Jacques Alingue, les dernières défenses : l’intérieur de Blois va raccrocher

Jacques Alingue a pris sa décision : cette saison 2025/26 sera sa dernière
Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuitVoici venu le crépuscule de l’une des carrières les plus miraculeuses du basket français : celle d’un enfant des playgrounds de N’Djaména (Tchad) qui, à 19 ans, n’avait pas encore participé au moindre entraînement collectif structuré. Et qui, pourtant, bien des années plus tard, s’est retrouvé à prendre place sur un podium européen avec la JDA Dijon.
Exactement 19 ans après avoir appris à poser ses premiers écrans lors de séances improvisées à l’Électricité de Strasbourg, Jacques Alingue (désormais âgé de 38 ans) a pris la décision de ranger les baskets au placard à l’issue de cette saison, qui marquera la fin de son contrat à l’ADA Blois.
Le parcours de Jacques Alingue est donc celui de quelqu’un qui aura su saisir les opportunités au vol, comme lorsqu’un ami du playground de la Citadelle (à Strasbourg) lui a proposé de venir faire un essai à Haguenau. Il n’avait encore jamais participé au moindre match officiel mais l’entraîneur Michaël Nachon a vu quelque chose dans ce jeune un peu foufou, aux qualités athlétiques démesurées, et l’a lancé dans le grand bain en Nationale 3.

Au fil des années, la transformation de son jeu fut assez stupéfiante, d’un électron libre sans cadre à l’ancre de la meilleure défense de France, celle de Laurent Legname. Au milieu, un homme providentiel : Stéphane Éberlin, lors des grandes années de Souffelweyersheim (de la NM2 à la Pro B). « Je lui dois énormément », nous disait-il en 2022. « C’est lui qui m’a inculqué cette culture de la défense, c’est lui qui m’a répété que ça devait être mon fonds de commerce, que je devais me reposer là-dessus pour gagner de la confiance et ensuite pouvoir faire autre chose, comme marquer des points. Il m’a vraiment formé. Sous ses ordres, j’ai été élu deux fois meilleur défenseur de NM1. Il me prenait souvent en exemple Flo Piétrus, il me disait que mon jeu devait se rapprocher du sien. Et on a même fini par jouer ensemble (à Strasbourg) ! »

Révélé au BCS, le natif d’Avranches aura donc su s’envoler bien plus haut que ses prédictions. « Mon plan, c’était la Nationale 1 », pensait-il en début de carrière. Au final, c’est en Betclic ÉLITE qu’il aura vécu son âge d’or, principalement sous les couleurs de la JDA Dijon (huit saisons), disputant une finale de championnat de France en 2021, un Final Eight de Basketball Champions League et remportant la finale de Coupe de France en 2024.
Entre-temps, son ascension qui aurait pu être stoppée par deux ruptures successives du tendon d’Achille, la pire blessure possible pour un basketteur, qui lui laisse le goût amer d’une saison à seulement deux matchs officiels dans le club de sa ville, Strasbourg.

Mais Jacques Alingue a tellement su maximiser sur ses points forts, la défense en l’occurrence, quitte à délaisser les autres (son adresse aux lancers-francs, la pire de France, partie decrescendo au fil des saisons, de 60% en 2013/14 à un atroce 22% cette saison !), qu’il a bâti sa longévité. « C’est une fierté car ce n’était pas donné au début. Si on m’avait dit ça il y a dix ans, que j’allais être un joueur référencé, un ancien de Betclic ÉLITE, je n’y aurais pas cru », exprimait-il en 2022. « Ça m’a permis aussi de vivre des moments spéciaux et j’espère que ce n’est pas fini. » La dernière opportunité possible est toute trouvée : ramener l’ADA Blois en Betclic ÉLITE, au terme des playoffs d’ÉLITE 2.
Futur directeur sportif ?
Alors qu’il s’orientait initialement vers une reconversion dans le marketing, puis dans la finance, Jacques Alingue aimerait finalement rester près des terrains de basket, en tant que directeur sportif.
C’est ainsi que le Strasbourgeois pourrait vivre un retour aux sources en rejoignant l’Alliance Sport Alsace, issue d’une fusion entre le BC Gries-Oberhoffen et le BC Souffelweyersheim, le club où il a lancé son ascension vers les sommets (de la NM2 à la Pro B entre 2009 et 2014).
Alors que l’ASA est sans directeur sportif depuis la démission de Thomas Lotz l’été dernier, le club bas-rhinois serait ainsi en discussions avec Jacques Alingue pour qu’il reprenne le flambeau à l’issue de sa carrière.
Son parcours :
- 2007/09 : CO Haguenau (NM3)
- 2009/14 : BC Souffelweyersheim (NM2, NM1 puis Pro B)
- 2014/18 : JDA Dijon (Betclic ÉLITE), avec un crochet par Hyères-Toulon pour les playoffs de Pro B en 2015
- 2018/19 : SIG Strasbourg (Betclic ÉLITE)
- 2019/20 : Le Mans SB (Betclic ÉLITE)
- 2020/24 : JDA Dijon (Betclic ÉLITE)
- 2024/26 : ADA Blois (ÉLITE 2)
Son palmarès :
- Meilleur défenseur de NM1 en 2012 et 2013
- MVP du mois de mars 2018 en Betclic ÉLITE
- Médaillé de bronze en BCL 2020/21
- Vainqueur de la Coupe de France 2024



























Commentaires