessure dans l’effectif. Il sera le 11e homme derrière Nael Sane. “Aujourd’hui encore, je ne connais pas la raison de ma mise à l’écart. Quelle est la raison exacte ?” Une décision que le joueur accepte contre mauvaise fortune bon cœur, en allant tous les jours à l’entraînement, “en gardant le sourire et en restant professionnel pour ne pas tuer l’ambiance alors qu’il y a beaucoup de joueurs à ma place qui pourrait venir avec un état d’esprit négatif. Et une autre fois, l’entraîneur me sort comme prétexte que je ne suis pas bon pour le groupe. Sauf que si je ne suis pas bon pour le groupe, pourquoi je continue à m’entraîner avec ? Bref, je tombe de haut, car je ne savais pas qu’il avait un problème avec moi. Après sa décision de ne plus me faire jouer et pour ne pas que l’ambiance dans le groupe soit pesante, c’est moi-même qui ai dû clarifier la situation dans le vestiaire comme le coach n’avait pas pris ses responsabilités.”

Joint par nos soins, le coach ne s’est pas épanché sur le sujet sur la mise à l’écart du joueur : “c’est un choix personnel” a-t-il dit à plusieurs reprises. De même, le président n’a pas répondu à nos sollicitations. “Les dirigeants ont mis un mois avant de me voir, alors que je les croise chaque jour, ce qui est énorme. Psychologiquement, je ne suis pas bien car je ne joue plus. Il y a semble-t-il un malaise puisqu’ils m’ont dit qu’il subissait le choix du coach. Même eux reconnaissent qu’ils n’ont aucune explication valable de ma mise à l’écart.”
“Paradoxalement, le club n’a pas trouvé de solution pour me libérer”
Alors que la situation était on ne peut plus correcte pendant un mois et demi, la situation avec son entraîneur s’est dégradée dernièrement. D’un coup, le natif de Saint-Dié-des-Vosges a d’abord été interdit de vestiaire et de banc les soirs de match à domicile, avant d’être mis de côté pour les entraînements collectifs. Une situation délicate, sortant du cadre légal. L’article 6 du contrat de travail le stipule :
“Permettre au joueur de participer aux entraînements collectifs avec le reste de l’équipe ainsi qu’aux entraînements individuels ; lui donner les moyens de s’entraîner pour lui permettre d’atteindre ou de conserver un niveau technique et physique suffisant à la pratique du basket-ball dans la division.”
« J’ai dit au coach d’assumer son choix, de me laisser m’entraîner. C’est son droit de ne pas me faire jouer. Mais s’il veut que je parte du club, alors il doit reprendre les négociations avec moi et les dirigeants. Tout simplement. Car la seule chose que je demande c’est de ne pas violer mes droits. Paradoxalement, le club n’a pas trouvé de solution pour me libérer. Mais il respecte mon contrat. Je n’ai aucun retard de paie. Là dessus, il n’y a pas de problème. Maintenant, le coach, qui s’est rendu de son erreur de m’avoir interdit de salle, n’a pas le choix que de s’habituer à ma présence aux entraînements.”
“Le club qui me récupérera aura un joueur très revanchard”
Déterminé à retrouver un club la saison prochaine, dans l’idéal l’Élite 2, Tommy Ghezala redouble de travail : d’un côté avec le préparateur physique, et de l’autre avec le groupe. “Le club qui me récupérera cet été aura un joueur très revanchard la saison prochaine. Grâce au préparateur physique du club, je suis très affûté, on travaille bien ensemble. En tout cas, en 10 ans de carrière, je n’ai pas eu le moindre problème avec qui que ce soit, partout où je suis passé. Au contraire, je suis très sociable et fédérateur dans un groupe. On essaie de me faire passer pour quelqu’un d’autre visiblement. Alors que s’il y a un souci avec moi, j’aurais préféré le savoir immédiatement plutôt que de rester dans le flou. Il n’y a aucune explication.” Aujourd’hui, le joueur craint de ne pas retrouver d’employeur, la faute à plusieurs mois sans compétition. “C’est un tiers de saison en moins, j’espère sincèrement que ça ne va pas me porter préjudice.”

























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