Et si le Paris Basketball se rapprochait du Paris FC, le nouveau concurrent du PSG à Paris ?

David Kahn tente de positionner au mieux le Paris Basketball à l’heure où la NBA Europe veut prendre place dans la capitale française
Le Paris Basketball n’a jamais été aussi fort sportivement… et aussi fragile structurellement. Champion de France, installé à l’Adidas Arena, locomotive actuelle du basket hexagonal, le club de la capitale voit pourtant planer une menace existentielle : celle d’une NBA Europe qui pourrait se construire à Paris sans lui, sous l’égide du PSG et de QSI. Dans ce contexte, L’Équipe partage dans son édition du jour des discussions en coulisses avec QSI mais aussi avec le Paris FC, récemment repris par la famille Arnault.
Une réussite sportive, mais un plafond structurel évident
Sept ans après sa création, le Paris Basketball a coché presque toutes les cases sportives. Une identité forte, des résultats rapides, une visibilité européenne avec l’EuroLeague. Mais un élément central manque toujours à l’équation NBA Europe : l’outil.
L’Adidas Arena, flambant neuve, reste limitée à environ 8 000 places. Un format jugé trop restreint pour les standards envisagés par la future ligue nord-américaine sur le Vieux Continent. À cela s’ajoute une réalité économique : le club fonctionne sur des déficits annuels estimés par Arnaud Lecomte de L’Équipe entre 7 et 10 millions d’euros, assumés comme des investissements par ses propriétaires Eric Schwartz et David Kahn, mais sans véritables actifs lourds (centre d’entraînement, patrimoine immobilier, joueurs valorisables comme dans le football).
Le PSG, candidat naturel de la NBA Europe
Dans la capitale française, premier marché européen ciblé par la NBA, le Paris Saint-Germain apparaît comme un partenaire idéal. Marque mondiale, audience planétaire, diaspora, sponsoring Jordan Brand – un concurrent d’Adidas, l’équipementier du Paris Basketball -, Kevin Durant actionnaire minoritaire : le dossier coche toutes les cases côté NBA.
Début octobre, George Aivazoglou, patron de NBA Europe, ne s’en cachait pas dans L’Équipe : « Le PSG fait partie de ces marques avec une audience planétaire. Nous sommes intéressés par ce type de marques. » Le projet est piloté au plus haut niveau, entre la NBA et le Qatar, via QSI, déjà actionnaire minoritaire des Washington Wizards.
Face à cette puissance de frappe, le Paris Basketball fait figure de petit poucet, malgré son avance sportive et son ancrage local.
Paris Basketball sonde, évalue, anticipe
Selon les informations de L’Équipe, le club parisien ne reste pas inactif. Des échanges auraient eu lieu avec QSI, mais aussi avec un autre acteur clé du paysage sportif parisien : le Paris FC. Promu en Ligue 1 et désormais propriété de la famille Arnault, le club de football incarne une alternative crédible au PSG dans la capitale.
L’idée d’une prise de participation – potentiellement majoritaire – du Paris FC dans le Paris Basketball ferait sens à plusieurs niveaux : structuration financière, poids politique, vision multisports, et capacité à s’inscrire dans un projet NBA Europe sans dépendre du Qatar.
Pourquoi le Paris FC peut représenter une option crédible
Le Paris FC cherche à exister face au PSG, à construire une identité forte et différente dans un marché saturé. S’adosser au basket, sport urbain par excellence, en pleine dynamique à Paris, pourrait constituer un levier stratégique puissant.
Pour le Paris Basketball, ce serait l’assurance de ne pas se retrouver le bec dans l’eau si la NBA choisissait de lancer une franchise parisienne estampillée PSG, quitte à racheter à moindre coût les droits sportifs d’un autre club francilien, comme les Metropolitans de Levallois, option évoquée ouvertement par plusieurs observateurs.
Deux clubs parisiens, deux ligues, deux dimensions ?
Une autre hypothèse reste sur la table : celle d’une coexistence. Un Paris Basketball maintenu en EuroLeague, potentiellement avec une licence permanente, pendant qu’un club NBA Europe s’installerait à Paris sous une autre bannière. À court terme, la NBA a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas deux franchises parisiennes au lancement. Mais à horizon plus lointain, l’idée d’une rivalité intramuros, à l’image de Los Angeles (Lakers et Clippers) ou New York (Knicks et Nets), séduit déjà les stratèges américains.
Un tournant historique pour le basket français
Paradoxalement, alors que le Paris Basketball apparaît aujourd’hui comme le club le plus solide sportivement en France – Monaco et l’ASVEL faisant face à de nombreux soucis de trésorerie -, son avenir n’a jamais été aussi incertain. Le pari initial de ses propriétaires était clair : construire, valoriser, anticiper l’explosion du marché. L’aubaine NBA pourrait être l’aboutissement… ou le point de bascule.
Une chose est sûre : les prochaines semaines seront déterminantes. Et le basket parisien, plus que jamais, se joue bien au-delà du terrain.

























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