ITW Amaël L’Etang après sa deuxième saison à Dayton : « Mon modèle, c’est Nikola Jokić »

Amaël L’Etang restera à Dayton la saison prochaine
Rencontré à Indianapolis à l’occasion du Final Four, Amaël L’Etang (2,15 m, 20 ans) s’est confié longuement sur une deuxième année en NCAA qui lui a fait passer un vrai cap, et qui confirme son potentiel.
Une nouvelle saison à Dayton, qui l’a convaincu de poursuivre l’aventure dans l’Ohio. Début avril, le Toulousain a officialisé son retour chez les Flyers pour la saison 2026-2027 qui sera sa troisième sous les ordres d’Anthony Grant (à ne pas confondre avec l’ancien joueur de Poitiers).
Deuxième saison à Dayton. Tu as pratiquement doublé tes stats, ton temps de jeu est passé de 11 à 24 minutes. C’est ce que tu attendais de ta deuxième saison ?
Oui, on en avait beaucoup parlé après ma première saison avec le staff et mon entourage. L’objectif était clair : être davantage utilisé que lors de ma saison freshman. Je pense qu’on a trouvé un bon équilibre avec l’équipe. Comme toujours, il y a eu des hauts et des bas, mais globalement, c’est une saison positive sur le plan personnel. Collectivement, on n’a pas atteint tous nos objectifs, mais ça reste une belle année. J’ai pu m’appuyer sur des joueurs expérimentés, échanger avec eux, apprendre énormément. Tout ça m’a permis de prendre confiance pour la suite, avec l’ambition de faire encore mieux.
Sur ta première saison, pourquoi tu avais choisi Dayton ?
C’est une histoire particulière. Un des coachs, Ricardo Greer, a joué en France et connaissait mon agent actuel. Cette connexion m’a apporté de la confiance, ce qui était essentiel pour moi. Je ne voulais pas aller dans une grosse université pour être en bout de rotation. Je cherchais un projet où je pourrais m’exprimer et progresser. Dayton correspondait parfaitement à ça, avec en plus une des meilleures ambiances du pays.
« Même si je me sentais déjà bien en freshman, j’ai franchi un cap cette saison »
Qu’est-ce qui a vraiment changé entre les deux saisons ?
La confiance, avant tout. Le staff m’a clairement fait comprendre qu’ils comptaient sur moi et qu’ils voulaient construire autour de mon profil. J’ai senti que j’avais plus de responsabilités. Même si je me sentais déjà bien en freshman, j’ai franchi un cap cette saison. Je joue avec beaucoup plus de liberté, sans crainte, en cherchant aussi à faire jouer les autres.
As-tu senti une différence dans le regard des adversaires et des coachs ?
Oui, clairement. Les scouting reports étaient beaucoup plus ciblés. J’ai été davantage pris à deux, notamment au poste ou sur mes tirs extérieurs. Les défenses s’adaptaient beaucoup plus à moi. Il a fallu trouver des solutions, varier davantage mon jeu, attaquer plus le cercle. Cette attention supplémentaire change forcément la manière d’aborder les matchs.
Ton coach, qu’est-ce qu’il t’a apporté que tu ne connaissais pas en France ?
Il y a un vrai accompagnement au quotidien. J’ai connu de très bons coachs en France, mais ici, il y a une dimension supplémentaire dans le suivi individuel. Après presque chaque entraînement, on fait des sessions vidéo. Le message est constant : devenir la meilleure version de soi-même. C’est une philosophie très ancrée dans le staff, qui pousse tout le monde à progresser.
Votre arena va jusqu’à 15 000 personnes. Quand tu rentres sur le terrain, ça fait quoi ?
Honnêtement, c’est difficile à décrire, il faut vraiment le vivre. Aujourd’hui, je suis habitué, mais les premiers matchs, même les amicaux, étaient impressionnants. Je me souviens notamment d’un match contre Xavier : on était en tenue d’entraînement, et la salle était déjà pleine, 15 000 personnes. Sur le moment, je me suis demandé où j’étais. Les premières minutes étaient un peu stressantes, avec beaucoup de tension. Avec le temps, on s’y fait. Et finalement, une fois dans le match, on ne ressent presque plus le public : on entend le bruit, les réactions, mais on est tellement concentré qu’il n’y a plus que les dix joueurs sur le terrain.

