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Evan Fournier, de retour au Final Four, vise le titre : « Je serais presque plus content pour les fans de l’Olympiakos que pour moi-même »

EuroLeague - Evan Fournier a marqué les esprits après la qualification de l’Olympiakos contre Monaco. Lucide, respectueux et ambitieux, le Français s’est projeté vers le titre en évoquant surtout la place des supporters dans cette quête.
Evan Fournier, de retour au Final Four, vise le titre : « Je serais presque plus content pour les fans de l’Olympiakos que pour moi-même »

Evan Fournier a brillé à Monaco ce marid 5 mai, et se projette désormais sur le Final Four de l’EuroLeague

Crédit photo : Sébastien Grasset
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Evan Fournier (1,98 m, 33 ans) a été à l’image de son équipe : précis, efficace et lucide. Après la victoire nette de l’Olympiakos face à l’AS Monaco (82-105), synonyme de qualification pour le Final Four, l’arrière français a livré une longue analyse, sans détour, entre respect pour l’adversaire et ambition assumée.

Une série maîtrisée avec sang-froid

Au moment de revenir sur cette qualification expéditive (3-0), Evan Fournier a d’abord insisté sur la rigueur de son équipe. « On a fait une série solide où on s’est vraiment concentrés sur chaque match. On n’a pas essayé de précipiter. Ça a donné ce que ça a donné », a-t-il résumé, sans chercher à en faire trop.

Dans son discours, aucune forme d’euphorie, mais plutôt une maîtrise qui reflète l’expérience de l’Olympiakos dans ce type de rendez-vous. « Franchement, il n’y a pas grand-chose à dire », a-t-il même ajouté, comme pour souligner l’évidence de la supériorité grecque sur cette série.

Des mots forts sur la situation de Monaco

Face à un adversaire diminué, Evan Fournier n’a pas éludé le contexte, bien au contraire. Il a tenu à remettre en perspective la performance monégasque, en évoquant les conditions compliquées vécues par les joueurs.

« C’est dommage qu’ils aient des blessés en plus. Mais encore une fois, ce n’est pas notre sort. Nous, on joue ceux qui sont en face », a-t-il expliqué, avant d’aller plus loin dans son analyse du quotidien des joueurs de la principauté.

« On fait un métier où on est très bien rémunérés, certes, mais ne pas se faire payer, ne pas savoir comment ça va se passer, ce n’est pas simple », a-t-il lâché, évoquant une réalité rarement abordée publiquement.

Dans cette continuité, il a insisté sur les conséquences concrètes de cette instabilité : « Être dans le flou, savoir si tu bouges ta famille ou pas, ce ne sont pas les meilleures conditions pour bosser sereinement, surtout quand tu es dans un club ambitieux ».

Un regard lucide qui renforce encore son respect pour la prestation monégasque. « Je trouve que les joueurs ont été très vaillants », a-t-il conclu, saluant la capacité de la Roca Team à rester compétitive malgré les difficultés.

Une culture de la victoire bien installée à l’Olympiakos

À l’inverse, Evan Fournier a décrit un environnement où les exigences sont maximales. Si la qualification pour le Final Four pourrait être un accomplissement ailleurs, elle est presque attendue au Pirée.

« Quand tu compares la première fois où ce groupe s’est qualifié pour le Final Four contre Monaco, avec le match 5 un peu fou, et aujourd’hui, la réaction des fans n’est pas la même », a-t-il rappelé.

Cinq ans après ce premier grand frisson européen, le statut du club a évolué. « Les attentes sont extrêmement hautes. Ce qu’ils attendent maintenant, c’est le titre », a-t-il insisté.

Dans cette logique, atteindre le dernier carré est presque devenu une norme. « Se qualifier, ça fait partie d’une certaine formalité pour ce groupe-là », a-t-il assumé, évoquant la pression constante liée à un grand club européen.

Un titre pour un peuple avant tout

Mais au moment de parler d’un potentiel sacre, Evan Fournier a surpris par la nature de sa réponse. Loin d’un discours centré sur lui-même, il a immédiatement mis en avant les supporters.

« Je pense que je serais presque plus content pour les fans que pour moi-même », a-t-il confié, sincère.

L’enfant de Charenton a ensuite décrit une relation unique avec le public grec. « Dès qu’on nous voit dans la rue, on nous arrête. Sur l’autoroute, les gens klaxonnent pour nous dire d’aller le chercher », a-t-il raconté.

Une ferveur omniprésente, qui dépasse largement le cadre du terrain. « Ce n’est pas une pression, mais c’est quelque chose de constant. Ils sont vraiment derrière nous tout le temps », a-t-il poursuivi.

Dans ce contexte, offrir un titre prend une dimension particulière. « Être capable de rendre tout un peuple fier et heureux, ce serait quelque chose d’assez formidable », a-t-il ajouté.

Evan Fournier a inscrit 22 points à 6 sur 10 à 3-points ce mardi
Evan Fournier a inscrit 22 points à 6 sur 10 à 3-points ce mardi (photo : Sébastien Grasset)

Le rêve d’un sacre chez le rival

Et si ce titre venait à se jouer sur le parquet du Panathinaïkos, l’histoire serait encore plus forte. Evan Fournier ne s’en cache pas.

« Gagner sur le parquet du rival, ça aurait une saveur particulière », a-t-il reconnu, assumant pleinement l’importance de cette rivalité.

Dans une projection presque scénarisée, il imagine déjà ce choc. « J’ai la conviction que le Panathinaïkos va se débrouiller pour arriver en finale. Si on y est aussi, ce serait quelque chose de très fort », a-t-il lancé.

Un défi qui le motive particulièrement : « En tant que sportif, je vis pour ce genre de challenge ».

Une approche tournée vers le plaisir et l’instant

Malgré cette ambition, Evan Fournier a tenu à clarifier son état d’esprit. Pas de sentiment de revanche par rapport au Final Four 2025, pas de calcul, mais une approche plus apaisée.

« Je joue pour l’amour du jeu et de la compétition », a-t-il expliqué.

Avec le recul, il reconnaît avoir changé. « Des déceptions, j’en ai eu tellement dans ma carrière que je ne suis plus dans cette optique-là », a-t-il confié, préférant se concentrer sur le plaisir de vivre ces moments.

Une demi-finale avant de rêver plus grand

Avant de penser au titre, une étape reste à franchir. Evan Fournier reste concentré sur le présent.

« Là, on va se reposer, se préparer… et il y a déjà une demi-finale à gagner », a-t-il rappelé.

Une affiche qui pourrait offrir des retrouvailles marquantes, notamment avec Nando De Colo qui évolue au Fenerbaçhe. « Ce serait un moment très fort », a-t-il glissé, évoquant un joueur qu’il connaît parfaitement. « Nando est un joueur que j’adore. J’ai adoré partager toutes ces belles campagnes avec lui ».

Dans un sourire, il a même glissé une boutade : « J’espère le foutre à la retraite (rires) ».

Au-delà de l’anecdote, le respect est total : « L’histoire serait belle », a-t-il conclu, évoquant un possible affrontement entre deux figures majeures du basket français.

Lucide, respectueux et ambitieux, Evan Fournier a donné le ton : l’Olympiakos vise le titre, mais sans jamais perdre de vue ce qui fait sa force… son lien avec tout un peuple.

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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