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Nicolas Croisy raconte « le tsunami NCAA » et la saison de l’après : comment les Espoirs de Bourg sont repartis suite au doublé ?

Espoirs Elite - La JL Bourg Espoirs a relevé le défi d'une reconstruction totale. Privée de six cadres, l'équipe de Nicolas Croisy s'est qualifiée pour le Trophée du Futur et voit ses joueurs éclore en pro. Mais l'hémorragie vers les universités américaines menace durablement le championnat Espoirs Élite.
Nicolas Croisy raconte « le tsunami NCAA » et la saison de l’après : comment les Espoirs de Bourg sont repartis suite au doublé ?

Nicolas Croisy coach des U21 de la JL Bourg revient sur sa saison et se questionne face à la NCAA

Crédit photo : Simon Badet
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Les espoirs de la JL Bourg ont abordé la saison 2025-2026 dans une toute nouvelle configuration. Après le doublé historique de l’exercice précédent : titre de champion de France et Trophée du Futur à domicile, six joueurs cadres ont quitté le club. Nicolas Croisy et son staff ont dû se remettre à l’ouvrage pour construire un groupe neuf, et retrouver une identité collective. Mission accomplie : avec un bilan de 20 victoires pour 9 défaites, la JL s’est qualifiée pour le Trophée du Futur à Strasbourg avec trois journées d’avance. Une performance collective qui masque pourtant une réalité qui préoccupe le coach des U21 : l’exode massif des jeunes talents français vers la NCAA fragilise jusqu’aux clubs les mieux organisés.

Un effectif remanié, une alchimie à trouver

Six départs, six remplacements à assumer. La JL Bourg Espoirs a bâti son nouvel effectif sur trois piliers : les joueurs bressans présents la saison précédente, auxquels on a donné davantage de responsabilités, des recrues ciblées : Isaac Guedegbe à la mène, Ahmad Dekaki et Madraki Gouhier-Schaller à l’intérieur, et Adam Ciss Firat, arrivé dans une optique à long terme avec encore deux ans d’éligibilité en Espoirs. En parallèle, les U18 ont été associés au groupe tout au long de la saison pour alimenter le vivier.

Le démarrage n’a pas été immédiat, « il a fallu du temps pour que la mayonnaise prenne et que le basket qu’on joue ressemble à celui que je voulais« . L’association entre Juwan Ekanga-Ehawa et Isaac Guedegbe, deux extérieurs scoreurs ayant besoin de ballon pour créer, a mis du temps à trouver son équilibre. « Ça n’a pas toujours été une association évidente pour le collectif », reconnaît Nicolas Croisy, qui concède que « cela a pris plus de temps que je l’imaginait« . Une fois la machine lancée, les deux joueurs ont su porter l’équipe dans des moments importants. Guedegbe s’est notamment imposé comme l’un des meilleurs joueurs du championnat. Le coach est satisfait de la fin de saison de son équipe, qui termine à la 6e place avec un bilan de 20 victoires pour 9 défaites.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Meneur
Taille: 178 cm
Âge: 18 ans (31/12/2007)

Nationalités:

drapeau-france-carre.jpg
Stats 2025-2026 / Espoirs ELITE
PTS
18,4
#8
REB
1,9
#167
PD
5,1
#8

« Ça reste une saison satisfaisante pour moi car l’objectif est atteint, on arrive à se qualifier au Trophée du Futur à trois journées de la fin », résume le coach. La seule ombre au tableau reste l’incapacité à battre les équipes du top 3 (Cholet – Dijon – Le Mans) admet Croisy.

Des individualités qui confirment

Au-delà du collectif, la saison bressane a été marquée par plusieurs trajectoires individuelles prometteuses. Khadim Kane, pur produit du centre de formation de la JL Bourg, s’est illustré lors des playoffs d’EuroCup avec l’équipe professionnelle, qui a remporté le titre. Profil coup de cœur de Freddy Fauthoux, il pourrait voir son avenir se prolonger au club. Louka Milanese, encore en âge de jouer en U18, a lui brillé lors d’un tournoi ANGT et plusieurs entrées en pro pour Isaac Guedegbe et les premières aussi pour Léni Monnet. Le départ en cours de saison de Juwan Ekanga-Ehawa, parti rejoindre les professionnels de Roanne et finir champion d’Élite 2, a été bien absorbé. « C’est très bien pour lui, il a montré qu’il dominait le championnat Espoirs et finir l’année en Pro B, c’est plutôt un bon choix », estime Nicolas Croisy.

