Fabien Causeur annonce sa retraite : chapeau à l’une des carrières les plus surprenantes de l’histoire du basket français

Fabien Causeur, double héros d’une finale d’EuroLeague avec le Real Madrid
Fabien Causeur n’a pas atteint son objectif de carrière. Quand il était au centre de formation du Havre, il ambitionnait de jouer en Pro B. « Faire ma petite carrière avec un travail que j’aime, jouer au basket », retraçait-il à notre micro en 2017. Finalement, le Breton n’a jamais évolué en Pro B. Dommage. À la place, il est devenu le basketteur français comptant le plus de participations au Final Four de l’EuroLeague. Pas mal !
Quasiment vingt ans après sa première apparition en Pro A (6 minutes lors d’un Le Mans – Le Havre le 10 mars 2006), Fabien Causeur a officialisé sa retraite ce mardi à l’âge de 38 ans. Pas vraiment une surprise pour celui qui n’a pas retrouvé de club ces derniers mois, à l’issue d’une dernière saison oubliable à Milan, et pourrie par les blessures. Mais avec quand même un trophée, la Supercoupe d’Italie, parce qu’il a gagné (quasiment) partout où il est passé…
« Le basket m’a tout donné »
« Le basket m’a tout donné : des émotions à chaque match disputé, des coéquipiers qui m’auront tous appris, des coachs qui m’ont poussé à devenir meilleur à chaque entraînement et des souvenirs gravés à jamais », a-t-il publié sur ses réseaux sociaux. « Je quitte les terrains en paix, rempli de gratitude. Une nouvelle aventure commence. »
Après 20 ans passés sur les parquets, le moment est venu pour moi de terminer une étape incroyable de ma vie. pic.twitter.com/7pIttFGb7F
— Fabien Causeur (@FCauseur1) January 13, 2026
Une main gauche létale
Le petit gars de Plouzané, qui n’avait pas de main droite et qui n’en aura jamais eu, aura donc connu un destin inimaginable par rapport aux attentes de base. Dans l’incroyable génération du Havre, championne de France Espoirs 2007, il y avait bien plus fort que lui. Il n’était pas le plus gros potentiel, pas le plus talentueux, pas le plus athlétique, pas le plus regardé, pas le plus suivi… Mais il était bien le meilleur.

Bien des années après Saint-Thomas, Fabien Causeur peut quitter les parquets en légende du Real Madrid, rien que ça. Il était le joueur discret de septembre à avril, la rotation fiable, parfois inutilisé, mais toujours concerné. Puis, en mai, il se transformait. Un tout autre prédateur émergeait. Il était l’homme des finales d’EuroLeague. Demandez-donc à Kostas Sloukas…
L’homme des finales d’EuroLeague
2018 : l’Europe du basket a les yeux rivés sur un certain Luka Doncic, son roommate en déplacement. Mais c’est bien le Finistérien qui a été le meilleur joueur de la finale face au Fenerbahçe à Belgrade, avec 12 points dans le seul troisième quart-temps, et 17 au total (meilleur marqueur de son équipe), tout en étouffant Kostas Sloukas.
Rebelote en 2023. À Kaunas, Fabien Causeur avait été le facteur X de la finale contre l’Olympiakos (11 points à 4/6 et 2 rebonds), auteur de deux shoots salvateurs dans le quatrième quart-temps et de la dernière défense décisive sur Kostas Sloukas. « Les gens ne peuvent plus me dire que c’est de la chance », martelait-il alors.

On pourra aussi parler de cette image iconique de la finale de Liga Endesa 2022 où il avait terminé en larmes, un œil au beurre noir, après avoir crucifié le FC Barcelone, non sans avoir mimé une gorge tranchée sur le terrain.
🥹 Las LÁGRIMAS de @FCauseur1. ¡Qué MOMENTAZO!#PlayoffLigaEndesa pic.twitter.com/2znmRVfToU
— Liga Endesa (@ACBCOM) June 19, 2022
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : troisième étranger le plus capé de l’histoire du Real Madrid, 14 trophées en 486 matchs avec les Merengues, plutôt correct pour quelqu’un qui visait une carrière en LNB. Surtout que Fabien Causeur n’a pas écrit son histoire qu’au Real…
Le Real, oui, mais pas que…
Il est resté dans les mémoires à Cholet pour sa participation au seul titre national en 2010 et son trophée de MVP Français en 2012. Il est resté dans les mémoires à Vitoria, pour sa contribution au Final Four surprise en 2016. Il est resté dans les mémoires à Bamberg pour son doublé sur sa seule saison allemande. Il n’est pas vraiment resté dans les mémoires à Milan, mais c’est ainsi.

L’autre point noir s’appelle équipe de France. Parfois blessé, plus souvent peu enclin à venir, il n’affiche que 30 sélections, et deux compétitions internationales passées au bout du banc (Mondial 2010 et Jeux Olympiques 2012). Un bilan peu digne de son statut de plus grand Breton de l’histoire du basket. Mais pour le reste, quelle carrière ! Même si pour cela, il a fallu sacrifier la Pro B…

Son parcours :
- 2004/09 : STB Le Havre
- 2009/12 : Cholet Basket
- 2012/16 : Vitoria (Espagne)
- 2016/17 : Bamberg (Allemagne)
- 2017/24 : Real Madrid (Espagne)
- 2024/25 : Milan (Italie)

Son palmarès :
- Champion de France Espoirs 2007
- Champion de France 2010
- Coupe d’Allemagne 2017
- Champion d’Allemagne 2017
- Sextuple vainqueur de la Supercoupe d’Espagne (entre 2018 et 2023)
- Double vainqueur de la Coupe du Roi (2020 et 2024)
- Quadruple champion d’Espagne (2018, 2019, 2022, 2024)
- Double vainqueur de l’EuroLeague (2018 et 2023)
- Supercoupe d’Italie 2024

Ses distinctions :
- 30 sélections en équipe de France
- Double All-Star de Pro A (2009 et 2011)
- MVP Français de Pro A 2012
- MVP de la finale du championnat d’Allemagne 2017





























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