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ITW Charles Kahudi, la retraite d’un monument du basket : « Il n’y a jamais de bon moment »

Charles Kahudi a annoncé sa retraite sportive à 39 ans. Champion d’Europe avec les Bleus, multiple champion de France avec l’ASVEL, leader respecté partout où il est passé, l’ailier tourne la page après plus de vingt ans au plus haut niveau. Pour BeBasket, il revient longuement sur sa décision, ses regrets, son regard sur le basket français et ses souvenirs les plus marquants.
ITW Charles Kahudi, la retraite d’un monument du basket : « Il n’y a jamais de bon moment »

Charles Kahudi lors de l’annonce de sa retraite le vendredi 20 février lors de Paris – Bourg à la Leaders Cup 2026

Crédit photo : Infinity Nine Media

À 39 ans, Charles Kahudi referme un chapitre immense de sa vie. Plus de vingt ans de carrière professionnelle, des titres, des campagnes européennes, un sacre continental avec les Bleus et une réputation bâtie sur la constance et l’engagement. Cette décision ne s’est pas imposée comme une évidence sportive, tant l’envie de jouer était encore présente, mais comme un choix de vie réfléchi et assumé. Entre passion intacte du jeu et priorité donnée à sa famille, l’ancien international a pris le temps de peser chaque paramètre avant de tourner la page.

Une retraite dictée par l’équilibre familial

« Il n’y a jamais de bon moment en fait. Quand on adore son métier, quand on kiffe ça, on ne veut jamais que ça s’arrête. » L’envie de continuer était réelle. Il s’est entraîné tous les jours, a entretenu l’espoir d’un dernier projet cohérent. Mais ce projet devait s’inscrire dans un cadre précis : celui de sa vie familiale. « J’avais dit que je poursuivrais vraiment si je trouvais un projet cohérent pour ma famille et moi. Ma prio, c’était dans un coin pas loin de Lyon, parce que mes enfants sont déjà à l’école et ma compagne a son boulot. Je savais qu’ils ne pouvaient pas me suivre. » Père de trois enfants, dont un petit dernier de deux ans, il a décliné des offres en France comme à l’étranger. « C’est important pour moi de prendre tout ça en compte avant de prendre une décision. »

À cela s’ajoute la réalité du temps qui passe. « J’ai 39 ans, j’ai eu quelques blessures. Il faut être honnête, c’est une prise de risque pour les clubs aussi. » Continuer restait envisageable, mais il s’est demandé si l’attente avait encore du sens. D’autant que le bonheur se niche désormais ailleurs. « Quand ma fille me voit à la sortie de l’école, elle est super heureuse, comme si je venais de mettre un panier. Il faut apprendre à mettre en avant ces moments-là, parce que ça passe parfois sous la frustration du joueur qui ne peut pas jouer. » Entre passion et apaisement, le choix s’est imposé.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Ailier/Ailier Fort
Taille: 199 cm
Âge: 39 ans (19/07/1986)

Nationalités:

drapeau-france-carre.jpg
Stats 2025-2026 / Betclic ELITE
PTS
11
#50
REB
7
#5
PD
1
#138

Dijon, un dernier chapitre inachevé

Sa dernière expérience sur les parquets restera liée à Dijon. Une pige de six semaines, définie dès le départ : « Dès le début, je savais que c’était pour six semaines. » Le retour avait une saveur particulière. « J’ai été super bien accueilli par le groupe et par tout le club. » Mais la blessure a stoppé son élan et laissé un regret. « Je me serais bien vu rester là-bas toute la saison, mais malheureusement je me suis blessé, ce qui fait que je n’ai pas pu m’exprimer réellement sur la fin de ma pige. »

Il tient toutefois à souligner l’accompagnement du club : « Ils m’ont accompagné tout au long du processus, c’était vraiment classe de leur part. » Son dernier match en carrière restera donc dijonnais, symbole d’un parcours bouclé là où il s’était affirmé au haut niveau. Quant aux rumeurs autour d’une arrivée à Limoges, il confirme : « Il y a eu des discussions » qui n’ont finalement pas abouti.

Un leadership d’action et de fidélité

Au moment d’évoquer sa fierté, Charles Kahudi ne cite ni un trophée ni une performance individuelle. « Dans ma carrière, je dirais mon engagement sur la durée. Ma fidélité. » Pour lui, le leadership s’est construit dans la continuité. « Quand tu restes longtemps dans une équipe, les joueurs qui viennent peuvent s’identifier un peu plus. » Cette posture n’était pas innée. « Je n’ai jamais été vraiment un leader vocal à la base. » Son influence s’est exprimée par l’exemple, notamment défensif. « On peut être leader à différents niveaux sans être toujours celui qui met le plus de points. » Cette constance dans l’effort et cette volonté d’apprendre en permanence ont façonné son identité. « J’essaie toujours d’apprendre et d’évoluer constamment ».

