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Meilleur marqueur de l’histoire des Coupes d’Europe, Nando De Colo au Panthéon !

Avec 4 917 points à son compteur personnel, Nando De Colo a profité du déplacement à Belgrade pour dépasser le mythique Nikos Galis et devenir le meilleur marqueur de l'histoire des Coupes d'Europe. Quinze ans après ses débuts en FIBA Eurocup avec Cholet, l'arrière de l'ASVEL est définitivement entré dans la légende du basket européen. Immense. !
Meilleur marqueur de l’histoire des Coupes d’Europe, Nando De Colo au Panthéon !
Crédit photo : CSKA Basketball

Amara Sy a une excuse. Cela remonte désormais plus de 15 ans et 2 mois, soit une éternité, mais s’il avait su, l’Amiral aurait peut-être jeté un œil plus attentif au petit jeune de 20 ans qui était en train de torpiller son équipe de l’AEK Athènes lors du tour préliminaire de la FIBA Eurocup en novembre 2007. « Je ne me rappelle même pas qu’il était au match », rigole-t-il. « Pourtant, je me souviens très bien de la série. On s’était fait laver à la Meilleraie au retour (55-78). » À l’époque, Nando De Colo disputait ses deux premiers matchs de Coupe d’Europe et les ardoises laissées donnaient une indication de la suite : 21 points à l’aller, 22 au retour, qualification de CB. « Il jouera quelque part en Europe dans deux ans », croyait prophétiser K’Zell Wesson. C’était exact, mais que partiellement : au final, ce barrage marquera les prémisses d’un parcours légendaire pour Le Moniteur puisqu’il est devenu, 5 554 jours plus tard, le meilleur marqueur de l’histoire de toutes les Coupes d’Europe, 65 ans après la création de la première d’entre elles, dépassant l’éternel Nikos Galis sur un lancer-franc, célébré par un bisou vers sa famille réunie dans les tribunes de l’Astroballe.

En Europe, Nando De Colo est désormais seul au monde (photo : Miguel Angel Polo / Valencia Basket Club)

Selon un classement dépoussiéré des archives par deux journalistes hellènes, Yannis Psarakis et Dimitris Karydas, Nando De Colo totalise désormais 4 917 points en carrière, une courte tête devant deux monstres sacrés du basket grec, Nick Galis (4 904), donc, et Vassilis Spanoulis (4 872). Des données qui prennent en compte absolument tous les matchs continentaux disputés par le Villeurbannais, d’une obscure rencontre de qualification pour une C3 à une finale d’EuroLeague, d’un déplacement anonyme à Fribourg jusqu’aux duels épiques contre les gros bras du continent. De l’AEK Athènes jusqu’à ce déplacement dans l’enfer de la Stark Arena, il totalise ce vendredi 324 apparitions sur la scène européenne, soit une moyenne de 15,2 unités par sortie.

« Cette référence fera plaisir quand j’arrêterai »

« Cette référence fera plaisir quand j’arrêterai », expliquait-il à L’Équipe en apprenant, en décembre 2021, qu’il était destiné à devenir n°1. « Cela rend fiers mes proches. Dernièrement, quand je suis rentré à la maison après être passé premier à l’évaluation en Euroligue, ma femme savait ce que ça signifiait. Écrire mon nom dans l’histoire du basket européen, c’est ce pourquoi je fais ce sport et je vais tous les jours à l’entraînement. » Mais puisque l’ASVEL n’a pas réussi à battre la Virtus Bologne (64-77), il avait un peu au moment d’évoquer son record au micro de Skweek ce vendredi. « Bien sûr que ça me fait plaisir de passer ce cap mais les gens autour de moi m’en ont plus parlé que je n’ai fait moi-même attention à tout ça. Ce soir, j’étais venu jouer un match d’EuroLeague. Évidemment, il y a ce côté personnel qui s’est ajouté et ça aurait pu avoir une meilleure fin. Mais c’est quelque chose de très grand que j’ai accompli aujourd’hui. On va essayer de laisser passer la défaite et on reviendra là-dessus plus tard. »

