ITW Maxime Raynaud : « C’est la NBA, tu joues au basket pour gagner ta vie : la vie est belle »

Rayanud a appris le signe « Jul » à ses coéquipiers
C’est la difficulté d’interviewer un joueur NBA en déplacement. Pour son seul passage de la saison à Washington, Maxime Raynaud (2,16 m, 22 ans), rookie des Sacramento Kings, était dans le rush. Moins d’une heure après la fin du match contre les Wizards (défaite 116-112, mais avec 14 points et 6 rebonds de sa part), le Français devait déjà prendre l’avion pour retourner chez lui en Californie, au bout d’un long road-trip de 10 jours. À peine le temps d’échanger quelques mots avec Alexandre Sarr et Bilal Coulibaly sur le parquet, d’aller voir quelques proches français en tribunes, de prendre une douche express, et un bus l’attendait pour l’aéroport.
C’est au milieu de ce planning serré que l’ex-nanterrien nous a tout de même accordés quelques minutes de son temps, alors qu’il était en train de se changer dans les vestiaires visiteurs de la Capital One Arena. L’occasion justement de lui demander à quoi ressemble la routine d’un joueur NBA. Quelque chose qu’il vit de plein fouet. Depuis qu’il est dans la rotation des Kings à la mi-novembre, il n’a en effet pas raté… un seul match (42 d’affilée), avec 24 minutes de moyenne. Mais il ne s’en plaint pas, bien au contraire.

