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ITW Mickaël Hay après l’Euro U20 : « Je pense que les mecs ont été au bout de ce qu’ils pouvaient faire »

EuroBasket U20 - Au lendemain de la défaite en petite finale contre l'Espagne, le coach des Bleuets U20 Mickaël Hay a accepté de faire le bilan d'une compétition marquée par les absences (9 volontaires) et les blessures (2 avant l'Euro, 3 pendant) dans l'effectif.
ITW Mickaël Hay après l’Euro U20 : « Je pense que les mecs ont été au bout de ce qu’ils pouvaient faire »

Les Bleuets ont quitté Ljubljana

Crédit photo : FIBA
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Coach, j’imagine que la grosse déception restera cette demi-finale, mais il y a aussi des regrets de ne pas être allés chercher cette médaille de bronze face à l’Espagne ?

Oui. Après, sur le contenu du match, on n’a rien à regretter. On ne peut pas être déçus de la défaite vu comment on était. Autant j’ai loué l’esprit de groupe de l’équipe dans la compétition, autant j’ai un petit regret hier (dimanche) : c’est le mental. On n’a pas eu les ressources mentales pour pouvoir faire plus. C’est là-dessus que j’ai eu un petit regret. Autant on a le droit de ne plus avoir d’essence — je pense qu’on n’en avait plus physiquement — mais je n’ai pas vu beaucoup de personnes qui se sont rebellées face à la situation.

C’est peut-être l’impact de cette demi-finale sur ces jeunes joueurs, qui ont vu la finale leur échapper à la dernière seconde sur une décision arbitrale ?

Oui oui, ok je comprends ça. Mais tu as une occasion de prendre une médaille de bronze, et je n’ai pas l’impression que l’Espagne était beaucoup mieux que nous. Voilà. C’est le seul regret : on n’a pas trouvé les ressources mentales pour se faire un peu plus mal que ça. Peut-être que ça n’aurait rien changé, je ne sais pas, mais je regrette cela sur la fin.

Dans le jeu notamment, vous subissez beaucoup au rebond offensif (l’Espagne en prend 24). C’est là où l’absence de Mohamed Sankhé a pêché dans le secteur intérieur ? C’était compliqué de rivaliser ?

Ce n’est pas que leur secteur intérieur qui a pris des rebonds offensifs. Sur plus de la moitié, c’est juste une question d’attitude, de « boxer » son mec. C’est une question, pour moi, de mental et de fierté. On peut toujours trouver des excuses avec les absences, j’en suis bien conscient, mais je pense qu’on aurait pu faire un peu mieux. On a manqué de fierté pour aller un peu plus loin et se faire un peu plus mal.

Donc ça s’est plus joué à ce niveau-là pour vous ? Il y a aussi l’adresse à 3-points où vous finissez à 3/18…

C’est un tout. En attaque, on s’est précipités, on n’a pas du tout fait circuler le ballon, jamais plus de deux passes à la fois. On forçait les choses. Cela veut dire qu’on n’y était pas ensemble. On a joué les uns à côté des autres hier.

France U20 54 - 65 Espagne U20 · EuroBasket U20 2026-2027 · 19/07/2026

Leaders

France U20Espagne U20
PTSTom Audry 10Max Gaspa 11
REBOscar Wembanyama 6Raul Villar 9
PDTalis Soulhac 3Raul Villar 5

Statistiques d'équipe

France U20Espagne U20
TIRS31,633,3
3PTS36
LF1511
REB3651
RO1124

C’est le premier match où vous observiez cela dans ce groupe ?

De manière aussi caricaturale, oui. Mais je pense aussi qu’il n’y avait plus d’essence. Comme vous l’avez dit, le match contre la Slovénie a laissé des traces, c’est vrai. Mais on avait une troisième place à aller chercher, une médaille… C’est le seul petit regret.

Ça veut dire que sur l’ensemble de la compétition, c’est quand même un sentiment de fierté qui prédomine, d’avoir pu lutter avec les armes qui restaient ?

Oui, globalement. Après, il faut aussi faire le constat qu’on n’a jamais réussi à faire deux matchs de suite constants. On a fait un bon premier match contre la Turquie, le lendemain contre l’Italie ce n’était pas bon. On a fait un bon troisième match contre l’Allemagne, puis on a eu beaucoup de difficultés contre la Pologne et la Croatie. Et puis on a fait un gros match contre la Slovénie, et le lendemain on n’a pas su poursuivre.

C’est un constat. Après, quatre joueurs sur les douze découvraient une compétition internationale. Dans les matchs éliminatoires, nos absents sont ceux qui ont le plus joué dans la saison en pro. Je ne cherche pas d’excuses, c’est un constat… Talis Soulhac en moins, qu’on récupère un peu dans le dernier carré, mais on perd Mo Sankhé et Soren Bracq. Voilà, peut-être que ça fait beaucoup.

