ITW Jean-Baptiste Lecrosnier (Caen) : « Bourg, c’était absolument génial mais j’avais cette volonté de redevenir coach ! »

Jean-Baptiste Lecrosnier a été nommé entraîneur de Caen en remplacement de Stéphane Eberlin
Jean-Baptiste, quand vous avez reçu l’hommage du public de Bourg-en-Bresse le mardi 30 décembre, pensiez-vous retrouver un emploi aussi vite ?
Pas du tout. J’ai quitté Bourg-en-Bresse en train le 31 décembre au matin afin de passer le réveillon avec ma femme, mes enfants et quelques amis. J’avais prévu de revenir à Bourg ensuite pour récupérer mes affaires. Ce que je disais à tout le monde, c’est que je serai là pour le match de Besiktas (le 14 janvier)…
Un match que vous suivrez donc finalement à la télévision…
Il va falloir que je m’organise autrement, oui !
« Caen, un club qui ne cesse de progresser ! »
L’an dernier, vous aviez attendu de longs mois dans le vide, sans jamais trouver ce fameux poste de n°1. Êtes-vous surpris de la rapidité avec laquelle votre situation s’est dénouée cette fois ?
Non, je ne peux pas dire que je suis étonné. Dans notre métier, on sait que tout peut bouger très vite, comme tout peut rester en état pendant longtemps, avant de bouger d’un seul coup. Il faut être prêt, c’est tout. Le sac n’est jamais défait : il faut pouvoir être en mesure de sauter dans un train ou un avion directement si on nous appelle. Ça va avec notre boulot.
Pourquoi avoir dit oui à Caen alors ?
D’abord parce que j’avais une image d’un projet dynamique, d’un club qui ne cesse de progresser depuis quelques années, qui met en place des choses pour vraiment avancer. Ces aspects-là ont pesé. Caen est un club qui est remonté, qui a une salle magnifique, qui a un public incroyable. Il y a aussi des dirigeants qui travaillent pour stabiliser ce club en ÉLITE 2 et le faire progresser. Ce club a une histoire. Je trouve que ça fait beaucoup de raisons pour qu’on s’y intéresse de très près !
Sportivement, quel est votre premier diagnostic sur l’équipe après plusieurs jours d’entraînement ?
Il y a des très bons joueurs qui composent cette équipe-là. Mais ils ont vraisemblablement perdu un peu de confiance en perdant des matchs serrés, ou avec des scénarios difficiles. Charge à moi de leur redonner confiance pour les aider à gagner le plus vite possible.
Bienvenue au Palais, coach ! 🤝
𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐁𝐚𝐩𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐋𝐞𝐜𝐫𝐨𝐬𝐧𝐢𝐞𝐫 a dirigé ce matin sa première séance d’entraînement, avec le groupe pro. pic.twitter.com/SFEhebUFZH
— Caen Basket Calvados (@CaenBC14) January 5, 2026
Comment avez-vous trouvé les joueurs sur les premières séances ?
Vous savez comment ça se passe quand un nouvel entraîneur arrive : cela modifie forcément les équilibres ! Tout le monde a envie de montrer sa valeur. J’ai d’abord trouvé une équipe impactée par le départ de Stéphane (Eberlin). Il était apprécié, certains joueurs étaient venus pour lui, d’autres jouaient pour lui depuis longtemps. Il n’y avait pas de défiance à son égard. Mais j’ai aussi trouvé une équipe concernée.
« Le risque d’être enfermé dans une case :
une vision beaucoup trop réductrice »
Être coach principal, cela vous manquait ?
Oui, tout à fait. C’est pour ça que j’avais pris la décision de ne pas prolonger avec la JL Bourg en fin de saison passée (il a finalement été prolongé pour six mois suite au licenciement de Slobodan Savovic, ndlr). J’avais vraiment cette volonté de redevenir coach. Quand j’ai signé à Bourg, ce n’était que pour un an. Dans mon esprit, j’avais très envie d’évoluer dans un club de très haut niveau, de m’enrichir et de repartir l’année suivante en étant un meilleur coach. J’avais fait tout mon cursus à Nantes (14 saisons à l’Hermine) et je souhaitais voir autre chose. Mais pour moi, au début, je n’allais faire qu’un an tant qu’assistant…

