ITW Roman Domon après sa saison freshman à Murray State : « Je veux être ultra dominant l’année prochaine »

Rencontré à Indianapolis à l’occasion du Final Four, Roman Domon (2,07 m, 20 ans) s’est confié longuement sur une première année universitaire qui l’a transformé autant sportivement que mentalement.
Une saison d’apprentissage et de montée en puissance progressive, qui l’a convaincu de poursuivre l’aventure dans le Kentucky. Début avril, il a officialisé son retour chez les Racers pour la saison 2026-2027. Avec un objectif clairement affiché : ne plus seulement être bon, mais devenir dominant.
Freshman of the Year, Sixth Man of the Year, 14 points de moyenne. Comment tu résumerais ta première saison en quelques mots ?
Franchement, c’était incroyable. Au début, c’était un peu compliqué — je pense que les gens ne s’imaginent pas à quel point la NCAA, c’est dur. Je ne parlais pas du tout anglais au début, donc pour l’intégration, c’était compliqué. Et en prépa, tout va trop vite. C’est un nouveau monde : nouveau langage, nouveau basket, nouvelle équipe. Mais dès que j’ai réussi à m’adapter, que le coach m’a fait confiance, j’ai monté en puissance petit à petit. Je suis vraiment très fier de ce que j’ai fait.
Tu venais de Gravelines, tu évoluais déjà en pro. C’est quoi ce qui t’a le plus choqué dans le niveau de jeu en arrivant ?
Je ne m’attendais pas à ce niveau. Parce que quand tu viens du pro, tu te dis que tu vas jouer contre des gars de ton âge, que ça devrait être gérable. Mais même niveau basket pur, c’était compliqué au début — parce que la mentalité est complètement différente. Ces gars-là, c’est des tueurs. Ils veulent t’abattre, être plus physiques que toi, montrer qu’ils ont plus envie que toi. C’est ça la vraie différence. Il faut rentrer dans leur mentalité et être le plus affamé possible.
« Ces gars-là, c’est des tueurs. Ils veulent t’abattre, être plus physiques que toi, montrer qu’ils ont plus envie que toi »
C’est quoi cette mentalité de « tueur » dont tu parles ? C’est spécifiquement américain ?
Je pense que c’est clairement américain, oui. Ici, les gars jouent un peu leur vie. S’ils ne sont pas dans les meilleurs du pays à l’université, le basket s’arrête pour eux — parce que tout le monde ne va pas en Europe. Nous, en France, on a plein de divisions, plein d’alternatives. Eux, c’est maintenant ou jamais. Du coup, ils se donnent à fond, ils veulent t’abattre, être plus physiques, montrer qu’ils ont plus envie que toi. C’est ça, la vraie différence. À un moment, je me suis dit : faut juste être un tueur. Plus d’excuses, plus de place pour les hésitations. Il faut taffer, prendre du plaisir sur le terrain, et c’est tout. Après ça, j’ai plus regardé en arrière. Je ne m’attendais pas à progresser autant sur cet aspect. Mais ici, la mentalité ambiante t’oblige à te remettre en question. Ce que j’avais en arrivant, c’était bien — mais c’était pas assez.
Tu restes à Murray State l’année prochaine. Pourquoi tu avais choisi cette université ?
Parce que c’était l’endroit où je me sentais vraiment à ma place. Je sortais d’une saison pro où je n’avais pas vraiment pris de plaisir, et quand j’ai eu le coach au téléphone, j’ai tout de suite senti que c’était là que j’allais me retrouver. Il m’a fait confiance, il m’a fait jouer exactement comme je voulais jouer. Et c’est aussi pour ça que j’ai resigné — parce que cet environnement me fait progresser sur mes points forts comme sur mes points faibles, et c’est comme ça que je suis bon : en prenant du plaisir et en travaillant dur.
« Avant, je ne savais pas vraiment où je voulais aller. Maintenant, je sais exactement qui je veux être quand je joue »
Le temps de jeu et le rôle, c’était non-négociable pour toi en choisissant une fac ?
Complètement. Quand tu sors du pro, tu ne vas pas t’expatrier pour aller rester sur le banc. C’était la raison principale de pourquoi j’ai choisi Murray State, et c’est pareil pour cette année — il y avait d’autres options, mais je sais que c’est ici que je peux me montrer, que je peux progresser. Jouer beaucoup et avoir un rôle, c’était non-négociable.
6’9 G/F 🇫🇷 Roman Domon is having a strong freshman season at Murray State averaging 13.2 PPG, 4.7 RPG, 1.3 APG on 53/42/80 splits in just 21 MPG.
Strong frame for a multi positional threat at 6-9 225 lbs, he's got great feel, tremendous footwork and touch, and he's shooting… pic.twitter.com/MQrgCfr4G8
