« J’avais touché le fond » : Nicolas Batum se confie sur ses heures sombres à Charlotte, avant de renaître chez les Los Angeles Clippers

Nicolas Batum revit avec Los Angeles, après deux ans difficiles à Charlotte.
Longtemps prisonnier d’un contrat pesant sur son traitement, et d’une spirale dépressive en Caroline du Nord, l’ancien capitaine de l’équipe de France Nicolas Batum (2,03 m, 37 ans) a sans doute frôlé la fin de sa carrière avant de retrouver son basket chez les Clippers. À travers son récent témoignage dans le podcast « The Young Man and the Three », « Batman » lève le voile sur une période d’une rare violence psychologique, où l’humain a failli sombrer derrière les chiffres du business de la NBA.
Un témoignage poignant sur sa fin d’aventure catastrophique à Charlotte, et sur sa renaissance spectaculaire aux Los Angeles Clippers.
Deux années d’enfer et une dépression profonde
Après des débuts prometteurs avec les Hornets, la situation s’est progressivement dégradée pour le capitaine de l’équipe de France. Le poids de son contrat de 120 millions de dollars sur cinq ans, signé en 2016, et les critiques incessantes ont fini par l’affecter profondément.
« Ça a été les deux années les plus dures de ma carrière », confie Nicolas Batum en évoquant la période 2018-2020. « Tu sais, quand tu commences à lire tout ce qui se dit sur toi, à faire attention aux critiques… et quand, même à domicile, t’entends le public te crier dessus, te tomber dessus… en fait, pendant deux ans, j’avais l’impression de jouer à l’extérieur tout le temps. »
La situation s’est encore aggravée avec l’arrivée du COVID-19. Bloqué à domicile pendant huit mois, l’international français a sombré dans une dépression sévère, prenant près de 20 kilos pour atteindre 122 kilos. « J’étais bloqué à la maison pendant environ huit mois et je suis tombé en dépression, j’ai pris presque 20 kilos… c’était n’importe quoi. J’avais touché le fond », finit-il par admettre.
L’humiliation finale est venue en octobre 2020, quand Batum a appris son licenciement par les Hornets via… Twitter. « J’ai été coupé et je l’ai appris sur Twitter. J’étais à Paris et j’ai reçu la Woj Bomb : ‘Nicolas Batum a été coupé par les Charlotte Hornets’. Passez moi un coup de fil au moins ! Ou même juste un SMS ! »
Un dessin froissé comme source de motivation
Le moment le plus marquant reste sa visite au vestiaire pour récupérer ses affaires. « Dans mon casier, il y avait un dessin de mon fils, qui était à la maternelle à ce moment-là. C’était un bonhomme de neige. Ils avaient mis toutes mes affaires dans un carton. Le dessin était au fond du carton, complètement froissé. Ce jour-là, je me suis dit : voilà ma motivation. Six ans plus tard, ce dessin est dans mon casier à Los Angeles. »
Cette humiliation a déclenché un déclic chez l’ancien joueur de Portland. Avec l’aide de sa femme, de son équipe et de ses coachs, il s’est remis au travail intensivement, s’entraînant de 5h du matin à 23h pour retrouver sa forme physique et mentale.
« Réparer ce que Charlotte avait abîmé » à Los Angeles
Malgré une réputation entachée par son échec collectif chez les Hornets, la cote d’amour et l’estime du joueur auprès des initiés de la ligue sont restées intactes. À peine libéré, Batum reçoit 15 offres en 30 minutes, signe que son intelligence de jeu n’a pas été oubliée. En rejoignant les Clippers en 2020, il retrouve immédiatement une place importante et un cadre sain, loin de la pression d’un contrat « max ». Il y redevient ce « connecteur » essentiel, capable de stabiliser une défense et de fluidifier l’attaque sans avoir besoin de noircir la feuille de statistiques.
Aujourd’hui, 18 ans après sa draft, Nicolas Batum savoure une longévité que peu auraient prédite lors de son passage à vide. S’il a su rebondir pour devenir un vétéran respecté et un pilier des Clippers, son récit rappelle la violence du business NBA et l’importance de la santé mentale chez les athlètes de haut niveau. Plus qu’une simple renaissance sportive, son parcours est celui d’un homme qui a su « réparer ce que Charlotte avait abîmé » pour continuer à marquer l’histoire du basket français.


























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