« J’ai eu peur que ma carrière s’arrête » : Killian Tillie évoque sa renaissance dans le podcast Mauvaise Lang

Killian Tillie revit après plusieurs mois de calvaire et de blessure.
Invité du podcast Mauvaise Lang de Nicolas Lang (1,96 m, 35 ans), l’intérieur international français Killian Tillie (2,08 m, 28 ans) s’est confié avec une sincérité rare sur sa carrière, aux allures de montagnes russes. Membre d’une véritable dynastie de champions, le cadet de la fratrie Tillie a dû tracer son propre chemin, loin des filets de volley-ball qui ont fait la gloire de son père Laurent et de son frère Kevin ; tandis que son frère Kim a refermé le chapitre de sa carrière de basketteur il y a quelques mois.
L’insouciance des débuts, avant le choix du basket
Baigné dans le sport de haut niveau dès l’enfance, Killian Tillie a longtemps jonglé entre deux ballons. S’il avoue avoir été initialement meilleur au volley, c’est la passion et l’exemple de son frère Kim qui l’ont poussé vers la balle orange. Sa précocité est alors fulgurante : il est sacré MVP du championnat d’Europe U16. Et ce alors qu’il ne « prenait pas encore le basket au sérieux », avoue-t-il au micro de Nicolas Lang.
Visiblement doué, Killian Tillie n’a pas souffert du pedigree familial en matière d’excellence, lorsque c’étaot à lui de tracer sa route. « Mes parents connaissent le haut niveau, ils ne mettaient pas la pression et ils nous laissaient faire ce qu’on voulait », explique-t-il, reconnaissant que cette éducation lui a évité de faire partie de ces jeunes aux carrières « détruites » par des parents trop exigeants.
« Mon coach avait tué mon shoot ! »
Après un passage formateur mais « physiquement éprouvant » à l’INSEP, Tillie s’était envolé pour le prestigieux programme de Gonzaga, suivant les traces de ses frères passés par le cursus universitaire américain. Dans l’État de Washington, il découvre une ferveur incroyable et participe à l’épopée du Final Four 2017 devant 77 000 personnes.
C’est là-bas qu’il accepte de déconstruire son jeu, notamment son tir, sous l’impulsion du coach des Zags. « J’ai insulté le coach tout l’été parce qu’il avait tué mon shoot, mais maintenant j’en suis très reconnaissant », rigole-t-il aujourd’hui, lui qui est devenu une menace redoutable derrière l’arc avec 38% de moyenne cette saison en Liga.
« Au fond du trou » face au calvaire des blessures
Malgré un talent évident qui l’emmène jusqu’à la NBA chez les Memphis Grizzlies, son corps a fini par le trahir. Une chute sur sol mouillé dégénère en un problème de dos nécessitant une opération qui tourne mal. Le chirurgien touche un nerf, et Killian perd les sensations dans sa jambe.
S’ensuivent deux années de tunnel noir, sans jouer. « J’ai eu peur que ma carrière s’arrête parce que je n’arrivais pas à jouer, les équipes ne voulaient pas de moi », confie l’intérieur. Durant cette période, c’est le soutien de ses proches et son mariage qui lui permettent de garder la tête hors de l’eau alors qu’il se sent « au fond du trou ».
La renaissance à Malaga, avant l’appel de la sélection
La lumière est revenue en Summer League, avant un retour, plein d’ambitions, en Europe du côté de l’Unicaja Málaga, en 2024. Sous le soleil andalou, Tillie a retrouvé le plaisir du jeu et de la victoire, remportant notamment la Coupe Intercontinentale face à des équipes de G-League, qu’il a pris plaisir à « remettre à leur place ». La fin de 29 mois de calvaire sans jouer.
Ce renouveau lui a ouvert les portes de l’Équipe de France, une fierté immense pour celui qui était le dernier de la famille à ne pas avoir porté le maillot bleu chez les A. Après tant d’épreuves, il savoure chaque instant : « Maintenant, dès que je suis sur un terrain à jouer au basket, je suis content ». Le plus important finalement, pour celui qui doutait dans l’ombre des salles de soins. « Les bonnes choses vont arriver », adresse-t-il, sage, au Killian du passé.

























Commentaires