Ça s’est donc prolongé un peu plus que prévu…
Parce que j’ai trouvé tellement de choses à la Jeu ! Quand tu travailles à la JL Bourg, tu côtoies des gens qui font tous référence dans leur métier, au sein d’un club qui est cité en exemple très souvent. On peut le lire dans les articles mais c’est encore bien plus riche de le voir de l’intérieur. En trois ans et demi, on a le temps de s’immerger. Le président Julien Desbottes a eu une vision pour ce club-là et s’est entouré de gens très compétents. Pour s’en tenir au secteur sportif, quand vous avez la chance de travailler avec Freddy Fauthoux, François Lamy, Fabrice Serrano ou Frédéric Sarre, tu ne bosses qu’avec des gens qui sont d’une immense compétence. J’ai adoré travailler avec eux et j’ai aussi eu la chance d’adorer être avec eux. Si ça s’est prolongé, c’est aussi parce que la Coupe d’Europe et le rythme de deux matchs par semaine, j’ai trouvé ça juste génial.
A contrario, si cela s’éternisait, il y avait aussi le risque de se retrouver enfermé dans une case et d’être définitivement catalogué comme n°2…
C’est exactement ça ! Et je trouve ça dommage. On le voit fréquemment dans d’autres pays pourtant… Je ne vois pas pourquoi le fait d’aller s’enrichir ailleurs devrait nous coller une étiquette. Je trouve cette vision beaucoup trop réductrice.

« Le plus enrichissant à Bourg ? L’exigence »
Le passage bressan a donc été enrichissant. Mais concrètement, en quoi êtes-vous désormais un coach différent de celui qui a quitté le banc de Nantes en janvier 2022 ?
Sauf si vous avez beaucoup de temps devant vous, je vais être obligé de vous faire une réponse de Normand justement… Je ne pourrais pas résumer trois ans et demi d’une telle richesse. Maintenant, je pourrais parler de l’exigence. J’ai eu la chance de travailler avec des gens d’une grande précision et d’une rigueur extrême, tout en mettant beaucoup de sens autour de ça. Cela inclut aussi les joueurs : j’ai adoré travailler avec des joueurs de très haut niveau, et on en a eu beaucoup ! Ils te font aussi énormément progresser et prendre conscience de plein de choses. J’ai eu des échanges tellement riches avec Freddy, et son expérience du très haut niveau, avec Fabrice (Serrano). C’était absolument génial ! Mais du coup, c’est difficile de réduire cette période à quelque chose, si ce n’est peut-être cette exigence de ce que le haut niveau nécessite au quotidien pour faire progresser ton équipe.
Votre duo avec Frédéric Fauthoux s’est rapidement avéré très fonctionnel…
C’est une vraie rencontre ! Parce que d’abord, on ne se connaissait pas, à part deux coups de téléphone pour discuter d’un prêt de Neal Sako ! J’aurais voulu me le faire prêter, au tout début de son éclosion à Levallois, et on s’était appelé à ce sujet. J’ai adoré travailler avec Frédéric Fauthoux (il le répète). Pour cette exigence quotidienne justement, pour la mise en place du travail, pour la façon dont lui veut faire jouer son équipe, pour son idée du basket, le basket qu’il aime en fait. Ça a été absolument génial de discuter de tout ça. Et en plus, je suis tombé sur un grand bonhomme, une grande personnalité. Ça a matché entre nous, tout simplement.

« Maintenir Caen, le mieux possible »
Vous n’avez signé que pour six mois à Caen : c’est une mission commando…
Exactement. C’est une mission où il faut maintenir l’équipe, le mieux possible. C’est très important… Il va falloir bosser pour gagner le plus vite possible et inverser la dynamique.
Il y a des situations plus faciles pour démarrer une aventure que la réception de la lanterne rouge, Challans. Dès vendredi, c’est un match sous très haute pression, où il est déjà marqué interdit de perdre…
Au vu de notre situation, peu importe l’identité de l’adversaire ! On pourrait jouer n’importe qui, mais il est d’abord temps de savoir quelle équipe on doit être, quelle équipe on veut être. C’est ce que je veux travailler cette semaine. Même si je connaissais l’équipe de loin, il faut d’abord prendre ses marques en arrivant. On doit d’abord savoir ce que l’on veut faire. On s’y attelle. Que ce soit Challans ou une autre équipe, ce n’est pas l’important. C’est savoir quelle direction on prend à partir de maintenant. C’est là-dessus que j’ai axé toute ma semaine, et que je vais avoir des exigences et des attentes. J’ai fait des choix. Il va maintenant falloir être capable de progresser dans la direction qu’on a prise, et très vite.




























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