Comment Le Havre veut redevenir un grand du basket français

Rudy Sevi, le président du STB Le Havre, avec Edouard Philippe, le maire de la ville
Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuitLe STB Le Havre n’a pas seulement validé une accession en ELITE 2 mardi soir aux Sables-d’Olonne. Pour Rudy Sévi et ses équipes, cette montée représente surtout l’aboutissement d’un long travail de reconstruction lancé après la relégation de 2018. Car le président havrais ne cache plus les ambitions du club : stabiliser le STB dans le monde professionnel, en faire une place forte de l’ELITE 2 puis, à terme, retrouver la Betclic ELITE.
Une reconstruction patiente depuis la chute de 2018
Au moment de revenir sur la montée acquise mardi soir, Rudy Sévi insiste surtout sur le contexte dans lequel le club évoluait il y a huit ans.
« Les gens ne se sont pas rendu compte à quel point nous partions de loin », explique-t-il dans un entretien accordé à Paris-Normandie.
Lorsque le STB est descendu en Nationale 1 en 2018, le club avait perdu une grande partie de ses partenaires économiques. Il n’en restait qu’une vingtaine. Aujourd’hui, Le Havre en revendique environ 230, preuve du travail effectué en coulisses depuis plusieurs saisons.
Le sportif replacé au cœur du projet
Rudy Sévi reconnaît également avoir commis certaines erreurs après cette première désillusion sportive. En cherchant rapidement à consolider l’environnement économique du club, il estime avoir parfois délaissé l’aspect sportif.
Le tournant est finalement venu avec la mise en place du trio composé de Lauriane Dolt, Jean-Manuel Sousa et Anthony Van Heel.

Ancien entraîneur de la réserve en Nationale 3, Jean-Manuel Sousa a progressivement pris de l’importance dans l’organigramme jusqu’à devenir directeur sportif. Quant à Lauriane Dolt, elle s’est imposée comme l’une des architectes majeures de cette accession.
« Ils forment aujourd’hui un duo parfaitement aligné, et même un super trio avec Anthony », souligne Rudy Sévi.
Le STB veut désormais capitaliser sur cette continuité plutôt que repartir de zéro avec la montée. Plusieurs joueurs majeurs sont déjà sous contrat jusqu’en 2027, comme Thibault Desseignet, Steven Cayol, Marc Gosselin ou encore Cédric Bah. Ajare Sani, bonne pioche du recrutement pourrait lui aussi prolonger son bail en Normandie et découvrir la deuxième division française « Ajare Sanni ? Je sais qu’il n’était pas contre l’idée de rester en cas d’accession. Tout cela sera géré par Lauriane et Jean. Le fait de monter dès le 5 mai nous offre un peu de temps. ».
Le Havre veut s’installer durablement en ELITE 2 avant de viser plus haut
L’ambition du club normand ne se limite pas à sauver sa place la saison prochaine. Le président havrais assume déjà une vision beaucoup plus ambitieuse.
« L’objectif sera dans un premier temps de se maintenir en ELITE 2, puis d’en devenir une place forte, avant de s’attaquer à la Betclic ELITE. »
Pour cela, Le Havre estime ne pas avoir besoin de révolutionner immédiatement son budget sportif. Rudy Sévi évoque une augmentation relativement mesurée de la masse salariale, autour de 90 000 euros, pour disposer d’un effectif capable de rivaliser en milieu de tableau.
Le véritable chantier concerne surtout le développement global du club : fidéliser les partenaires actuels, attirer de grandes entreprises et continuer à renforcer l’attractivité des soirées aux Docks Océane. Le président du STB évoque aussi un point clé pour espérer retrouver un jour la Betclic ELITE : récupérer une utilisation quotidienne des Docks Océane afin d’exploiter pleinement l’enceinte. Avec cet ensemble, Rudy Sévi imagine pouvoir construire à terme un budget autour de 5 millions d’euros, qu’il considère comme le minimum pour exister durablement dans l’élite du basket français.
Huit ans après sa descente, Le Havre ne célèbre donc pas seulement une montée. Le STB tente désormais de bâtir les fondations d’un retour durable parmi les grands clubs du basket français.























Commentaires (2)