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Il y a 20 ans, Boris Diaw signait des playoffs NBA de feu pour fêter son titre de Most Improved Player

En 2005-2006, Boris Diaw a changé de dimension avec les Phoenix Suns. Devenu un joueur majeur sous la coupe de Mike D’Antoni, avec notamment une fin de saison NBA éblouissante, l'ex-palois devenait le seul joueur français à ce jour à remporter le titre de Most Improved Player.
Il y a 20 ans, Boris Diaw signait des playoffs NBA de feu pour fêter son titre de Most Improved Player

Boris Diaw a décroché le titre de MIP en 2006 grâce notamment à des playoffs NBA de feu, marqués par une immense série face aux Mavs.

Crédit photo : Keith Allison (Photo modifiée)
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La saison 2005-2006 reste à part dans la carrière de Boris Diaw (2,03 m, 44 ans). Après deux premières années compliquées avec les Atlanta Hawks, qui l’avaient retenu en 21e position de la mythique draft NBA 2003, l’ancien palois s’était immédiatement imposé dans le système de Mike D’Antoni à Phoenix. Au point de ravir, un peu à la surprise générale, le trophée de Most Improved Player 2006 au nez et à la barbe de David West (2e), Chris Bosh (5e), Tony Parker (6e) ou Carmelo Anthony (9e).

Un exercice de toute beauté conclu par une campagne de playoffs exceptionnelle, achevée à deux victoires seulement des NBA Finals. Le Français avait notamment terminé meilleur marqueur des Suns en finale de conférence face aux Mavericks, avec 24,2 points de moyenne. Des performances qui donnent encore davantage de relief à son trophée de MIP, dont aucun frenchy ne s’est emparé depuis.

De l’ombre à la lumière

Pour mesurer le changement opéré par Boris Diaw (2,03 m, 24 ans à la fin de la saison), il suffit de revenir quelques mois en arrière. Lors de sa deuxième année aux Atlanta Hawks, en 2004-2005, le Français tournait à seulement 4,8 points, 2,6 rebonds et 2,3 passes décisives de moyenne en 18,2 minutes. BD n’avait en outre débuté que 25 de ses 66 rencontres et évoluait alors principalement sur les postes extérieurs, au relais des Al Harrington, Josh Childress et autre Tony Delk.

Son transfert à Phoenix à l’été 2005, dans l’opération envoyant Joe Johnson à Atlanta, a complètement modifié sa trajectoire. Utilisé à l’intérieur par Mike D’Antoni et responsabilisé dans une équipe privée d’Amar’e Stoudemire pendant l’immense majorité de la saison, Boris Diaw est devenu l’un des joueurs les plus polyvalents de la NBA. Titulaire à 70 reprises en 81 rencontres, l’international tricolore est passé à 35,5 minutes par match et a quasiment triplé sa production offensive.

Ses 13,3 points, 6,9 rebonds et surtout 6,2 passes de moyenne témoignaient alors de son rôle charnière dans l’attaque des Suns. Véritable couteau suisse aux côtés du MVP en titre Steve Nash, Boris Diaw impactait tous les compartiments du jeu et héritait logiquement du surnom « 3D » (un jeu de mot avec son numéro de maillot) pour ses triple-doubles (4 sur la saison régulière).

Dans son sillage, Phoenix remportait 54 matches malgré l’absence prolongée (3 matchs disputés seulement) de son meilleur marqueur Amar’e Stoudemire (26,0 points de moyenne en 2004-2005), et terminait deuxième de la conférence Ouest derrière les San Antonio Spurs.

La progression de l’ex-capitaine des Bleus a été suffisamment spectaculaire pour convaincre les votants du trophée de Most Improved Player 2005-2006. Largement plébiscité, Boris Diaw recueillait 489 points, dont 80 premières places sur 124 possibles, loin devant David West et ses 283 unités. Au moment de recevoir sa récompense et alors que Phoenix était engagé dans un premier tour compliqué face aux Lakers, le Français se fendait d’une déclaration qui illustrait parfaitement son ADN : « Je dis toujours que c’est un sport d’équipe, pas un sport individuel. »

Injouable en playoffs

Si son trophée lui avait été décerné au début des playoffs, Boris Diaw n’allait pas pour autant lever le pied par la suite. Bien au contraire. Au point même de livrer certains de ses meilleurs matchs en carrière lors des séries à suivre, toutes disputées en tant que titulaire en puissance (40 minutes de moyenne par rencontre).

Le fils d’Elizabeth Riffiod signait une première post season à 18,7 points, 6,7 rebonds et 5,2 passes de moyenne, toujours à 52,6% de réussite aux tirs. Des performances XXL qui permettaient aux Suns de renverser les Lakers en 7 manches après avoir été menés 3-1 par la bande à Kobe Bryant, avant de l’emporter sur le même score (4-3) en demi-finale de conférence Ouest contre les Clippers d’un Elton brand héroïque (30,9 points de moyenne sur la confrontation). Mais c’est bien au tour suivant que Boris Diaw mettait tout le monde d’accord, et se révélait pour de bon au grand public.

En finale de conf’ face aux Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki, l’ancien Bobcat survolait la série de la tête et des épaules pour finir à 24,2 points, 8,5 rebonds, 3,2 passes et 1,7 contre de moyenne, à 52,2% aux tirs en 39,4 minutes. Terminant ainsi meilleur marqueur de Phoenix devant le duo de All-Star composé de Steve Nash (20,7 unités) et Shawn Marion (16,8).

Le premier match donnait immédiatement le ton. À Dallas, Diaw inscrivait 34 points à 13/23 aux tirs, avec 6 rebonds, lors de la victoire 121-118 des Suns. Et signait surtout le panier décisif, un tir en pivot à moins d’une seconde de la fin, pour permettre à Phoenix de prendre l’avantage dans la série. Ces 34 points constituent encore le record de sa carrière sur un match de playoffs.

L’ex-pensionnaire de l’INSEP enchaînait avec 25 points, 10 rebonds et 6 passes dans le match 2, puis deux sorties à 20 points lors des deux rencontres suivantes. Même lorsque Dallas prenait définitivement le contrôle de la série, le Français restait l’une des principales menaces de Phoenix. Pour le sixième et dernier match, il compilait encore 30 points et 11 rebonds à 11/16 aux tirs malgré la qualification (4-2) des Mavs aux premières finales NBA de leur histoire.

Alors âgé de 24 ans, Boris Diaw ne savait pas encore qu’il venait de signer la meilleure campagne de playoffs de son immense carrière pour sa 3e année seulement dans la grande ligue. Vingt ans plus tard, son trophée obtenu au printemps 2006 conserve également une place singulière dans l’histoire du basket français. Tony Parker, Joakim Noah, Rudy Gobert ou Victor Wembanyama ont depuis décroché d’autres distinctions individuelles majeures en NBA. Mais le trophée de Most Improved Player reste, lui, associé à un seul Français : Boris Diaw.

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