Crédit Photo : Dayton Flyers Athletics
Et les installations d’entraînement ?
Elles sont exceptionnelles. C’est assez fou de se dire qu’on reste officiellement des joueurs non professionnels avec des infrastructures de ce niveau. On trouve très peu d’équivalents en France, voire même en Europe, à part peut-être dans certains très grands clubs. On a énormément de chance d’évoluer dans ces conditions à notre âge.
« J’aimerais devenir un intérieur capable de créer du jeu, presque comme un meneur sur les postes 4-5 »
Tu as un accompagnement individuel spécifique ?
Oui, il y a une vraie structure autour de nous. On a le head coach, trois assistants, et chacun a un rôle bien défini. De mon côté, Ricardo Greer me suit particulièrement : on travaille ensemble tous les jours, avec des séances spécifiques. Et même en dehors du staff, il y a toujours des managers disponibles. À n’importe quel moment de la journée, si j’ai besoin de travailler, quelqu’un est là pour m’accompagner. Tout est organisé pour répondre aux besoins de chaque joueur.
Vers quel profil de joueur veux-tu évoluer ?
Mon modèle, c’est clairement Nikola Jokić. J’aimerais devenir un intérieur capable de créer du jeu, presque comme un meneur sur les postes 4-5. Être capable de distribuer, de monter la balle, tout en restant une menace au scoring, que ce soit au poste, à trois points ou en attaque du cercle. L’idée, c’est d’être le plus complet possible et de pouvoir impacter le jeu dans tous les secteurs.
Si tu devais chiffrer ta croissance physique depuis ton arrivée en NCAA ?
Je suis arrivé autour de 80 kilos. Après ma première saison, j’étais entre 93 et 95 kilos, et aujourd’hui je suis à 108 kg. La progression est importante et elle fait partie du travail réalisé depuis mon arrivée. L’objectif pour cet été est de continuer à prendre un peu de masse, mais sans perdre en mobilité. C’est une composante essentielle de mon jeu. Je pense qu’un poids autour de 115 kg serait un bon équilibre.
« Porter le maillot de la France a toujours été un rêve d’enfant »
L’équipe de France, qu’est-ce que ça représente pour toi ?
C’est un honneur. Porter ce maillot a toujours été un rêve d’enfant. Ma mère me rappelle souvent que, tout petit, j’allais voir jouer mon frère et je disais déjà que je voulais jouer en équipe de France. Aujourd’hui, le vivre est forcément très spécial. C’est un sentiment différent de celui en club, quelque chose qui dépasse l’individu. Même si les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur en compétitions jeunes, ça reste une immense fierté. Et puis partager ça avec des joueurs que tu connais depuis des années rend l’expérience encore plus forte.

Comment tu vois la génération 2004/2005/2006 ?
C’est une génération très talentueuse. Il y a des têtes d’affiche comme Victor Wembanyama ou Bilal Coulibaly, mais au-delà de ça, beaucoup de joueurs émergent, que ce soit en EuroLeague ou en NCAA. C’est encourageant et motivant de voir autant de profils différents réussir. On se sent tous capables d’y arriver. On est dans la même dynamique, avec les mêmes ambitions. Chacun suit son parcours, mais l’objectif reste le même.
La NCAA est-elle un avantage pour atteindre la NBA ?
Ça dépend vraiment des profils. Pour certains joueurs, rester en Europe avec du temps de jeu chez les professionnels est plus pertinent. Pour d’autres, la NCAA permet de se développer physiquement et de s’adapter au style de jeu américain. C’est une décision qui doit être réfléchie en fonction de sa situation et de ses objectifs.
🇫🇷 Amaël L’Étang
7’1 Center | Sophomore | Dayton Flyers (NCAA)French big man Amaël L’Étang delivered a strong all-around performance despite Dayton’s narrow loss to Liberty, showing once again why he’s an intriguing modern center at the college level.
📊 vs Liberty
28 MIN | 19… pic.twitter.com/4sEnwp1Lm3— Scouting lab (@scouting_lab) December 21, 2025
Si un Français hésite, tu lui conseillerais de passer par la NCAA ?
Honnêtement, tout dépend du profil. C’est une décision qui doit se réfléchir avec son entourage, car c’est une transition importante. Aujourd’hui, de plus en plus de joueurs se posent la question. La NCAA peut être très bénéfique si tu trouves le bon projet, mais ce n’est pas un passage obligatoire. Dans mon cas, j’avais l’opportunité d’aller dans une grosse université dès le départ, mais ce n’était pas ce que je recherchais. Je voulais avant tout du temps de jeu, des responsabilités et la possibilité de me développer physiquement. Il faut vraiment adapter son choix à son projet et à sa situation, et être bien entouré pour prendre la bonne décision.
« Je voulais avant tout du temps de jeu, des responsabilités et la possibilité de me développer physiquement »
La draft NBA, tu y penses ? Le parcours de Maxime Raynaud t’inspire ?
Oui, bien sûr. C’est un objectif que j’ai depuis que je suis enfant. Maxime a pris le temps de se développer en NCAA et n’a pas brûlé les étapes. Il aurait pu se présenter plus tôt, mais il a fait le choix de rester une saison supplémentaire pour continuer à progresser. Il sort ensuite d’une grosse saison et, même s’il est drafté relativement bas, il montre aujourd’hui qu’il peut avoir un vrai impact. Ça prouve que l’âge n’est pas forcément déterminant : si tu es prêt et que tu corresponds à un besoin, tu peux trouver ta place.
Qu’est-ce que tu penses de Roman Domon ?
Je suis très fier de lui. On est restés proches, on échange beaucoup, surtout maintenant qu’on est dans le même fuseau horaire. J’ai suivi sa saison de près à Murray State, et c’était vraiment intéressant de le voir évoluer. Il a un style de jeu très créatif, parfois imprévisible, mais toujours impactant. Ce qu’il a accompli dès sa première saison est très prometteur pour la suite.
Le grand format et l’interview complète d’Amaël L’Etang :






















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