Soren Bracq (France U20) - Mohamed Sankhé (France U20) · EuroBasket U20 2026-2027

Soren BracqMohamed Sankhé
MJ65
PTS4,510
REB26,8
PD3,50,4
IN0,70,2
CO00

Et c’est sans compter les 11 absents au départ… On se dit qu’avec l’effectif restant, une 4e place dans cet Euro n’est peut-être pas un si mauvais résultat ?

Je laisse chacun en juger. Certains diront que c’est un bon résultat, d’autres pas. Je pense que les mecs ont été au bout de ce qu’ils pouvaient faire, entre guillemets. Pour l’avoir coaché, je trouve que ce groupe a énormément avancé en un mois.

« L’équipe au complet aurait eu les moyens d’aller au bout »

Mickaël Hay, sur les absences et blessures dans ses U20

Est-ce que vous vous dites qu’une génération 2006-2007 française au complet pouvait être championne d’Europe ?

Oh bah oui. Mais après voilà, c’est comme ça. On ne va pas parler des absents puisqu’ils n’étaient pas là, ça ne sert à rien. C’est vrai que l’équipe au complet aurait eu les moyens d’aller au bout. Mais ce n’est pas avec des “si” qu’on fait des choses. Finalement, on est passés à une possession près d’aller en finale.

Déjà, pour avoir vécu les deux, je pense que le niveau de ce championnat d’Europe était moindre que l’année dernière. Moins fort, mais plus homogène. On pouvait très bien être champions d’Europe, comme on aurait pu vivre un scénario catastrophe contre les Polonais ou la Croatie. Cette équipe a eu le mérite de ne pas lâcher, de trouver des ressources dans la cohésion et le mental pour gagner contre la Pologne, la Croatie, et faire un énorme match contre la Slovénie. C’est ça que je préfère retenir.

Il n’y a pas un sentiment d’inachevé ?

Non, parce que sur le match d’hier, le résultat est tout à fait logique vu qu’on n’y était pas. Je n’ai pas de regrets. Le résultat est assez logique, même s’il y avait moyen de faire mieux.

Vous voyez une vraie différence entre le fait de coacher des pros et des U20, dans la constance et la gestion des émotions ?

Évidemment. La constance émotionnelle. Ce n’est pas parce que tu fais un très bon match, qu’automatiquement le lendemain ça se réitère. Il faut remettre les ingrédients, ce qui fait notre identité, nos forces. Mais ce sont des jeunes joueurs, c’est normal, ils apprennent. Certains n’avaient pas l’habitude de ce niveau d’intensité en face. Quand tu joues en Espoirs, tu n’as pas cette intensité-là.

Je pense à un garçon comme Juwan Ekanga-Ewaha, qui a dominé en Espoirs, mais là, son intensité ne suffisait pas. Il s’est retrouvé face à un mur. Ils vont énormément apprendre, cela va les enrichir, quel que soit leur statut au départ. Je n’en veux à aucun des joueurs.

L’identité de l’équipe semblait être le partage, sans véritable leader. Chaque match, il y avait un nouveau joueur qui terminait meilleur marqueur. C’était une identité voulue depuis le début ?

L’identité voulue au départ est le partage, c’est sûr. Après, dans les matchs à couperet, il nous manquait tous nos éléments stabilisateurs, tous les mecs qui ont joué en pro pendant la saison. Donc ce n’est pas évident de trouver des joueurs qui stabilisent tout ça. On a eu des éclats de Maïdy Douglas, de Timéo Pons sur un match, Yohann Sissoko aussi a eu ses moments, etc. Mais comme on n’a pas eu dans les moments chauds ces éléments stabilisateurs qui auraient pu apporter leur expérience… Ce n’est pas un regret, c’est un constat.

Sur le plan individuel, un joueur s’en sort avec une récompense, c’est Mohamed Diakité qui est élu dans le All-Star 5. Êtes-vous fier de sa compétition, a-t-il pu enfin exprimer son potentiel selon vous, après deux saisons où il a peu joué en club ?

Je pense que ça lui a fait du bien à lui, déjà personnellement. Évidemment, il y a certains joueurs qui n’ont pas joué cette année, pas beaucoup. Retrouver du temps de jeu, des responsabilités, c’est bénéfique. Mohamed les a prises. Offensivement, il a été très présent, et aussi au rebond. Surtout que je l’ai quand même fait jouer aux postes 4 et 5… C’est l’élément que j’ai un peu sur-utilisé par les circonstances. Mais il a encore une marge de progression bien plus importante  que ça. Autant il a dominé physiquement, athlétiquement, offensivement et par son adresse, autant il a un sacré point de progression en défense.