— Arman Jovic (@PDTScouting) January 30, 2026
Est-ce qu’il y a un aspect du jeu sur lequel tu as clairement progressé ?
Techniquement, j’ai progressé sur tout — le jeu balle en main, le tir surtout, parce que j’avais de mauvais pourcentages les saisons précédentes. Mais ma plus grande progression, elle est mentale. Avant, je ne savais pas vraiment où je voulais aller, ce que je voulais faire sur un terrain. Maintenant, je sais exactement qui je veux être quand je joue. C’est cette clarté-là que j’ai gagnée ici.
Tu as signé un contrat autour d’un million. Comment vis-tu le fait de gagner autant d’argent à cet âge dans un système qui n’est officiellement pas professionnel ?
Je pense qu’on est chanceux, et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte parce qu’on est trop jeunes. Moi, ça ne change pas grand-chose à mon train de vie. Je prends peut-être un peu plus de nourriture de temps en temps, mais je fais toujours attention à mon argent. Une vie, c’est très long. Ce qui m’intéresse d’abord, c’est d’être bon sur le terrain — parce que si je suis bon, l’argent suivra de toute façon. Le NIL, c’est bien, mais ce n’est pas ce qui me préoccupe le plus.
Sur quoi tu veux travailler en particulier cet été ?
Je veux devenir ultra dominant. Quatorze points, cinq rebonds, c’est une bonne base — mais c’est pas assez pour être vraiment dominant. Les très bons joueurs tournent à vingt points, huit rebonds. C’est là que je veux être. Et c’est en étant dominant qu’on t’ouvre les plus grandes portes.
« Ce que je veux, c’est aller en NBA quand je serai vraiment prêt, pas avant »
La NBA, tu y penses ?
J’y pense, mais sans me mettre de pression. Je prends l’exemple de Maxime Raynaud : il a fait quatre ans, il a attendu d’être prêt, et maintenant c’est un des meilleurs rookies de l’année. C’est un bon exemple de savoir quand tu es prêt. Moi, je me sens pas encore là. J’ai encore deux ans d’éligibilité. Si ça doit prendre un an, ça prend un an. Si ça en prend deux, j’attendrai deux ans. Ce que je veux, c’est y aller quand je serai vraiment prêt — pas avant.
Et l’Euroleague, ça t’attire aussi ?
Bien sûr. Je regardais beaucoup le Real, le Barça, mais aussi Monaco, Paris Basketball, Olympiacos… C’est des équipes qui donnent envie. L’Euroleague, c’est exceptionnel. Encore une fois, il faut être très bon pour y jouer — et c’est pour ça que j’essaie de tout mettre de mon côté.
« L’équipe de France, ça fait partie de mon plan »
L’équipe de France, c’est un aussi objectif ?
C’est incroyable de représenter son pays — il n’y a pas beaucoup de gens qui ont cet honneur. Maintenant que j’ai fait les U20, la prochaine étape c’est les A. Je sais que les places vont être compliquées à prendre avec la génération qu’on a, mais il n’y a pas de limite. Je joue au basket pour réaliser mes rêves et mes objectifs. L’équipe de France, ça fait partie de mon plan.
Il y a Amaël L’Etang qui est là à Indianapolis avec toi. Vous vous connaissez depuis longtemps. Comment tu vois son évolution ?
Le fait d’être en NCAA, ça m’aide — on est dans le même fuseau horaire, donc je peux le regarder jouer, suivre ses matchs de près. Et le taquiner quand il est moins bon, aussi. Il a fait une bonne saison, et sa conférence est vraiment difficile. J’ai hâte de voir ce qui va lui arriver. Je lui souhaite que du bon.

Un potentiel nouveau Français, Talis Soulhac, pourrait te rejoindre à Murray State l’année prochaine. Qu’est ce que ça t’inspire ?
Je ne sais pas si c’est fait ou pas, mais si ça arrive, ce serait vraiment bien. Ça montrerait que ce joueur veut passer un cap, et pour moi, ça donnerait encore plus envie d’être là-bas. Je sais très bien pourquoi j’ai resigné — on veut passer un gros cap ensemble l’année prochaine. Entendre des noms de bons joueurs autour de ça, ça me donne encore plus hâte d’y être.
Globalement, tu conseillerais à un jeune Français de tenter l’aventure NCAA ?
Ça dépend de tout le monde. Moi, j’avais besoin de nouveauté, d’un nouveau challenge, et je pense que c’était le meilleur choix pour ma carrière. Mais certains veulent de l’argent, du temps de jeu — et ils peuvent très bien trouver ça en France aussi. Je n’ai pas de conseil universel à donner. Chacun a son plan, chacun construit sa carrière à sa façon.
Le grand format et l’interview complète de Roman Domon :























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