Et dire que si les arbitres avaient sifflé la faute de Guilherme Giovannoni sur la dernière tentative du Nordiste en finale de l’EuroChallenge 2009 à Bologne (75-77 pour la Virtus), Nando De Colo aurait remporté toutes les Coupes d’Europe auquel il a pris part… Finaliste malheureux de la C3 avec son club formateur, l’international s’est ensuite superbement vengé en remportant l’EuroCup (avec Valence, en 2010) puis en montant sur le toit de l’Europe à deux reprises, en 2016 et en 2019 sous les couleurs du CSKA Moscou.

En 2016, la razzia de Nando De Colo (photo : CSKA Basketball)

Au milieu de tous ces trophées, quelques instants homériques à titre individuel : une sortie à 37 points dès sa première campagne contre Riga (« il était complètement on fire », se rappelle Steed Tchicamboud. « J’ai compris que c’était fou au moment où je l’ai vu faire la mimique de Jordan en revenant vers le banc après avoir inscrit un trois points »), une finale d’EuroChallenge à 24 unités contre la Virtus Bologne dans le chaudron italien à 21 ans, un sans-faute contre Malaga en 2015 (28 points à 100%), toute une saison régulière d’EuroLeague sans descendre sous les 12 points, une pointe à 39 pions lors de sa première rencontre à domicile avec le Fenerbahçe, un soir dans la zone contre le Partizan à l’Astroballe (32 points à 77%), etc. Et surtout, une saison pour l’éternité, l’exercice 2015/16 : cette année-là, Nando De Colo a terminé meilleur marqueur de l’EuroLeague (19,4 points), meilleur arrière, MVP de la compétition, MVP du Final Four avec un week-end berlinois à 52 points et champion d’Europe… La totale !

Un gamin de la campagne arrageoise devenu roi d’Europe

« Il est rentré dans la légende européenne », résume Paul Lacombe. « Il laissera une trace indélébile dans le basket européen », ajoute Florent Piétrus. Une histoire qui a démarré, dans la plus grande confidentialité, dans la campagne arrageoise, à Rivière. Nando De Colo est un enfant de la balle : sa mère, Nicole, a joué en première division, à Arras et Reims, tandis que son père Bruno a évolué au Portel. Vous les voyez ces gamins accompagnant leurs parents tous les week-ends à la salle, profitant de tous les temps-mort pour aller shooter ? Au début des années 90, dans le Nord, c’était Nando. « Il ne faut pas négliger le facteur famille qui a été très important dans sa réussite », appuie Erman Kunter. Après avoir démarré à l’ASPTT Arras, il a transité par la section basket du RC Lens, par le CREPS de Wattignies et par les minimes Frances de Liévin (coaché par Ludovic Pouillart) avant d’être repéré par Jean-François Martin lors d’un tournoi inter-comités puis invité à un camp d’été de Cholet Basket. Déraciné à 15 ans, le vice-champion olympique se comporte déjà comme un professionnel. « Je me souviens de lui quand il était en cadets », retrace Erman Kunter, coach de CB en 2003/04. « C’était le seul de l’équipe qui s’entraînait tout seul, après les séances collectives. Dès qu’il avait 30 minutes, il venait à la salle, il shootait. Je me rappelle très bien qu’il shootait énormément de lancers-francs à l’époque et aujourd’hui, il est le meilleur de l’histoire en EuroLeague… »

Pourtant, son nom reste encore un secret. Été après été, il est boudé par les équipes de France juniors, ce qui l’affecte grandement, avant qu’il ne réussisse à passer le cut en 2007 pour la toute dernière compétition, l’EuroBasket U20, sous la férule de Michel Gomez. Reste qu’il impressionne tous ceux qui croisent sa route. « J’ai compris dès que je l’ai vu en jeunes », lance Laurent Sciarra, son parrain. « Il m’avait bluffé. Il avait du basket, de la dextérité, il m’avait bluffé. Déjà, les mecs qui partent à droite et qui font des appuis inversés pour finir au lay-up, ça ne se voit plus. » Adversaire lors de son deuxième vrai match en professionnel (15 d’évaluation en 23 minutes le 18 novembre 2006 à Villeurbanne), Amara Sy embraye. « Il avait fait une vraie perf’, ça m’a marqué. Il n’a pas bégayé, j’ai vu directement qu’il allait être très bon. »