Dans les années à venir, il faudra qu’il fasse beaucoup mieux pour devenir un joueur consistant. Il peut aller très très haut dans sa carrière, mais il va falloir qu’il soit encore plus exigeant avec lui-même au quotidien. C’est la répétition des choses. Et il faut qu’il joue aussi… À un moment donné, ça fait deux ans qu’il ne joue pas, entre guillemets, alors qu’il a 20 ans. Entre 18 et 22 ans, il faut absolument jouer. Si on ne joue pas à ces âges-là, après ça sera difficile.

Dans le rayon des joueurs avec une grosse marge de progression, Oscar Wembanyama, qui a montré des choses intéressantes pour sa première compétition internationale, alors qu’il a commencé le basket il y a 5 ans. Avez-vous aimé ce que vous avez vu ?

Entre lui, Maïdy Douglas ou Tom Audry, ils n’ont connu que le championnat Espoirs. Je trouve qu’ils ont montré beaucoup d’intensité et d’envie. Oscar, on peut voir ses capacités. Mais on voit que c’est encore un jeune joueur dans son vécu du jeu. Il fait parfois des choses à contre-courant. Mais c’est normal, par rapport son manque de vécu basket. S’il écoute son prochain coach, Thomas Andrieux à Denain, il va pouvoir épurer plein de choses dans son jeu, et devenir un joueur vraiment intéressant.

Un mot sur Talis Soulhac qui part en université américaine à la rentrée. Est-ce que le style de jeu NCAA peut lui convenir ?

Honnêtement, je n’en sais rien. Talis a tout en stock pour être un très bon meneur de jeu : athlétiquement, compréhension du jeu, efforts défensifs… Le gap pour lui est de devenir un leader vocal, pour tenir une équipe. Je ne sais pas si en université américaine ils vont lui apprendre ça. Il y a du bon et du mauvais là-bas, il ne faut pas croire que tous les entraîneurs là-bas sont meilleurs que les nôtres…

J’espère pour lui que ça se passera bien. En plus il va être en concurrence avec le MVP de l’Euro, le Slovène qui part dans la même université. La concurrence sera rude, c’est comme ça qu’il va augmenter son niveau de jeu. Mais comme pour les autres, parce que ce n’est pas le seul à partir là-bas…

« Ils auraient tort de ne pas y aller vu l’Eldorado financier »

Mickaël Hay sur l’exode des prospects français en NCAA

Que pensez-vous du choix des prospects français qui partent tous en NCAA en ce moment ?

Ils auraient tort de ne pas y aller vu l’Eldorado financier. Franchement, ils ont raison pour ça. Et pour la culture américaine, pour l’expérience de vie. Pour des jeunes comme ça, forcément ça donne envie. Après, basketballistiquement parlant, ils ne trouveront pas tous une situation idéale. Mais ça ne me dérange pas, je trouve normal qu’ils y aillent.

Un mot sur votre staff expérimenté avec des coachs principaux de Pro A [Alexandre Ménard] et Pro B [Jean-Baptiste Lecrosnier]. Ça a bien fonctionné entre vous ?

Oui. C’est aussi pour cela que je le fais, pour avoir un partage d’expérience avec d’autres entraîneurs de haut niveau. Je l’ai vécu avec Guillaume Vizade il y a trois ans. On échange sur nos vies professionnelles, sur le travail avec les jeunes. Car même si on est dans une compétition officielle où il faut gagner des matchs, on prend aussi le temps de leur donner des conseils pour l’avenir de leur carrière. Transmettre, partager, c’est important.

On vous reverra l’été prochain en U20 ? Vous appréciez cette expérience ?

Ça je ne sais pas, ce n’est pas mon choix. J’apprécie l’expérience, parce que pendant un mois c’est différent de l’année en pro. Et ça reste des jeunes joueurs qui sont perfectibles, et ça c’est intéressant. Après, on verra en tant voulu. Le poste ne m’appartient pas, c’est la Fédération qui décidera. Et puis on verra aussi quelles seront mes envies. Mais c’est secondaire.

Les vacances vont vous faire du bien après cette longue saison avec Pau, enchaînée avec l’Euro ?

Oui, mais ça ne me dérange pas. Je l’ai choisi, je ne vais pas me plaindre [rires].

Le débat de la rédaction · À vous de trancher

Cette équipe de France U20 est-elle sa place en 4e position ?

  • Oui
  • Non

Mickaël Hay avec ses jeunes U20 (photo : FIBA)
Image Tom Compayrot
Tom Compayrot a rejoint BeBasket en novembre 2023, où il suit de près l’actualité de la NBA. Curieux et rigoureux, il s’intéresse autant aux stars qu’aux rôles clés dans l’ombre, avec l’envie de raconter ce qui fait vibrer la ligue au quotidien. Récemment, il s’est rendu aux Etats-Unis pour couvrir la Draft NBA 2025 sur place et nous faire vivre cet événement majeur de l’intérieur.

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