« Je n’ai jamais vu ça ! » : Chalon – Bourg tout proche du record historique de fautes en LNB, Frédéric Fauthoux interpelle la ligue
Disputé en 2h28 samedi soir, le derby entre Chalon-sur-Saône et Bourg-en-Bresse a été émaillé de 67 fautes, dont 38 pour l'Élan. Le quatrième plus haut total de l'histoire de la LNB, le deuxième si l'on enlève les matchs finis en prolongation ! Une rencontre qui n'a pas du tout plu à l'entraîneur bressan Frédéric Fauthoux, qui a interpellé la LNB en conférence de presse.
Frédéric Fauthoux et la JL Bourg ont raté une belle occasion de conforter leur Top 4
Crédit photo : Cécile Thomas
Vous vous souvenez du fantastique duel entre Antoine Rigaudeau et Olivier Bourgain en janvier 1993 ? 47 points pour le Choletais, 35 pour le Gravelinois, avec la victoire au bout (114-104). Légendaire. Et historique à plus d’un titre : 100 lancers-francs en cumulé tirés sur la soirée, et surtout 71 fautes. Le record absolu dans l’histoire de la LNB.
Samedi soir, le derby entre Chalon-sur-Saône et Bourg-en-Bresse (100-84) s’en est approché très sérieusement : 67 fautes en tout, dont 38 pour l’Élan (qui a récolté, en sus, une technique banc non décomptée dans le total final). À une seule différence : le Gravelines – Cholet s’était terminé en double prolongation.
Les 67 fautes du Colisée ont flirté avec le record sur 40 minutes, toujours la propriété d’un ASVEL – Monaco à huis-clos en mars 2020 qui avait marqué le dernier match de la saison avant de basculer dans le monde du confinement : 68 fautes.
Donc quand Frédéric Fauthoux clamait en conférence de presse qu’il n’avait « jamais vu ça », l’entraîneur burgien n’exagérait pas vraiment. Derrière une double puis une triple prolongation, ce Chalon – Bourg disputé en 2h28 a été le quatrième match le plus haché de l’histoire de la Ligue Nationale de Basket.
Les matchs avec le plus de fautes en LNB :
Gravelines – Cholet, en 1992-93 : 71 fautes (double prolongation)
Limoges – Gravelines, en 2024/25 : 69 fautes (triple prolongation)
ASVEL – Monaco, en 2019/20 : 68 fautes
Mulhouse – Gravelines, en 1991/92 (prolongation), et Chalon – Bourg, en 2025/26 : 67 fautes
Monaco – Chalon, en 2025/26 : 65 fautes
Une soirée interminable, qui s’inscrit dans un contexte global de hausse du nombre total de fautes à chaque match. À la fois un vrai frein pour intéresser le grand public et un facteur d’exaspération pour les spécialistes.
Ainsi, depuis la création de la LNB, en 1987, ce sont les deux dernières saisons qui dominent le classement historique : 45,26 fautes cette année, 43,54 l’an dernier. En comparaison, il n’y avait « que » 37,4 fautes par match en 1999/00. Ce qui démontre soit un basket plus physique que jamais, soit un basket plus sanctionné que jamais.
L'évolution des fautes en France sur les 5 dernières saisons: +9,9% de fautes par match +6,7% de fautes par 100 possessions +20,2% de FTRate
Les deux coachs ont réagi à ce sujet en conférence de presse.
Frédéric Fauthoux : « Si c’est autorisé, comment dois-je faire jouer mon équipe ? »
Frédéric, 2h28 de match, 67 fautes, 83 lancers-francs… Mais la défaite au bout. Ça a été une très longue soirée pour tout le monde…
(il souffle) Déjà, si on avait marqué tous nos lancers-francs (33/50), on aurait gagné d’un point. Est-ce qu’on peut siffler plus de fautes que cela ? Je ne sais pas. Ce qui s’est passé ce soir (samedi), je n’ai jamais vu ça dans ma carrière. Je suis content de ne pas avoir eu de blessés car ça devenait fou à un moment donné. C’était l’une de mes craintes avant ce match-là. Au-delà de ça, et j’en parle très sereinement, c’est un vrai questionnement dans notre ligue de basket : qu’est-ce que l’on peut autoriser pour jouer au basket ? Donc bravo à Chalon car ils ont joué avec leurs forces. Maintenant, on aurait dû être plus costauds que ça.
D’un point de vue basket, on a vu une JL Bourg assez poussive collectivement, loin de ses standards des derniers matchs en tout cas…
Je ne sais pas quoi répondre à cette question-là car je ne veux pas être mauvais joueur… Disons qu’on aurait dû mieux jouer au basket dans ces conditions un peu difficiles, effectivement.
En termes d’ambiance et de contexte, cela ressemblait à une préparation idéale pour la finale à Besiktas ?
Sincèrement c’est très compliqué d’avoir une analyse lucide ce soir. Il faudrait revoir le match, complètement. Je le redis, les arbitres ne pouvaient pas siffler plus de fautes. Ou alors il aurait fallu tout prendre en première mi-temps, et ça aurait peut être fait autre chose. J’ai vu Boulazac – Chalon la semaine dernière, c’était un peu similaire. Donc on s’attendait bien sûr à ce jeu très physique, avec des contacts, où ça accroche… Donc oui, on n’est pas habitué à cela, surtout en Coupe d’Europe. C’est un vrai questionnement pour moi aujourd’hui : si ça reste autorisé (de jouer comme ça), comment dois-je faire jouer mon équipe ?
Zac Cuthbertson exclu sur une faute technique à la 23e (!), Kevin Kokila renvoyé aux vestiaires pour une antisportive puis une technique à la 37e : symbole d’un Chalon – Bourg très engagé (photo : Cécile Thomas)
Elric Delord : « Très difficile à arbitrer »
« Oui, c’est frustrant que ce soit aussi long. Mais de l’autre côté, c’est très difficile à arbitrer. On avait une intensité playoffs, Bourg a perdu ses nerfs. Les arbitres doivent être capables de tenir ça et c’est compliqué. Le contexte du match a fait que c’était bien que ça siffle un peu trop plutôt que pas assez. »
Malgré les 50 lancers-francs accordés à la JL Bourg, Elric Delord était assez compréhensif avec les arbitres (photo : Cécile Thomas)
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.
Un coach exempté de toute faute technique, des joueurs qui vont régulièrement voir la commission de discipline, mais jamais de remise en question pour King Fauthoux et la jl
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valp30
Ça démontre aussi que le jeu va plus vite (oui je sais on dirait pas vu la longueur des matchs lol) avec plus de possessions et donc plus de fautes. Faudra aussi se poser la question de la limitation de la vidéo. Autant sur un contre dans une fin de match serrée c’est fondamental de savoir si le ballon descendait ou pas c’est fondamental autant savoir pour qui est la touche quand on est au milieu du premier ou deuxième quart temps ça ne sert strictement à rien.
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