Avec l’ASVEL, De Colo est engagé dans sa 10e saison européenne (photo : Infinity Nine Media / Julie Darbon)

Très bon, OK, mais à ce point ?! Non, forcément non. « Personne n’aurait pu dire qu’il allait devenir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’EuroLeague », martèle Erman Kunter. En échec en NBA entre 2012 et 2014 à San Antonio et Toronto, Nando De Colo a fait basculer sa carrière vers l’immortalité en choisissant de revenir en Europe. « C’est beau car le modèle des jeunes est la NBA aujourd’hui », applaudit Paul Lacombe, son coéquipier en Bleus lors de la Coupe du Monde 2019 puis à l’automne à Villeurbanne. « Il montre que jouer en Europe peut être génial. J’espère que certains rêveront de faire une carrière à la De Colo maintenant. Il a un peu ouvert la voie aux Français en EuroLeague. » Premier Français champion d’Europe (en 2016) depuis Antoine Rigaudeau en 2001, il avait effectivement, en quelque sorte, lancé la deuxième vague d’expatriation en rejoignant Valence en 2009, et ensuite mis fin à une disette de huit ans sans tricolore au Final Four (depuis Florent Piétrus en 2007). L’année dernière, ils étaient 8 Français lors du dernier carré à Belgrade ! « C’est en regardant les autres Français que j’ai compris qu’il y avait d’autres choses que la NBA », disait l’un d’entre eux, Vincent Poirier, l’année dernière. « Moi, je ne parlais que de NBA, je ne connaissais pas l’EuroLeague au début. Aujourd’hui, j’ai réalisé à quel point c’est kiffant ! » Ça, c’est aussi l’héritage De Colo !

Mais est-il estimé à sa juste valeur en France ?

Le voir devenir le meilleur marqueur de l’histoire des Coupes d’Europe vient récompenser l’union entre des qualités innées hors du commun – « un génie offensif rare » selon Michel Veyronnet – et une éthique de travail irréprochable. Des milliers et des milliers d’heure de répétition qui ont poussé sa science du jeu, du shoot et du pick and roll vers des hauteurs presque insoupçonnées. « Nando, c’est une précision chirurgicale, une concentration extrême et un talent incroyable », synthétise son ami Léo Westermann. Demeure un débat, à propos duquel poser la question est déjà un peu y répondre : De Colo est-il estimé à sa juste valeur en France ? « En Europe, les gens se rendent compte, il a un immense respect de tous les plus grands joueurs, c’est dommage qu’il ne soit pas plus mis en avant en France », répond Florent Piétrus. Dans la sphère basket, tout le monde sait évidemment qui est réellement Nando De Colo mais il n’a jamais réussi à dépasser le cadre de ce microcosme, malgré ses performances en équipe de France, la faute au faible intérêt porté à l’EuroLeague dans l’Hexagone et à son côté taiseux. « Il va termine dans le top historique de l’EuroLeague mais en France on se tire la pige sur d’autres », image Laurent Sciarra. « Il n’est pas bankable mais il s’en fout de ça ». Le héros de Sydney 2000 est rejoint dans son jugement par tous nos interlocuteurs, comme Léo Westermann. « On a une chance inouïe qu’il soit Français mais on ne le dit pas assez, on ne le remarque pas assez. Il mériterait d’être plus mis en avant. Selon moi, il n’y a plus de débat : il est le meilleur joueur français ayant évolué en Europe. » Et Top 5, pour râtisser large, de l’histoire du basket tricolore… « Top 3, même, avec Tony Parker et Alain Gilles », coupe Amara Sy. Une dernière chose ? « Ah maintenant qu’on en reparle, je le revois en train de nous taffer avec l’AEK en 2007 », s’anime l’Amiral. « J’ai des images de lui en train de nous faire la misère qui me reviennent. Mais ça va, on n’a pas été sa seule victime ! » Oh non, la première d’une très longue liste même.