[interview enregistrée le 2 février]
Maxime, c’est votre 9e défaite d’affilée (14 depuis, ndlr), est-ce compliqué pour vous de trouver du rythme avec toutes ces blessures et ces joueurs échangés ?
Non, même pas. Je pense que c’est juste qu’on a eu pas mal de turnovers au début du match, et du coup ça ne nous a pas mis dans un bon rythme offensif. Mais après défensivement, je trouve qu’on a fait du bon boulot sur la deuxième partie. Maintenant il faut arriver à être au même niveau sur 48 minutes. Mais c’est vrai qu’avec tout ce qui est en train de se passer au niveau des blessures ou des trades, on a rappelé pas mal de gars qui jouent en G-League, donc ça rend les choses un peu plus compliquées. Mais c’est à nous de s’adapter.
Vous avez perdu 3 joueurs sur un transfert hier [le 31 janvier : De’Andre Hunter arrive, contre Dennis Schröder, Keon Ellis et Dario Saric, ndlr], comment ça se passe concrètement ? Vous êtes prévenus avant ? Comment on vous l’annonce ? Est-ce qu’ils doivent vraiment partir du jour au lendemain ?
Je n’aime pas dire qu’on a “perdu” des joueurs, on les a échangés. Mais déjà ça s’est passé pendant la nuit, on l’a juste vu sur les réseaux quand c’était annoncé. Il faut leur dire au revoir par message, parce que la plupart du temps ils vont devoir partir le lendemain matin, plus tôt que nous. Puis après au shootaround du matin, le coach l’a un peu mentionné mais c’est tout. Malheureusement c’est le business. C’est toujours dur quand tu vois ça pour la première fois en tant que rookie, surtout si tu as créé des liens avec ces gens. Mais ça fait partie du business. J’espère vraiment que ça va bien marcher pour eux là-bas. Et puis nous, on doit passer au prochain match.
Pour parler de toi, comment se passe ta première saison en NBA globalement ? En es-tu satisfait ?
Tu veux toujours faire plus, mais en tant que rookie, tu apprends un maximum. Tout ce que tu fais est une première fois, ce sont des premières expériences. Donc à ce niveau-là, je trouve que je me débrouille du mieux que je peux. Après chaque match est différent, par exemple aujourd’hui je fais une faute en fin de match qui n’avait pas lieu d’être, c’est un apprentissage. La vitesse de jeu, la physicalité, tout ça. J’essaye d’apprendre un maximum, et de devenir un peu meilleur chaque jour. Mais en tout cas moi je kiffe. C’est la NBA, tu joues au basket pour gagner ta vie, la vie est belle.
Tu dirais que tu as atteint le fameux “rookie wall” dernièrement ? Tu as joué plus de matchs en 3 mois que toute la saison dernière, ça a été compliqué ?
Évidemment, physiquement et mentalement c’est un challenge. C’est le plus de matchs que tu n’as jamais joué de ta vie. Mais après, c’est une saison qui est super longue, avec des hauts et des bas, des jours où tu vas prouver, des jours où tu vas te rater… Il faut avoir une mémoire courte, et être prêt à passer au prochain match.
Maxime Raynaud cette nuit 👑
21 POINTS
19 REBONDS
8-14 FG
5-6 FT pic.twitter.com/D7Sv0L5BgJ— NBA France (@NBAFRANCE) February 10, 2026
Tu as fait un énorme mois de décembre mais tu n’as pas été sélectionné au Rising Stars… Petite déception à ce niveau-là ?
Évidemment, j’aurais aimé être sélectionné… [le visage se ferme]
Ça te donné une motivation supplémentaire pour être invité l’année prochaine ?
Ouais.
Avec ce match, vous finissez un road-trip de 10 jours…
Ça a duré vraiment 10 jours ? Le ressenti c’est 30 jours [rires].
… Certains rookies disent qu’à force d’enchaîner les matchs et les voyages, des fois ils ne savent même plus dans quelle ville ils étaient… Tu as vécu ça ?
La ville non, mais le jour et l’hôtel oui. Au début de l’année on m’avait dit : “tu vas voir au bout d’un moment tu ne sauras plus si on est jeudi, vendredi ou samedi”. Je leur ai dit “mais non, il n’y a pas moyen…” Et au final au bout de deux semaines, t’es perdu. Au niveau des hôtels par exemple. Je sais pas, par exemple il y a un jour tu es au 17e étage. Le lendemain, tu arrives dans une autre ville, tu veux cliquer sur le bouton 17 dans l’ascenseur, et au final il n’y a pas de 17e étage. C’est sûr que tu passes par plein de choses différentes. Mais d’un autre côté, tu visites tous les États-Unis, et ça c’est cool.
Depuis qu'il est dans la rotation, Maxime Raynaud 🇫🇷 n'a pas raté UN match : 40 d'affilée !
"Physiquement et mentalement, c'est un challenge… Un jour t'es au 17e étage d'un hôtel, le lendemain t'arrives dans une nouvelle ville, tu veux cliquer sur le 17e bouton mais y'a pas" pic.twitter.com/Mmo8BL46Kt
— Tom Compayrot (@Tom_Cprt) February 8, 2026
Tu as eu le temps de visiter des villes un peu ? Quelles sont tes préférées ?
Oui, bien sûr. J’ai beaucoup aimé Chicago, j’aime beaucoup Boston et New-York. Après on a eu énormément de neige pendant ce road-trip sur la côte Est. Il faisait des températures de fou, on a été retardés à Détroit pendant 2 jours avant d’aller à New-York, parce qu’il y avait trop de neige. Ce sont des intempéries, moi je n’aime pas trop quoi [sourire]. Donc c’était un peu compliqué de sortir. Mais généralement j’aime bien me balader dans les villes de la côte Est, c’est sympa.
À quoi ressemble une journée-type pour toi ?
Ça va dépendre, en fonction de si on a match, ou si on a entraînement ou pas… Mais généralement tu te lèves, tu vas aux soins, tu manges. Après on a séance vidéo, ensuite tu vas shooter et t’entraîner, ce qui prend un peu de temps. Ensuite tu rentres chez toi ou à l’hôtel, tu manges encore, puis tu fais une sieste, tu bâilles un petit peu et ensuite tu vas au match. Tout s’enchaîne un peu rapidement, ce sont des journées un peu répétitives. Mais c’est cool parce qu’au moins tu as une routine et tu peux t’y tenir.
Tu fais attention à ton sommeil ?
Tu essayes forcément. Et puis en plus de ça, il faut prendre en compte le décalage horaire. Quand je vais rentrer sur la côte Ouest, je pense que naturellement à 20h je vais être K.O., je vais tomber dans les bras de Morphée [sourire].
Depuis Washington,
« Max joue bien en ce moment. Il apporte la bonne mentalité sur le parquet. Bien sûr il continue à apprendre, mais c’est pareil pour tous les jeunes de l’équipe. C’est inestimable, tu joues en NBA, parfois tu finis les matchs… Ce soir, Max était aux lancers-francs dans le money-time, ce n’est pas arrivé souvent cette saison si je me souviens bien. Il en a mis un et raté un, mais on veut le voir dans ces moments chauds, pour comprendre ce que ça fait. S’il réussit tant mieux, s’il échoue il apprendra. J’espère que ce seront des choses dont il se souviendra et qu’il emportera cet été, parce qu’elles peuvent allumer la flamme chez un joueur…
Les joueurs comme lui qui ont fait 4 ou 5 ans d’université peuvent être davantage prêts à contribuer en NBA, parce qu’ils ont été coachés plus longtemps. Max est très mature dans son approche du basket. En tant que coach, j’apprécie cela. »
Les mots du coach Doug Christie
























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