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« Je voulais avoir mon propre nom » : Joakim Noah se livre sur son héritage familial

Joakim Noah raconte combien le nom de son père Yannick a pesé dans sa construction personnelle et sportive. Une volonté de se faire un prénom qui a nourri son caractère de compétiteur, jusqu’à son obsession de battre LeBron James avec les Chicago Bulls.
« Je voulais avoir mon propre nom » : Joakim Noah se livre sur son héritage familial

Joakim Noah revient sur le poids du nom de son père Yannick et sur l’obsession LeBron James qui a marqué ses années avec les Chicago Bulls.

Crédit photo : © Mike DiNovo-Imagn Images
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Retraité depuis 2021, Joakim Noah revient désormais avec davantage de recul sur les ressorts qui ont façonné sa carrière. Le Français estime avoir longtemps cherché à sortir de l’ombre de son père Yannick, longtemps célébrité préférée des Français après sa victoire à Roland-Garros en 1983 ou son succès dans la chanson. Une quête d’identité qui a alimenté son ego et son besoin de compétition, alimenté par ses nombreuses batailles avec LeBron James alors qu’il portait le maillot des Chicago Bulls.

« Avoir mon propre nom »

Grandir avec le nom Noah n’a jamais été neutre pour Joakim. Son père Yannick était déjà une personnalité majeure bien avant que le futur pivot de Windy City ne construise sa propre carrière. Dans son enfance, le natif de New York voyait régulièrement des inconnus interrompre des repas ou des promenades pour venir parler à son père.

« Être le fils de Yannick Noah était un vrai privilège, mais un privilège auquel tu n’avais rien à voir. Tu es juste le fils de Yannick Noah », explique-t-il  dans une interview accordée à The Athletic. « Une grande partie de ma motivation était d’avoir mon propre nom. »

Cette exposition précoce a profondément influencé sa manière de se construire. Joakim Noah explique avoir rapidement compris ce que représentait son patronyme, dans une famille où son père avait atteint le sommet du tennis et son grand-père Zacharie avait été footballeur professionnel au Cameroun.

« C’était là depuis ma naissance. Je le ressentais », résume-t-il.

Avec le recul, Jooks estime cependant que cette volonté de s’émanciper du statut de « fils de » a aussi nourri une certaine arrogance lorsqu’il est devenu lui-même une personnalité publique.

« Mon père était la personne la plus célèbre de France. Toute cette histoire d’ego, j’ai grandi là-dedans. J’étais encore un enfant et c’était ce que je voulais : être quelqu’un qui avait son propre nom. »

Son regard a changé depuis qu’il est lui-même père de trois enfants. Joakim Noah ne cherche plus seulement à se distinguer de cet héritage mais à réfléchir à ce qu’il souhaite transmettre : « Je veux qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont et de ce que représente le nom Noah. »

LeBron James jusqu’à l’obsession

Une fois son identité construite en NBA, Joakim Noah a trouvé un autre moteur : l’adversité. Et aucun joueur n’a davantage symbolisé cette quête que LeBron James.

Avec Chicago, Noah a longtemps considéré qu’un titre NBA était possible. Mais ses souvenirs des playoffs restent intimement liés à James et aux Cleveland Cavaliers, puis au Miami Heat. La défaite en finale de conférence Est 2011, en cinq matches face au Heat, constitue le moment où les Bulls se sont approchés le plus près du titre pendant sa carrière.

Cette frustration a alimenté une rivalité devenue très personnelle. Le double champion NCAA sous le maillot de Florida reconnaît avoir eu besoin de se fabriquer des ennemis pour fonctionner, au point d’adopter une vision presque binaire de la compétition.

« C’était notre camp, et allez vous faire voir dans l’autre camp », explique-t-il à propos de son état d’esprit de l’époque.

Le Français raconte surtout combien les éliminations ont continué à l’obséder une fois la saison terminée. Ses étés étaient consacrés à corriger ses faiblesses et à imaginer comment mieux jouer autour de Derrick Rose. Même loin des terrains, son esprit revenait constamment au basket.

LeBron James représentait alors ce que Noah n’était jamais parvenu à dépasser. Des années plus tard, cette fixation s’est atténuée. En retournant à Cleveland et en observant son ancien rival depuis les tribunes, l’ancien Bull a constaté le chemin parcouru.

« On peut l’apprécier différemment quand on n’est plus dans la compétition », reconnaît-il. « La vérité, c’est que cinq ans plus tôt, ou même quelques années plus tôt, je n’aurais probablement pas pu. »

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