Le Top 5 des meilleurs marqueurs de l’histoire des Coupes d’Europe :

  1. Nando De Colo : 4 917 points
  2. Nikos Galis : 4 904 points
  3. Vassilis Spanoulis : 4 872 points
  4. Dejan Bodiroga : 4 458 points
  5. Juan Carlos Navarro : 4 351

La répartition des points de Nando De Colo :

  • 398, avec Cholet Basket (2007/09)
  • 598, avec Valence (2009/12)
  • 2 496, avec le CSKA Moscou (2014/19)
  • 1 138, avec le Fenerbahçe Istanbul (2019/22)
  • 287, avec l’ASVEL (2022/23)

La répartition des matchs européens de Nando De Colo :

Par compétition :

  • 266 en EuroLeague
  • 30 en EuroCup
  • 16 en EuroChallenge
  • 6 en FIBA Eurocup
  • 2 en qualifications pour la FIBA Eurocup
  • 2 en qualifications pour l’EuroChallenge
  • 2 en tour préliminaire de l’EuroCup

Par club :

  • 26 avec Cholet Basket
  • 51 avec Valence
  • 149 avec le CSKA Moscou
  • 77 avec le Fenerbahçe Istanbul
  • 21 avec l’ASVEL

Les témoins de sa domination européenne

Erman Kunter (son coach à Cholet de 2006 à 2009) : « Quand je suis arrivé à Cholet, il était avec les Espoirs. Nous avions un Américain au même poste (Norman Richardson), ayant joué un peu en NBA. Dès le mois de décembre, j’ai vu que Nando pouvait facilement faire mieux que lui donc, avec le président, nous avons décidé de nous séparer de Richardson. Au final, on a bien fait de donner une chance à Nando (il rit). Je me souviens très bien de ses premiers matchs de Coupe d’Europe contre l’AEK Athènes. On perd la première manche là-bas de 9 points et on leur fait vivre un cauchemar au retour (il rit). À l’époque, l’AEK n’était pas loin de challenger l’Olympiakos et le Panathinaïkos. Sur les deux matchs, Nando met 43 points. Et derrière, c’est parti ! On aurait pu gagner l’EuroChallenge 2009 mais il y avait faute sur son dernier tir, c’est sûr et certain. C’est quelqu’un qui travaillait très bien, qui ne parlait pas beaucoup. Je l’ai croisé récemment quand il est venu avec l’ASVEL à Istanbul, j’ai l’impression que son caractère n’a pas changé. Quand on a cherché une solution pour se séparer de Richardson, c’est parce que Nando montrait qu’il avait quelque chose. Mais pas autant que ça non plus ! Pour un coach, je peux vous garantir que voir l’un de ses anciens joueurs, avec qui on a autant travaillé, prendre une telle dimension est absolument extraordinaire. Idem quand je vois Rodrigue Beaubois faire une superbe saison avec l’Efes, émotionnellement, c’est incroyable… Je commente à la télévision turque maintenant donc les voir s’affronter l’un contre l’autre, c’était extraordinaire. »

