[Analyse] Victor Wembanyama, le casse-tête tactique qui change l’attaque de l’équipe de France
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Victor Wembanyama révolutionne le jeu de l’équipe de France
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À partir de 5€Essai gratuitAprès un premier match plus compliqué en Serbie puis une première mi-temps déjà convaincante dimanche lors de la deuxième confrontation face aux Serbes, Victor Wembanyama (2,24 m, 22 ans) a confirmé sa montée en puissance contre la Slovénie. Jeudi soir à Bercy, le finaliste NBA 2026 a parfaitement lancé les Bleus dans une rencontre largement remportée (92-67).
Au-delà de sa production individuelle, son retour pose une question centrale pour le staff français : comment exploiter au mieux un joueur dont les caractéristiques modifient presque automatiquement le comportement de la défense adverse ? Dans son analyse des deux rencontres face à la Serbie, Process Corporation insiste sur plusieurs éléments : l’espacement autour de Wembanyama, son utilisation comme poste 4 ou 5 et surtout la gravité qu’il génère, avec ou sans ballon.
Victor Wembanyama oblige les défenses à fermer la raquette
La première conséquence de sa présence se trouve dans les choix défensifs adverses. Face aux qualités de percussion des extérieurs français et à la menace représentée par Wembanyama près du cercle, la Serbie avait régulièrement cherché à densifier la raquette. Cette stratégie peut rapidement compliquer le jeu français lorsque plusieurs joueurs occupent simultanément les mêmes espaces. Sans menace extérieure suffisante, les aides peuvent être plus agressives sur les pénétrations ou lorsque Wembanyama reçoit le ballon.
Process Corporation insiste donc sur une condition essentielle : écarter au maximum la défense. Le Français peut lui-même y contribuer grâce au pick-and-pop. Plutôt que de systématiquement plonger vers le cercle après avoir posé un écran, sa capacité à s’écarter force son défenseur à quitter la peinture et crée de nouvelles lignes de pénétration.
Son utilisation au poste 5 pousse encore plus loin cette logique. Avec quatre joueurs capables d’occuper le périmètre autour de lui, les espaces deviennent plus importants pour les extérieurs français.
La gravité de Victor Wembanyama comme première arme des Bleus
Le danger représenté par Wembanyama ne dépend pas nécessairement du nombre de ballons qu’il reçoit. Sur pick-and-roll, sa seule course vers le cercle demande une attention particulière : laisser le Français prendre de la vitesse sans aide expose immédiatement la défense à une passe lobée près du panier. Les adversaires sont donc régulièrement contraints de resserrer leur dispositif autour de lui. C’est précisément là que l’équipe de France doit progresser dans son utilisation.
Plutôt que de chercher systématiquement Wembanyama au milieu de plusieurs défenseurs, l’objectif est de profiter du déplacement qu’il provoque. Une aide venue de l’opposé doit permettre de ressortir le ballon, de réaliser une passe supplémentaire ou de réattaquer une défense déjà déséquilibrée.
La même logique existe lorsque son propre défenseur refuse de quitter Wembanyama. Face à la Serbie, Nikola Jokic restait ainsi régulièrement très proche du Français, même lorsque celui-ci n’avait pas le ballon. Une situation qui peut libérer des espaces considérables pour les créateurs français.
Victor Wembanyama en poste 4 ou en poste 5, deux équilibres différents
Son positionnement constitue l’un des principaux choix à effectuer. En poste 5, Wembanyama permet naturellement à la France d’installer quatre joueurs plus éloignés du cercle. Les couloirs de pénétration sont alors plus larges et les aides adverses deviennent plus difficiles.
L’utiliser au poste 4 permet en revanche de conserver un deuxième intérieur, mais demande davantage de complémentarité. Process Corporation souligne notamment l’intérêt d’associer Wembanyama à un pivot capable de lire les aides et de faire circuler rapidement le ballon.
Lorsque le deuxième intérieur ne représente pas une menace suffisamment éloignée du cercle, la défense peut au contraire réduire les espaces. Wembanyama peut alors être utilisé davantage en pick-and-pop afin d’écarter son propre défenseur. Ce choix dépasse donc la simple question du poste. Il détermine la géométrie entière de l’attaque française.
Le Spanish pick-and-roll parmi les solutions pour libérer Wembanyama
Les Bleus disposent également de solutions plus élaborées. Process Corporation relève notamment l’utilisation du Spanish pick-and-roll : Wembanyama pose l’écran sur le porteur pendant qu’un troisième Français vient bloquer son défenseur. L’objectif est de retarder celui-ci suffisamment pour ouvrir la plongée de Wembanyama vers le cercle. Si un autre défenseur intervient, un joueur se retrouve disponible à l’extérieur ou peut couper dans son dos.
D’autres séquences peuvent également permettre d’isoler Wembanyama sur un côté du terrain, afin d’éloigner les aides, ou de lui donner le ballon dos au panier avant d’exploiter les prises à deux. Son immense palette autorise ainsi plusieurs utilisations : roll, pop, jeu posté, sorties d’écran ou actions sans ballon.
Un équilibre encore à construire autour de Victor Wembanyama
Tout ne dépend toutefois pas du système. L’efficacité du jeu à deux suppose notamment que Wembanyama pose des écrans suffisamment solides pour réellement retarder le défenseur du porteur. Face à une forte pression sur les arrières français, un écran simplement effleuré peut empêcher l’attaque de créer le premier avantage recherché.
Son retour en sélection ne consiste donc pas seulement à ajouter le meilleur joueur français à un collectif existant. Il impose d’adapter les espaces, les associations et les lectures de tous ses partenaires.
Après deux ans d’absence en Bleu, les premiers matches ont déjà permis de dégager plusieurs pistes. La victoire contre la Slovénie a surtout confirmé l’évidence : avec Victor Wembanyama, les possibilités offensives de l’équipe de France changent de dimension, à condition de construire autour de ce qu’il provoque chez l’adversaire plutôt que de simplement chercher à lui donner le ballon.



























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