ITW Grégory Bengaber : « Quand tu passes de tout à rien, l’adaptation est vraiment difficile »

Gregory Bengaber face à Aix-Maurienne
Grégory Bengaber (1,88 m, 28 ans) vit une saison à contretemps. Champion de Nationale 1 avec Challans, l’arrière a retrouvé l’ELITE 2 dans un contexte bien différent, marqué par les blessures, un démarrage difficile et une confiance collective à reconstruire. Revenu tardivement à l’entraînement après une rechute, le joueur de 28 ans s’accroche, avec la conviction que le maintien reste jouable. Dans un championnat dense, où chaque détail compte, il s’est confié sur son retour, son rôle dans l’équipe et l’état d’esprit du groupe vendéen à l’aube de la deuxième partie de saison.
Un retour retardé par une rechute et une intégration délicate
Reprendre après une blessure est déjà un défi en soi. Pour Grégory Bengaber, la situation a été encore plus complexe en raison d’une rechute qui a repoussé son retour dans le groupe. « J’ai eu une rechute, donc ça a encore retardé ma reprise », explique-t-il. Une situation frustrante, d’autant plus lorsqu’elle s’inscrit dans un contexte collectif compliqué.
Arriver en cours de route, alors que l’équipe accumule les défaites, n’aide pas à retrouver immédiatement des repères. « Quand tu reprends dans ce genre de contexte où tu ne gagnes pas un match, l’ambiance n’est pas au beau fixe. Il y a de la frustration ».
Au-delà de l’aspect physique, il a fallu retrouver des sensations, mais aussi recréer des automatismes avec les nouveaux joueurs et renouer des liens avec ceux déjà présents la saison passée. « Recréer des liens avec les anciens, avoir des automatismes avec les nouveaux, ça prend du temps ». Un processus lent, parfois ingrat, mais nécessaire. « Je m’accroche et je m’en sors mieux », confie-t-il aujourd’hui.
Le passage en ELITE 2, une marche exigeante
Après le titre en Nationale 1, Challans a découvert un championnat d’ELITE 2 bien plus exigeant. Pour Bengaber, la différence principale ne se situe pas forcément dans les systèmes ou la compréhension du jeu. « La différence se fait plus au niveau physique », analyse-t-il.
Dans une division où les joueurs sont plus costauds, plus rapides et plus constants, le moindre déficit se paie cash. « Quand tu n’es pas à 100 % et qu’on a eu beaucoup de blessures durant tout le début de saison, c’est compliqué de rivaliser avec les équipes ».
Cette accumulation de pépins physiques a empêché le groupe de trouver une continuité, aussi bien à l’entraînement que le week-end. Une réalité souvent difficile à percevoir de l’extérieur, mais déterminante dans la construction d’une saison.

Un début de saison compliqué, des défaites souvent serrées
Malgré un bilan comptable insuffisant, Grégory Bengaber refuse de sombrer dans le fatalisme. « Forcément, on y croit toujours. Sinon, ça ne sert à rien ». L’espoir du maintien reste intact, nourri par le contenu de certaines rencontres.
« Ce qui est plus ou moins encourageant, c’est qu’on ne perd pas beaucoup de matchs de beaucoup », souligne-t-il. À l’exception de quelques lourdes défaites, la majorité des rencontres se jouent sur des détails. « Au final, ce sont des matchs serrés ».
Pour transformer ces courtes défaites en victoires, le constat est clair. « Il faut qu’on soit constants sur 40 minutes et pas 30 ou 35 ». Une exigence de rigueur et de lucidité, notamment dans les temps faibles, qui sera essentielle pour enclencher une dynamique positive.
Récupérer les cadres et construire une nouvelle dynamique
L’autre facteur d’espoir réside dans les retours attendus. Blessés ou diminués en début de saison, certains cadres doivent progressivement retrouver leur meilleur niveau. « On va récupérer certains blessés, certains cadres. D’autres vont revenir à leur niveau ».
Pour Bengaber, cette montée en puissance collective peut permettre d’aller chercher cette fameuse deuxième victoire, encore attendue. « J’espère que tout ça va faire en sorte qu’on va pouvoir changer la dynamique du moment ». Une victoire qui pourrait agir comme un déclic, autant sur le plan mental que sportif.
Un rôle clair : agressivité, défense et leadership
Sur le terrain, Grégory Bengaber sait précisément ce qu’il doit apporter à son équipe. « À mon niveau, c’est plus l’agressivité, la défense, mettre du rythme ». Des qualités qui ne se traduisent pas toujours pleinement dans les statistiques, mais qui sont essentielles à l’équilibre collectif.
Avec 2,6 points, 0,6 rebond et 1,5 passe décisive de moyenne en ELITE 2, son impact se mesure avant tout dans l’intensité et l’énergie. « Faire tout ce qu’il est possible pour aider les gars », insiste-t-il, évoquant aussi son rôle de leader sur le terrain.
Le staff attend de lui une pression constante sur le porteur de balle et une capacité à provoquer des déséquilibres offensifs. « Dès que j’ai la balle, je ne me pose pas de questions. Je joue en un contre un, je prends les tirs ouverts ou je crée des opportunités pour mes coéquipiers ». Un rôle hybride, entre scoreur, créateur et organisateur.
Plus de voix, plus de présence
Au-delà des intentions de jeu, Bengaber identifie aussi un axe de progression personnel. « Ils aimeraient, et moi aussi, que je parle un peu plus ». Communiquer, guider, recadrer : autant d’éléments essentiels dans une équipe en difficulté.
Être « le cœur de lance de l’équipe », comme il le dit lui-même, implique aussi de prendre la parole dans les moments clés. Une responsabilité qu’il assume de plus en plus, conscient que le collectif en a besoin.

La pression et le soutien d’un public fidèle
Passer d’une saison euphorique à un exercice beaucoup plus délicat n’est jamais simple, surtout dans un club à forte identité. « Quand tu passes de tout à rien, l’adaptation est vraiment difficile », reconnaît l’ancien pensionnaire du Pôle France. La frustration apparaît vite lorsque la victoire se fait attendre.
Pourtant, le soutien du public challandais reste un point fort. « On est agréablement surpris de voir que la salle est toujours bien remplie malgré tout ». Une fidélité précieuse. « Ils voient qu’on se bat, qu’on ne triche pas sur le terrain ».
La pression est bien là, mais elle s’accompagne d’une forme de compréhension. « Ils sont aussi compréhensifs et ils voient qu’on n’abandonne pas ». Un soutien qui compte énormément dans les moments difficiles.
Régularité, gestion des temps faibles et santé
Pour la deuxième partie de saison, les priorités sont clairement identifiées. « Être plus réguliers, plus constants et mieux gérer nos temps faibles ». Des axes de travail simples en apparence, mais exigeants dans leur application.
Et surtout, un mot revient avec insistance : la santé. « Rester en bonne santé, c’est aussi ce qui nous a fait défaut ». Un effectif enfin stabilisé pourrait permettre à Challans d’exprimer pleinement son potentiel et de se battre jusqu’au bout pour le maintien.
























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