Ensemble, Flo Piétrus et Nando De Colo ont remporté l’EuroCup en 2012

Florent Piétrus (son coéquipier à Valence de 2009 à 2012) : « J’ai vu son évolution depuis son arrivée à Valence jusqu’à aujourd’hui. À l’époque, c’était vraiment un joueur très discret, pas un grand communicant, même s’il s’est ouvert au fil des années. Mais il était super talentueux et s’exprimait sur le terrain. J’ai vu dès le départ qu’il avait l’âme d’un leader. J’avais été là pour lui car j’étais présent à Valence depuis un an : même s’il avait aussi sa famille, je pense qu’être aux côtés d’un Français dans l’équipe l’a aidé. Cela n’a pas été facile au début, il y a eu un temps d’adaptation mais tout le monde a vite vu que Nando était la catégorie au-dessus. Il est rapidement devenu un leader de l’équipe. L’EuroCup gagné ensemble en 2010 reste un très beau souvenir, surtout qu’on démarre en qualifications, en perdant le match aller de 18 points (-15, en réalité, à Mons-Hainaut) puis en gagnant le retour en prolongation. On était d’entrée au bord de l’élimination. Ça a été une aventure humaine avec un groupe exceptionnel. Ce titre avec Nando, ça a été le début d’une longue série en équipe de France après. Je suis vraiment content de son parcours car c’est quelqu’un que j’admire beaucoup, que je respecte énormément. Je suis très fier d’avoir pu évoluer à ses côtés, vraiment très fier de lui. »

De Colo et Westermann célébrant les trophées nationaux du CSKA Moscou en 2017/18

Léo Westermann (son coéquipier au CSKA Moscou en 2017/18 et au Fenerbahçe Istanbul de 2019 à décembre 2020) : « Quand j’arrive à Moscou, c’est l’année où Milos Teodosic s’en va donc Nando était le joueur présent depuis longtemps. Même s’il y avait eu des grosses recrues comme Chacho Rodriguez ou Will Clyburn, il était la grande star du club, la tête d’affiche de l’équipe. De ce que j’ai cru comprendre, cela correspond au moment où il s’est mis à plus parler, à s’investir, à devenir plus vocal en tant que leader, à s’affirmer davantage, à donner des conseils. Dans mon adaptation en Russie, il a été très important. Ce qui est impressionnant avec lui est qu’il présent sur tous les matchs. La moindre petite rencontre de VTB League, il était MVP. C’est ça qui est fou avec lui, il n’a jamais levé le pied, toujours à fond sur chaque possession. Sa régularité et son professionnalisme m’ont impressionné. Quand on arrive au Fenerbahçe, je crois qu’il avait besoin d’un nouveau challenge. Il avait tout gagné, tout fait au CSKA. Il débarque en tant que leader, c’était l’un des gros transferts de l’été. Et dès le premier match d’EuroLeague (à domicile), il en met 39. Donc direct, tu sais qui arrive au club. C’était incroyable. Même s’il y avait pas mal d’anciens dans l’équipe comme Kalinic, Datome ou Sloukas, il s’est directement imposé comme le go-to-guy. Malheureusement, c’était une année compliquée. On a eu des problèmes de résultats au début et quand on s’est remis dans la course, le Covid a tout arrêté. »

Emmener l’ASVEL en playoffs de l’EuroLeague, le nouveau défi de De Colo ? (photo : Infinity Nine Media / Alexia Leduc)

Michel Veyronnet (son GM à l’ASVEL depuis 2022) : « Dépasser Nikos Galis est quelque chose d’exceptionnel car il a été un tel marqueur pendant des années… C’est déjà formidable en soi. Qu’il le fasse avec l’ASVEL, c’est tout simplement magnifique. Je pense que c’est une belle récompense pour lui depuis le temps qu’il arpente tous les terrains d’Europe en démontrant toute sa classe offensive. Il a prouvé pendant quinze ans qu’il était capable d’être un très gros scoreur dans toutes les salles d’Europe. Ce n’est pas son bâton de maréchal car j’espère qu’il va marquer encore beaucoup de points et porter le record le plus loin possible. Ce sera tout bénéfique pour lui et pour l’ASVEL. C’est surtout une très grande fierté pour lui et pour nous aussi, de l’avoir dans notre équipe et de lui permettre de franchir cette barre mythique avec notre maillot sur le dos. Cette saison, je pense que l’arrivée de Dee Bost va lui permettre de plus marquer son territoire dans l’équipe en le mettant à sa vraie place, avec la possibilité d’exprimer tout son talent. C’était peut-être un peu plus difficile avant, quand l’équipe n’était pas forcément très équilibrée. Maintenant, tous les clignotants sont au vert et il va pouvoir dérouler son basket et nous apporter toute sa science offensive. C’est un patron. Quand il prend la parole, sur le terrain ou dans le vestiaire, il est écouté. Parce que sa carrière est immense, parce que son expérience est immense et parce que son leadership est maintenant affirmé, assumé, écouté. »

Que peut-il encore accomplir ?