Le temps de jeu libéré a permis d’intégrer davantage Leni Monnet, Adam Dubois et Louka Milanese, mais aussi des U18 en projection comme Julien Taponat et Gabin Roger en tête.

« Il y a des joueurs qui ont réussi à s’illustrer individuellement à travers le collectif proposé, donc c’est une vraie satisfaction », se félicite le coach.

Outsider assumé au Trophée du Futur

Qualifiée pour le Trophée du Futur à Strasbourg, nouvelle équipe de Mapote Benga, sacré avec la JL la saison précédente, la JL Bourg Espoirs aborde la compétition avec un statut inhabituel : celui d’outsider. Un changement de posture que Nicolas Croisy accueille avec lucidité. « Ça ne veut pas dire que notre ambition n’est pas la même. On va essayer d’aller le plus loin possible. Mais il y a des signaux, quand on n’arrive pas à gagner certaines équipes du top 4, ça veut dire qu’on est un peu en dessous. »

Dans une compétition où tout se joue sur un seul match, la surprise reste possible. Et le coach ne s’interdit rien : « On va essayer de faire un coup. »

Le tsunami NCAA : quand même les meilleurs clubs sont dépassés

Derrière les satisfactions sportives, Nicolas Croisy tire la sonnette d’alarme sur un phénomène qui touche désormais l’ensemble du championnat Espoirs Élite. La saison dernière, quatre des six joueurs partis de la JL ont rejoint les universités américaines : Wilson Jacques, Léon Sifferlin, Ayuba Briant Jr et Leroy Nijean. Cette année, le recrutement s’annonce encore plus difficile.

« Très sincèrement, je suis en galère, parce que j’ai l’impression que c’est pas une vague, mais c’est un tsunami qui est en direction des États-Unis », lâche le coach. La JL Bourg, club champion en titre, reconnu pour la qualité de sa formation et ses infrastructures, peine à recruter. « On est très peu sollicité par les agents ou même par les joueurs. »

Les contrats NIL proposés par les universités américaines représentent des sommes hors de portée des clubs français. Et même la réserve interne montre ses limites : la génération 2008, sur laquelle le club comptait, affiche quelques failles. Le staff, face à cette difficulté de recrutement se voit contraint d’ouvrir le regard à des joueurs étrangers.

« Ce qui m’inquiète un petit peu, c’est qu’aujourd’hui on fait partie des meilleurs centres de formation et on a des résultats, et malgré ça c’est compliqué de recruter », s’alarme Nicolas Croisy.

Espoirs Bourg-en-Bresse — matchs

Un championnat qui se rajeunit et se fragilise

Les conséquences de cet exode sont déjà perceptibles sur la physionomie du championnat. « Je pense que le niveau va baisser et surtout qu’il va se rajeunir. Je pense que ça va devenir vraiment un championnat de U18-U19 », prédit le technicien. Les départs de plus en plus précoces réduisent mécaniquement le vivier de joueurs en fin de cycle Espoirs ELITE, ceux qui apportent l’expérience et le leadership.

Face à ce constat, Nicolas Croisy prône une forme de pragmatisme : « C’est quelque chose contre lequel on ne peut pas lutter contre. Donc autant qu’on travaille pour. » L’idée serait de les préparer vers un tremplin assumé pour la NCAA, en nouant des partenariats financiers avec les universités et en préparant les joueurs à cette réalité. Pour les accompagner dans ce choix, le club a d’ores et déjà fait intervenir un agent auprès des Espoirs pour démystifier le système américain : « On raconte beaucoup de choses sur la NCAA. Il y a ce qu’on dit et puis il y a aussi la réalité des choses. Donc on a fait ça pour leur exposer les faits. »

Car derrière les contrats à six ou sept chiffres, les retours du coach sur les anciens joueurs partis aux États-Unis sont contrastés. Si Wilson Jacques a connu une belle réussite, d’autres jouent peu, ou pas à leur poste. La JL Bourg veut s’assurer que ses joueurs partent informés, les yeux ouverts.

Reste une question plus large, qui dépasse le seul cadre bressan : qu’est-ce que la ligue française et européenne est en mesure de faire pour enrayer cette dynamique ?

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