Le Portel doit trouver 600 000 euros avant la fin de saison pour éviter le naufrage

Le président démissionnaire du Portel Yann Rivoal et François Coppin, membres du comité directeur.
Lors d’une réunion publique avec environ 250 supporters, le président de l’ESSM Le Portel, Yann Rivoal, a révélé que le club devait trouver 600 000 euros d’ici au 30 juin pour boucler la saison en Betclic Élite. Ce « trou » s’inscrit dans un budget déjà parmi les plus faibles du championnat (environ 3,7 millions d’euros), ce qui rend la situation financière particulièrement critique.

Ce déficit est la conséquence notamment d’entrées de recettes en dessous des prévisions, tandis que la LNB exige des budgets équilibrés et ne fera pas de concessions.
Baisse des recettes et manque de soutien financier
Les dirigeants ont mis en avant la chute des recettes plutôt qu’un emballement des dépenses. La fréquentation du Chaudron serait passée à environ 80% de sa capacité, soit une perte estimée à 200 000 euros, tandis que les droits TV sont quasiment à zéro depuis la crise sanitaire.
« Si chacun décide de ne plus venir, on n’y arrivera jamais a déploré Yann Rivoal dans La Voix du Nord. On a besoin des fans et des VIP. »
Ils ont également évoqué la non‑indexation de la luxury tax par Monaco, la perte de revenus des compétitions européennes (environ 250 000 euros) en raison de promesses non tenues par certaines collectivités, et la disparition brutale du premier partenaire Jacques Wattez, qui apportait 150 000 euros par an. Dans ce contexte, le club reste fortement dépendant du mécénat et des recettes de billetterie, un modèle fragile dans une région économiquement défavorisée.
Banques réticentes, collectivités déjà mises à contribution
Les banques refusent d’accorder un prêt de 600 000 euros, même avec des garanties municipales et des actionnaires engagés, ce qu’a confirmé Yann Rivoal sur scène. Le maire du Portel, Olivier Barbarin, a rappelé que les collectivités (CAB, Département, Région) avaient déjà versé 900 000 euros d’aides exceptionnelles il y a trois ans, puis ont accéléré le versement de la subvention classique pour soulager la trésorerie.
Ces réponses publiques témoignent d’un club qui joue « cartes sur table » devant ses supporters, conscients que la situation est « tendue » et que le bilan prévisionnel n’est pas encore finalisé. La marge de manœuvre reste donc très étroite, avec un risque de non‑maintien en Élite si le déficit n’est pas comblé.
Crise de gouvernance : démission de Yann Rivoal et recherche d’un successeur
Dans ce climat de crise, Yann Rivoal a annoncé avoir démissionné de la présidence en janvier, tout en restant membres du comité directeur. Âgé de 61 ans, il évoque un épuisement personnel et de profondes dissensions entre les 25 actionnaires, qui compliquent la gouvernance du club.
« Je ne quitte pas l’ESSM, je reste dans le comité directeur, mais j’ai 61 ans, je suis usé. »
Les dirigeants envisagent de réunir une nouvelle gouvernance et espèrent trouver un successeur, potentiellement un investisseur ou un mécène local, capable de relancer les partenariats et de stabiliser les finances.
Relégation quasi actée et appel à l’union sacrée
Sportivement, en ce début de mois de mars, le club est déjà (quasiment) condamné à la relégation en ELITE 2. Cette perspective renforce la nécessité d’un « plan de survie » incluant baisse des coûts, recrutement plus ciblé et recherche de nouveaux sponsors.
Face à cette tempête, la direction appelle à l’union sacrée entre supporters, collectivités et partenaires pour éviter le naufrage et assurer la pérennité d’un club qui incarne l’identité sportive de la Côte d’Opale.



















Commentaires