1 – Devenir le meilleur marqueur de l’histoire de l’EuroLeague

Des trophées collectifs et des distinctions individuelles à la pelle entre 16 ans de carrière : à première vue, Nando De Colo n’a plus grand-chose à viser sur la scène européenne. Pourtant, il pourrait encore un peu plus cimenter sa place dans la légende continentale. Pour cela, il devra surtout devenir le meilleur marqueur de l’histoire de l’EuroLeague, ce qu’il n’est pas encore. 3e joueur à avoir dépassé la barre des 4 000 points, actuellement à 4 112, il compte encore 343 unités de retard sur Vassilis Spanoulis. S’il devrait s’emparer de la deuxième place dès le mois de février (4 152 pour Juan Carlos Navarro), l’ancien benjamin du RC Lens pourrait devenir le n°1 d’ici la fin de l’année 2023, s’il continue à ce rythme. Mais attention, Mike James (3 688 points) pousse fort derrière.

2 – Rester n°1 aux lancers-francs et creuser l’écart à l’évaluation

En EuroLeague, Nando De Colo figure déjà à la première place de deux classements : la réussite aux lancers-francs et l’évaluation. À créditer de 986 / 1 056 en carrière sur la ligne de réparation, soit 93,4%, il devra veiller à ne pas descendre sous Sarunas Jasikevicius (92,3%) avant sa retraite. Pour ce qui est de l’évaluation, le MVP 2016 va porter la marque jusqu’à des hauteurs inédites. Trônant à la première place du classement depuis décembre 2021, il compte déjà 459 longueurs d’avance sur Vassilis Spanoulis (4 642, contre 4 183) et a la barre des 5 000 dans le viseur pour l’exercice 2023/24.

3 – Terminer à 50-40-90

Statistique sous-estimée, Nando De Colo pourrait terminer sa carrière au sein du club mythique du 50-40-90 ! À savoir parmi les joueurs présentant 50% de réussite à l’adresse générale, 40% à trois points et 90% aux lancers-francs. Soit un cercle extrêmement fermé… Parmi les tireurs d’élite, l’Arrageois est le seul à avoir atteint une telle plénitude pendant sept saisons d’affilée (de 2015 à 2021) ! Derrière, Jaycee Carroll l’a fait (seulement) trois fois d’affilée. Alors qu’il approche doucement la barre des 300 matchs EuroLeague en carrière, NDC est aux portes d’une prouesse : il est pratiquement acquis qu’il terminera à plus de 40% à trois points (42,2% en carrière) et 90% aux lancers-francs (93,3%). Mais son pourcentage général ne tient qu’à un fil : 50,09% en carrière, 1 359 / 2 712, soit à peine trois shoots d’avance sur la moyenne.

4 – Gagner, encore et toujours

Mais parmi ce qu’il aimerait accomplir, Nando De Colo vous parlera certainement en premier de son envie de gagner d’autres titres. S’offrir une troisième couronne continentale est, dans l’immédiat, utopique, mais il pourrait y prétendre en retournant chez un gros bras à la fin de son contrat avec l’ASVEL (en 2024). Mais surtout, le Villeurbannais a remporté a minima un trophée avec tous ses clubs européens : Cholet, Valence, le CSKA Moscou et le Fenerbahçe Istanbul. On ne s’avance donc pas trop en affirmant qu’il aimerait continuer la série dans le Rhône. Et pourquoi pas avec la Betclic ÉLITE, l’un des seuls sacres (avec la Liga Endesa) qui manque à son immense palmarès.

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