« Des hauts et des bas » : où en est Ismaël Kamagate avec le Besiktas Istanbul ?

Seulement 6 minutes de jeu à Bourg pour Ismaël Kamagate
Deux ans et demi après son départ du Paris Basketball, Ismaël Kamagate ne gardera certainement pas un souvenir impérissable de son premier match en France en tant qu’adversaire…
« On attend plus de lui ! »
Mercredi soir, le pivot du Besiktas Istanbul a participé à la victoire de son équipe du côté de Bourg-en-Bresse (99-103), lors du choc au sommet de la poule B de l’EuroCup, mais n’a eu que guère l’occasion de tirer son épingle du jeu.
Trois passages de deux minutes, quelques situations où il s’est fait bouger, un joli alley-oop avec Jonah Mathews et c’est à peu près tout… Le natif d’Orléans a passé l’intégralité de la deuxième période sur le banc (6 minutes et 7 secondes de jeu au total, pour 2 points et 1 contre).
« On attend plus de lui : on veut qu’il soit plus physique que ça », a justifié son entraîneur Dusan Alimpijevic. « Il y a des matchs où je le suis, des matchs où je ne le suis pas : c’est à moi de contrôler cet aspect du jeu », a réagi l’ancien parisien.
Sanli, un nouveau concurrent calibré EuroLeague
Au-delà de l’anecdote de son retour en France, cette prestation un peu soft n’est surtout pas tombée dans un timing idéal. Pour cause, alors qu’Ante Zizic a prouvé à Ékinox qu’il restait un pivot de dimension supérieure (26 points à 9/10 en 26 minutes), le Besiktas vient d’embaucher un autre intérieur calibré EuroLeague, Sertac Sanli, tout frais champion d’Europe avec le Fenerbahçe. Probablement de quoi venir empiéter sur les minutes déjà fluctuantes de Kamagaté (18 en BSL pour 8,4 points à 58% et 6,1 rebonds ; 14 en EuroCup pour 6,4 points à 77% et 3,5 rebonds)…
« C’est sûr que ça va accentuer la concurrence mais je le prends comme un challenge », évacue le Franco-Ivoirien. « C’est un peu plus de pression, et ça va me pousser davantage. Ce n’est pas du tout un problème, je suis content de cette signature. »
La preuve, aussi, des ambitions XXL du club stambouliote, désireux de retrouver de l’éclat quatorze ans après avoir inscrit les dernières lignes de son palmarès lors du quadruplé de 2012 (dont l’EuroChallenge remporté face à l’Élan Chalon). « On ne se cache pas qu’on veut gagner l’EuroCup », clame Dusan Alimpijevic. « On a une bonne équipe mais on veut encore être meilleurs. On voulait du sang neuf, de l’expérience, d’où les venues de Matt Thomas et Sertac Sanli. »
« Il ne va pas trop au contact ! »
Dans ce contexte, Ismaël Kamagate ne pourra plus trop se permettre des soirs sans, comme dans l’Ain. D’autant plus qu’il a déjà prouvé qu’il était capable de constituer une très bonne rotation dans la raquette, lui qui avait démarré la saison turque par un double-double dès la 2e journée (14 points et 11 rebonds à Mersin). Ce qui ne s’est jamais reproduit depuis, même s’il s’en est approché le week-end dernier face au Galatasaray (11 points et 8 rebonds).
« C’est un nouveau contexte, il y a des hauts et des bas », acquiesce le pivot tricolore, invité à dresser un premier bilan de la saison. « Le tout, c’est de bosser dur, de faire le moins d’erreurs possibles et de rester prêt. Je ne suis pas dans la même situation de Milan, où je ne jouais pas du tout. J’ai l’occasion de progresser, à moi de saisir mes opportunités au mieux. »

« Il a très bien commencé la saison », retrace Dusan Alimpijevic. « Il était beaucoup responsabilisé, il avait du temps de jeu et il produisait de grosses statistiques. » C’est moins le cas désormais, et le sélectionneur serbe n’en masque pas la raison.
« Il ne va pas trop au contact : c’est quelque chose dont on discute, qu’on travaille ensemble. Pour n’importe quel joueur, c’est normal d’avoir des hauts et des bas, ça ne peut pas être linéaire. Mais c’est un très bon gamin, avec du potentiel, élu meilleur pivot de BCL l’an dernier ! »
Une carrière qui va de nouveau de l’avant
Une distinction obtenue avec Tortone, qui avait concrétisé un prêt de 18 mois l’ayant fait ré-enclencher la marche avant. Prospect extrêmement coté en 2022, drafté en 46e position par Detroit, Ismaël Kamagate a ensuite cessé d’évoluer, admettant même avoir régressé. La faute à une dernière saison parisienne baroque sous la houlette de Will Weaver, à un choix de carrière raté en rejoignant Milan (24 minutes au total en EuroLeague, ndlr) et à une obsession un peu trop forte d’aller en NBA.

De ce point de vue, l’ancien pensionnaire de Nationale 3 avec la réserve d’Orléans se dit satisfait de la trajectoire prise par son carrière depuis son expatriation lors de l’été 2023. « J’avais fait un peu le tour du championnat de France. Maintenant, c’est de la découverte : je découvre de nouveaux championnats, de nouveaux entraîneurs, de nouvelles équipes, etc. C’est toujours bon à prendre comme expérience. »
Surtout que contrairement à une certaine époque, Ismaël Kamagate se prend moins la tête avec ses objectifs de carrière : NBA, EuroLeague, autre, « peu importe ! J’essaye de toujours le plus loin possible. Je veux toujours avancer, et mon objectif est justement de ne pas reculer. » De ne plus reculer, même.
À Bourg-en-Bresse,




























Commentaires