Latrell Sprewell fête ses 56 ans : le basketteur derrière « l’étrangleur »

Alors qu’il souffle ses 56 bougies, retour sur la carrière NBA de Latrell Sprewell, dont les exploits ont souvent été éclipsés par les polémiques.
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À partir de 5€Essai gratuitIl suffit souvent d’un mot pour résumer Latrell Sprewell : l’étrangleur. Le 1er décembre 1997, le joueur des Golden State Warriors s’en prend physiquement à son entraîneur P.J. Carlesimo pendant un entraînement, un épisode devenu l’une des affaires disciplinaires les plus célèbres de l’histoire de la NBA. Mais réduire celui qui fête ses 56 ans ce 8 septembre à cette scène reviendrait à oublier l’essentiel de son parcours : Sprewell a été l’un des meilleurs arrières de la ligue dans les années 1990, avant de devenir une pièce majeure de deux longues campagnes de playoffs à New York puis Minnesota.
HBD LATRELL SPREWELL
The 4x All-Star is one of the most exciting & talented shooting guards of the 90s88: Zero College offers
92: 24th pick in NBA draft
93: All-Rookie 2nd Team
94: All-NBA 1st Team, All-Star, All-Defense 2nd Team pic.twitter.com/LekR6nA5oT— Ballislife.com (@Ballislife) September 8, 2026
Lorsque Golden State choisit Latrell Sprewell en 24e position de la Draft 1992, après un crochet en Junior College suivi de deux saisons à Alabama, rien ne garantit qu’il deviendra rapidement une référence à son poste. D’autant plus qu’il doit faire face aux critiques de la presse locale et des fans, qui attendaient de voir un big man débouler dans la baie de San Francisco pour donner du fil à retordre aux Hakeem Olajuwon et autres David Robinson au sein de la conférence Ouest. Il ne lui faudra pourtant que deux ans pour s’installer parmi l’élite et faire l’unanimité.
Happy 56th birthday Latrell Sprewell 🎂 pic.twitter.com/VpH3MdK3BW
— New York Basketball (@NBA_NewYork) September 8, 2026
En 1993-1994 pour sa saison sophomore, Latrell Sprewell explose ! L’arrière compile 21,0 points, 4,9 rebonds, 4,7 passes décisives et 2,2 interceptions par rencontre tout en disputant les 82 matches de saison régulière de la franchise. Véritable pile électrique, le marsupilami passe en outre plus de 43 minutes sur les parquets chaque soir, plus que tout autre joueur de l’Association. Grâce à son abattage des deux côtés du terrain, Sprewell intègre à la fois la All-NBA First Team et la All-Defensive Second Team.
À seulement 23 ans, il figure notamment aux côtés de John Stockton, Scottie Pippen et Karl Malone dans le meilleur cinq de la saison. Et fête la première de ses quatre sélections au All-Star Game. La machine est lancée.
(1997) Latrell Sprewell putting on a dunk-fest at the all-star game.
Happy birthday Spree! pic.twitter.com/1i7Tz42Vjy
— Timeless Sports (@timelesssports_) September 8, 2017
Son jeu repose alors sur une activité permanente. Rapide en transition, capable d’attaquer le cercle et de créer pour ses partenaires, Sprewell possède également les qualités physiques pour défendre les meilleurs extérieurs adverses. Son rendement offensif atteint son sommet lors de l’exercice 1996-1997, conclu à 24,2 points, 6,3 passes et 4,6 rebonds de moyenne.
Mais quelques mois plus tard, tout bascule. Le 1er décembre 1997, après une remarque de P.J. Carlesimo à l’entraînement, Sprewell saisit son entraîneur à la gorge avant que les deux hommes ne soient séparés. Mais le natif du Wisconsin n’a pas dit son dernier mot et revient à la charge pour en découdre une seconde fois avec son coach. Une double confrontation qui stupéfait les membres des Warriors présents ce jour-là et laisse des marques de strangulation sur le cou de sa victime. Impliqué dans le passé dans des altercations avec ses coéquipiers Jerome Kersey ou Byron Houston, Latrell Sprewell commet cette fois l’irréparable.
Si Golden State tente d’abord d’étouffer l’affaire, les Dubs finissent par mettre fin à son contrat de 32 millions de dollars sous la pression de l’opinion publique, scandalisée par l’affaire. La NBA ne tarde pas non plus à réagir et lui inflige une suspension d’un an, alors la plus lourde sanction jamais infligée par la grande ligue pour ce type d’accrochage. Le commissioner David Stern justifie sa décision en affirmant qu’une ligue sportive ne peut accepter « un comportement qui ne serait toléré dans aucun autre secteur de la société ».
Un arbitrage rétablira finalement le contrat de Sprewell et ramènera la sanction à 68 rencontres, estimant notamment que l’agression initiale n’avait pas été préméditée. Résultat des courses, l’enfant de Milwaukee perd 6,4 millions de dollars de salaire et voit l’aventure se terminer à Golden State avec un casier déjà bien rempli.
