Sans Keene ni Ndoye, à -7 dans la dernière minute, la SIG Strasbourg signe le hold-up de l’année à Bourg !

Quel come-back de la SIG Strasbourg
Pour le dire franchement, Ékinox somnolait. S’ennuyait, presque. Comme prévu, la JL Bourg allait battre la SIG Strasbourg, logiquement trop diminuée sans ses deux maîtres à jouer, Marcus Keene et Abdoulaye Ndoye. Sans briller, loin de là. Juste en faisant le strict minimum pour maintenir la SIG à distance, avec un confortable matelas d’avance à 53,6 secondes du buzzer final (77-70).
« À quoi je pensais sur ce dernier temps-mort ? Au dîner, peut-être, déjà », souriait Janis Gailitis. Au panier-average, plus sûrement. Entre deux équipes naviguant dans les mêmes eaux, il aurait été de bon ton d’adoucir la note pour la SIG. Finir à seulement -4 ou -5, par exemple. « Les joueurs me semblaient extrêmement fatigués, pas capables de dominer physiquement ces 54 dernières secondes. »
Un 10-0 en 54 secondes !
Sauf qu’il restait, au moins, une personne qui y croyait toujours : l’aboyeur en chef, Jean-Baptiste Maille, encore à fond alors qu’il n’avait plus joué autant depuis mai… 2021 (34 minutes et 47 secondes), non content d’avoir encore fait vriller un joueur adverse avec son vice habituel, Ricky Lindo en l’occurrence. « Il a fait du JB quoi », rigole William Pfister. « Il nous a criés dessus, il nous a vraiment motivés. Il nous a dit de ne rien lâcher jusqu’à la fin et qu’on pouvait le faire. »
Et la SIG l’a fait. Comment ? Une zone-press sortie du chapeau de Gailitis. Deux énormes tirs primés de Mike Davis Jr. et Gabe Brown pour ramener la SIG en un clin d’œil (77-76, 41 secondes à jouer). Et une pelletée d’erreurs burgiennes : trois des onze pertes de balle dans cette séquence, puis une faute évitable de Kevin Kokila sur le dernier shoot de Mike Davis Jr.. Trois lancers-francs, tous réussis évidemment. Plus un dernier pour la route alors que les Alsaciens avaient déjà match gagné. 10-0 en 53,6 secondes chrono, voilà comment on signe le hold-up de l’année (77-80, score final). Et cela valait bien d’intenses célébrations sur le parquet d’Ékinox après le buzzer final…
𝗗𝗘𝗥𝗡𝗜𝗘̀𝗥𝗘 𝗠𝗜𝗡𝗨𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗙𝗢𝗟𝗜𝗘 🤯
Revivez le 10-0 de la dernière minute qui nous a permis d’aller chercher cette immense victoire ce soir à Bourg-en-Bresse ! #gosig #strasbourg pic.twitter.com/TMWS8Y1sUR
— SIG Strasbourg (@sigstrasbourg) January 10, 2026
« C’est encore une preuve qu’il faut tout donner jusqu’à la fin », clame William Pfister. « Un match n’est jamais fini avant que le buzzer ne retentisse. Je suis hyper fier de l’équipe, qui a montré beaucoup de caractère pour renverser la situation. C’est un bel exemple de résilience et de travail. »
« Les joueurs méritent tout le respect possible »
D’autant plus méritoire que la SIG Strasbourg était privée de son leader offensif, Marcus Keene (suspendu), et de son « vrai patron », Abdoulaye Ndoye, victime d’une petite blessure musculaire qui devrait également le priver du déplacement à Paris mardi. « Les bonnes équipes peuvent faire le boulot, même quand il leur manque une ou deux pièces du puzzle », plaide Janis Gailitis. « Deux joueurs ne font pas une équipe. Après, oui, il nous manquait deux manieurs de balle. Ça a été très difficile pour les gars. »

Pourtant, derrière un Mike Davis Jr. incandescent (31 points), mais « mécontent de son pourcentage » (8/20), avec seulement sept professionnels, dont un seul meneur, Jean-Baptiste Maille, qui présente l’une des fiches de stats les plus improbables de la journée (+16 de +/- en 35 minutes avec seulement 2 points), la SIG s’est accrochée, jusqu’à surgir au moment propice. « Je suis heureux du caractère des joueurs », se réjouit Janis Gailitis. « On a été très loin de jouer un bon basket, très loin de la perfection, mais leur volonté de gagner jusqu’à la dernière seconde a été remarquable. Ils méritent tout le respect possible ce soir. »
« On m’interdit de parler »
Et en face ? Il y a forcément une part d’irrationnel dans un tel renversement mais les Strasbourgeois ont aussi bénéficié d’un relâchement coupable des locaux. « Ce n’est pas professionnel », peste Assemian Moularé. « À la fin, on ne devrait pas faire ces erreurs. Il n’y a pas d’histoire de fatigue après une semaine à trois matchs. On n’était pas assez concentrés et on s’est relâchés, c’est tout. »
Sans même parler du fait que la Jeu aurait largement dû tuer le match auparavant, surtout avec un joueur en lévitation pendant une grande partie de la rencontre : 20 points à la mi-temps, 23 au final pour Both Gach. Mais c’est comme si les Bressans s’étaient assoupis dans une forme de médiocrité, se contentant de la victoire sans gloire qui allait inévitablement se profiler. Raté.

Meilleure équipe de la fin d’année 2025 en France, la JL Bourg a perdu gros en l’espace de cinq jours, abandonnant son rêve de Coupe de France chez une ÉLITE 2 lundi puis lâchant le statut de tête de série à la Leaders Cup. « On aurait dû mieux gérer la fin de match », a lâché Frédéric Fauthoux, de manière lapidaire. « C’est tout ce que j’ai à dire car on m’interdit de parler, donc je ne parle plus. Tout s’est bien passé, et je remercie tout le monde. » Pendant 39 minutes et 7 secondes, du moins…
Le coach de la @JLBourgBasket F. Fauthoux après la défaite contre Strasbourg « on m’interdit de parler alors je ne parle plus » pic.twitter.com/tOAwqN2xtJ
— Ghislain Gros (@GhislainGros) January 10, 2026
Les statistiques de la soirée sont disponibles ici





























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