Retrouver la compétition autrement

Quitter le terrain ne sera pas anodin. « Ce n’est pas facile », reconnaît-il sans détour, conscient que l’adrénaline des soirs de match, la tension des fins de rencontre et la routine des vestiaires ne se remplacent pas du jour au lendemain. Mais Charles Kahudi refuse de voir cette retraite comme un vide. « Il faut garder l’état d’esprit qui m’a permis de faire carrière », insiste-t-il, convaincu que la discipline, l’exigence et la capacité à se dépasser peuvent s’exprimer ailleurs que sur un parquet de Betclic ELITE.

Le sport restera un pilier de son quotidien. « J’en ferai toujours », affirme-t-il. Le basket évidemment, pour le plaisir et pour transmettre, mais aussi le padel, discipline dans laquelle il s’est investi ces derniers mois et où il dispute déjà des tournois. « J’y retrouve un peu la compétitivité que j’ai pu vivre dans le basket de très haut niveau pendant plus de vingt ans. » Le cadre change, l’environnement est différent, mais l’envie de se challenger, de progresser et de gagner demeure intacte. L’adrénaline change de terrain, mais pas d’intensité.

Un championnat de France en pleine évolution

Avec le recul de ses nombreuses saisons en Betclic ELITE, son regard est clair : « C’est un championnat que je trouve très attractif. » Toujours athlétique mais toujours en progression. « Le jeu va beaucoup plus vite, il est de plus en plus dense. »

Il met en avant la qualité de l’apprentissage du basket dans l’hexagone. « Le championnat met en lumière de plus en plus de jeunes talents. La formation française est de qualité. » La Betclic ELITE sert aussi de tremplin. « On voit pas mal de joueurs qui passent par la France et qui enchaînent sur autre chose, en général plus challengeant. » Les clubs se structurent davantage, investissent dans des arénas modernes, construisent des projets sur la durée. « C’est la structuration qui mène à des résultats durables. » Et pour lui, le constat est limpide : « Le talent français est à la mode en ce moment. »

NBA Europe, un pont possible entre deux cultures

Sur le projet NBA Europe, il adopte une posture mesurée mais ouverte. « C’est un sujet important qui prend de plus en plus d’ampleur. » Sans en connaître encore tous les contours, il y voit un potentiel intéressant si l’intérêt du basket prime. « Si tout le monde travaille main dans la main dans l’intérêt du basket, ça permettra d’avoir les forces du basket européen et celles du basket NBA américain. » Un projet qui pourrait bénéficier autant aux parties prenantes qu’aux supporters : « Ça pourrait donner un résultat super pour les acteurs mais aussi pour les fans. »

Les Bleus, entre accomplissement et ferveur

L’équipe de France occupe une place à part dans le parcours de Charles Kahudi, qui a remporté quatre médailles internationales entre 2011 et 2015. « C’est toujours quelque chose qui me tient à cœur », confie-t-il, comme une évidence. Porter le maillot bleu dépasse le cadre des clubs, touche à l’intime et à l’histoire collective. Le sommet reste bien sûr le titre de champion d’Europe en 2013. « On avait une équipe extrêmement solidaire. C’est un accomplissement historique. » Dans ce groupe, la force du collectif primait, et cette médaille d’or a marqué durablement le basket français.

Il évoque aussi l’Euro 2015 disputé en France, dans un contexte totalement différent. Le résultat final (troisième) laisse un goût d’inachevé, mais l’émotion populaire reste intacte dans son souvenir. « Même si le résultat était une déception, la ferveur populaire était incroyable. » L’ambiance, les salles pleines à Montpellier et Lille, l’engouement autour des Bleus ont laissé une empreinte forte. Deux compétitions, deux issues différentes, mais un même attachement viscéral au maillot et aux émotions qu’il procure.

Cholet, Dijon, Le Mans : les fondations d’une carrière

À Cholet, « c’est là où tout a commencé ». C’est dans les Mauges que Charles Kahudi découvre le monde professionnel et l’exigence du très haut niveau. Il y apprend les bases du métier, la rigueur quotidienne, l’intensité des entraînements et la nécessité de gagner sa place. Jeune joueur, il observe beaucoup et s’imprègne des anciens, à commencer par Mickael Gelabale, qu’il cite comme un grand frère à son arrivée. Cholet, c’est l’école de l’exigence, l’apprentissage de la discipline et la découverte d’un environnement où chaque détail compte.