Les Knicks, le mariage parfait
Son retour intervient sous le maillot des Knicks en janvier 1999, après près de quatorze mois sans match NBA. Pour sa première au Madison Square Garden, il inscrit 27 points à 11/14 au tir en seulement 30 minutes contre Orlando. Jeff Van Gundy expliquait alors avoir reçu les mêmes renseignements de tous ceux qui connaissaient son nouveau joueur : « Il est altruiste sur le terrain et travaille très dur. »
On this day in 2000… Latrell Sprewell knocked down this incredible H.O.R.S.E. shot from sitting on the floor to beat the buzzer! #NBAVault #NBA75 pic.twitter.com/HKmxWLvKzq
— NBA History (@NBAHistory) November 16, 2021
Dans la roue de leur nouveau puncheur, es Knicks vont jusqu’en Finales NBA après avoir débuté les playoffs avec le huitième bilan de la Conférence Est, une première dans l’histoire de la ligue. Utilisé d’abord comme sixième homme avant d’intégrer le cinq, Sprewell devient leur meilleur marqueur de la postseason avec 20,4 points par match. Aucun joueur ne marque davantage de points que lui sur l’ensemble de ces playoffs 1999 : 407.
Carmelo Anthony and Latrell Sprewell pic.twitter.com/Pivawv15Ks
— New York Basketball (@NBA_NewYork) October 27, 2023
San Antonio remporte les Finales en cinq manches sur les ailes de ses twin towers David Robinson et Tim Duncan et alors que Patrick Ewing, blessé, assiste à la défaite de NY depuis les tribunes. Sans leur icône, les Knicks sont trop diminués face aux Texans. Refusant de déposer les armes, Sprewell termine la série avec 35 points et 10 rebonds lors du Game 5 (77-87) et provoque les louanges du coach adverse, un certain Gregg Popovich : « Spree a été fantastique. » Dans le même temps, Sprewell, lui, ne cache pas sa déception dans une formule qui résume son esprit de compétition : « Je préférerais avoir marqué deux points et avoir gagné. »
Un dernier run avec Kevin Garnett
Après quatre saisons complètes supplémentaires à New York, Sprewell rejoint Minnesota durant l’été 2003. Associé à Kevin Garnett et Sam Cassell, il participe à la meilleure saison de l’histoire des Timberwolves : 58 victoires et la première place de la Conférence Ouest.
Kevin Garnett, Sam Cassell & Latrell Sprewell (2003) pic.twitter.com/PKlFUkGJOL
— Vintage Hoops (@VintageHoops) April 10, 2026
Son impact augmente encore en playoffs. Il inscrit 34 puis 27 points lors des Games 5 et 6 contre Sacramento et tourne à 20,8 points, 5 passes et 4 rebonds de moyenne face aux Lakers en finale de conférence. Avec une fois de plus un véritable récital dans l’ultime manche de la série. Ses 27 points, 4 rebonds et 5 assists à 11 sur 11 aux lancers (mais 8 sur 22 au shoot aussi…) manquent d’offrir un match 7 aux coéquipiers de Sam Cassell.
Minnesota s’incline finalement 4-2, et cette campagne marque la deuxième et dernière apparition de Sprewell en finale de conférence. Sa dernière participation aux playoffs, aussi.
« J’ai une famille à nourrir »
Sa dernière saison NBA, en 2004-2005, ouvre un nouveau chapitre polémique. Alors qu’il touche 14,6 millions de dollars et négocie une prolongation avec Minnesota, Sprewell explique son mécontentement par une phrase restée célèbre : « J’ai une famille à nourrir. »
Les chiffres publiés à l’époque sur l’offre des Wolves varient selon les sources, mais ESPN rapportera par la suite que Sprewell avait refusé une prolongation de trois ans à 21 millions de dollars. Cette nouvelle frasque lui ferme les dernières portes encore ouvertes au sein de l’Association et le slasher devient free agent à l’été 2005. Il ne retrouvera jamais la grande ligue.
1994, quand la ville des lumières accueillait les @Hornets et les @Warriors ! 🏀🇫🇷
Latrell Sprewell, Tim Hardaway, Chris Gatling, Keith Jennings… #NBAParis Game! Afin de ne rater aucunes informations, inscrivez-vous ici: https://t.co/ySJXcW1g8K pic.twitter.com/Q7zGEKOHf1
— NBA France (@NBAFRANCE) March 29, 2019
D’autres épisodes auront alimenté sa réputation tout au long de sa carrière, de ses arrivées tardives au camp d’entraînement des Knicks en 1999 à sa fracture de la main dans des circonstances douteuses (une bagarre sur un yacht) avant la saison 2002-2003, sans même parler de ses accrochages avec le public, dont certains lui ayant coûté des suspensions de la part de la NBA.
Ces frasques ont largement façonné le souvenir laissé par Latrell Sprewell. Ses chiffres racontent pourtant une autre partie de l’histoire : 913 matches NBA, 18,3 points, 4,1 rebonds et 4 passes de moyenne, quatre sélections au All-Star Game et 19,7 points par rencontre en playoffs. À son meilleur niveau, Latrell Sprewell n’était pas simplement un joueur spectaculaire ou sulfureux. Il appartenait réellement au gratin de la NBA, dont il aura brièvement incarné le futur au milieu des années 90.



























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