À Dijon, après deux saisons en Pro B à Évreux (de 2006 à 2008), il franchit un cap déterminant dans sa carrière. C’est à la JDA qu’il affirme réellement son identité de joueur de Betclic ELITE et qu’il s’installe durablement chez les professionnels. « Avec la JDA, j’ai commencé à me construire à haut niveau et découvrir le championnat », explique-t-il. Le destin a voulu que ce club marque aussi la fin du parcours. Revenu cette saison pour une pige, il y a retrouvé le parquet après plusieurs mois d’absence. « Et en même temps, ça m’a permis de refouler le parquet après plusieurs mois d’absence cette saison. Donc mon dernier match, finalement, il est avec Dijon, c’est très particulier quand même pour moi. » Une boucle presque parfaite pour un chapitre fondateur de sa trajectoire.

Puis vient Le Mans, qu’il résume d’un mot : « l’éclosion ». Pendant six saisons au MSB, il s’inscrit dans la durée et consolide son statut. La Leaders Cup 2014 reste le point d’orgue sportif de cette période, mais au-delà du trophée, Le Mans symbolise la stabilité et la maturité. Il y gagne la confiance du club, développe des amitiés fortes et vit aussi des moments personnels marquants. « Ma première fille y est née », rappelle-t-il. Le Mans n’est pas seulement une étape sportive, c’est un chapitre fondateur où le joueur et l’homme grandissent ensemble.

Charles Kahudi sous les couleurs de la JDA Dijon cette saison. Crédit photo : Foxaep.
Charles Kahudi sous les couleurs de la JDA Dijon cette saison. Crédit photo : Foxaep.

L’ASVEL, la confirmation et les titres

À l’ASVEL, Charles Kahudi parle de « confirmation ». Confirmation d’un statut et d’une capacité à gagner dans un club ambitieux et exposé. « L’ASVEL, je dirais que c’est la confirmation », résume-t-il. Sa première saison est marquée par le titre de 2016, arraché après avoir été mené. « Ma première année se conclut avec un titre en 2016, en étant mené 0-2 contre Strasbourg. Ça aussi, c’était historique. » Il retient également les belles réussites qui ont suivi. « Toutes les belles victoires après, le doublé en 2019, le titre en 2022 », énumère-t-il, sans oublier « toutes les rencontres et les relations » construites au fil des saisons dans un club qui a marqué une étape majeure de sa carrière.

David Lighty, le frère de terrain

Impossible d’évoquer la carrière de Charles Kahudi sans parler de David Lighty. Lorsqu’on lui demande son meilleur coéquipier, sur et en dehors du terrain, la réponse est immédiate : « David Lighty, c’est mon frère. On a tout gagné ensemble, on est en contact tout le temps. » Sur le parquet, il décrit « un compétiteur féroce et hors pair ». En dehors, « humainement, il est incroyable, toujours le smile, toujours bienveillant. » Une relation rare, forgée dans les titres et les batailles, qui symbolise aussi la longévité et la fidélité qui ont marqué sa carrière.

Kahudi et Lighty ont évolué plusieurs saisons ensemble sous le maillot de l'ASVEL.
Kahudi et Lighty ont évolué plusieurs saisons ensemble sous le maillot de l’ASVEL. Crédit photo : Infinity Nine Media / Claire Porcher

Adversaires et coachs marquants

Parmi ses adversaires en championnat, il cite Blake Schilb : « C’était un beau joueur de basket et un redoutable compétiteur. » Sur la scène internationale, la star étasunienne Kevin Durant reste une référence : « J’ai essayé de le perturber, mais je n’ai pas vraiment réussi. »

Parmi les coachs qui ont marqué sa carrière – Vincent Collet, Erman Kunter, Zvezdan Mitrovic ou encore T.J. Parker – un nom ressort particulièrement. « Si je dois ressortir un en particulier, je dirais J.D. Jackson. Parce que c’est lui qui me lance vraiment au Mans. On gagne ensemble la Leaders Cup et derrière je le retrouve à l’ASVEL et je gagne avec lui enfin mon premier championnat de France, après avoir perdu deux finales avec lui en 2010 et 2012. Donc ouais, J.D. Jackson. » Un fil conducteur entre deux étapes majeures de son parcours.

Un monument du basket français tire sa révérence

Pour la suite, il ne demande qu’une chose : « La santé. » Profiter des siens, transmettre autrement, continuer à s’engager avec la même intensité. « Si je réussis à avoir autant d’engagement et d’impact dans ce que je ferai derrière, je serai content. »

Charles Kahudi quitte les parquets sans fracas, comme il a souvent joué : avec constance, rigueur et loyauté. Leader d’engagement, homme de vestiaire, champion fidèle à ses clubs et à ses valeurs, il laisse l’image d’un joueur qui n’a jamais triché et qui aura marqué durablement le basket français. À 39 ans, c’est un monument qui s’efface du terrain, mais dont l’empreinte restera dans l’histoire de la Betclic ÉLITE et des Bleus.

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